‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 3 sur 308 · L'adoration de la croix, qui se fait le vendredi saint · texte numérisé non relu

L'adoration de la croix, qui se fait le vendredi saint

Lettre 290. — L. a. s. Collection H. de Rothschild. Publiée dans la Revue Bossuet du 25 avril igo4-

Cette lettre, dont le destinataire est inconnu, fut sans doute adressée à quelque ami de l'évêque de Saint-Pons, qui s'était entremis dans l'affaire dont il y est question.

1. Pierre Jean François Percin de Montgaillard (i633-i7i3) était évêque de Saint-Pons depuis 1670. Il fut intimement lié avec plusieurs jansénistes et en particulier avec Pavillon, évêque d'Alet ; il prit la

juin 168/i] DE BOSSUET. 5

j'ai reçu, dans le cours de ma visite2, la lettre qu'il m'a fait l'honneur de m'écrire. Je ne puis agir pour le privilège3 qu'il demande qu'étant de retour à Paris. Je fais état4 d'y faire un tour un peu après que la Gour sera à Versailles5. Le plus tôt qu'il me sera possible, je rendrai à Mgr de Saint-Pons le compte que je lui ai promis. En attendant, j'aurai l'honneur

défense du Rituel de ce prélat, ouvrage condamnée Rome en 1668. Plus tard, il engagea avec Fénelon, son parent, une controverse au sujet de la paix de Clément IX.

2. Cette année, Bossuet, accompagné de Fénelon et de Fleury, avait fait sa visite à Coulommiers et dans les environs ; après la mission donnée dans cette ville et terminée le ai mai, jour de la Pentecôte, il avait dû rentrer à Meaux.

3. Sans doute le privilège général, qui fut accordé le ig août 1686 à M. de Saint-Pons pour tous les livres faits ou approuvés par lui pour l'usage et l'instruction de son diocèse. En vertu de ce privilège, M. de Saint-Pons publia une Instruction contre le schisme des prétendus réformés avec une lettre pastorale adressée aux protestants de son diocèse en i683, Toulouse, 1686, in-8; et une Instruction sur le sacrifice de la messe, Paris, 1687, in-12. Dans le même temps, M. de Montgaillard, à propos des changements apportés par lui en 1681 au Directoire des offices divins de son diocèse, avait à se défendre en cour de Rome et au Parlement de Toulouse. A cette occasion, il publia, sans privilège, un Traité du droit et du pouvoir des évêques de régler les offices divins dans leurs diocèses. S. 1. n. d. (1686), in-8. Peut-être avait-il aussi consulté Bossuet sur cette affaire.

t\. Faire état de, être d'avis, se proposer de. « Faisant état que nous nous entraimions unanimement les uns pour l'amour des autres ■» (Montaigne, lettre à son père sur La Boétie). « Il faisait état de partir lundi » (Sully, OEconomies royales, ch. xvnr). « Destin se coucha de bonne heure pour ne pas faire attendre Verville, qui faisait état de partir de grand matin » (Scarron, Roman comique, II, 12). Cette locution, en ce sens, a été blâmée par Henri Estienne (de la Conformité du langage français avec le grec. Préface). Généralement faire état signifie faire cas, tenir compte.

5. Le Roi et le Dauphin étaient alors en Flandre, d'où ils revinrent aussitôt après la prise de Luxembourg. Louis XIV rentra â Versailles le 9 juin.

6 CORRESPONDANCE [août 1684

de lui faire la réponse, que je ne diffère que pour la faire avec plus de loisir.

Je suis, Monsieur, votre très humble et affectionné serviteur.

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