Le cardinal d'Estrées
80 CORRESPONDANCE [avril i685
Si l'on faisait difficulté d'accorder à cet ecclésiastique la permission de retenir les bénéfices qu il a, vous pouvez assurer qu'il n'en a que deux avec sa prébende, qui ne sont que du revenu de cent soixante-dix livres chacun ; qu'il n'y a point d'incompatibilité de ces bénéfices entre eux, ni avec la prébende, et que la prébende ne vaut pas plus de neuf cents livres de revenu : de sorte que les trois ensemble ne valent pas plus qu'il ne faut pour la subsistance d'un ecclésiastique qui est en place, où la bienséance veut qu'il vive honnêtement.
Après vous avoir parlé de cette affaire, il faut maintenant vous dire un mot du projet que vous m'avez envoyé, en dix assertions, d'une défense de la Déclaration du clergé3. L'exécution de ce projet ne peut être qu'avantageuse à l'Eglise ; et, si vous croyez que le tour que vous y donnez à cette matière puisse apaiser la Cour de Rome, je n'y vois en France aucune difficulté. Je vous prie de me mander en quel état est cet ouvrage.
Ce que vous m'écriviez aussi des lettres du cardinal Ubaldini4 est très considérable. Il faudrait tâcher d'avoir des copies de ces lettres, qui fussent