Dan., ix
4- Comment le spectacle de cette désolation a-t-il pu laisser croire que les protestants s'étaient décidés à changer de religion et n'attendaient pour le faire que l'ordre du Roi?
5. Le ministre était, depuis l'année 1676, François Le Sueur, qui auparavant avait exercé à Lizy. Parmi les anciens était Jacques de Vrillac, et sans doute aussi le médecin Maximilien Demonceaux, Pierre de Vrillac, dont il sera parlé ailleurs, etc.
6. C'est-à-dire dans l'évangile qui se lit le dimanche du bon Pasteur, deuxième après Pâques, qui cette année-là était le 6 mai.
88 CORRESPONDANCE [mai i685
ses brebis ; que Sa Majesté n'avait rien ménagé pour leur donner des marques de sa bonté, qu'elle avait combattu en personne pour leur acquérir cette paix si glorieuse dont ils jouissaient si tranquillement, qu'ils étaient de ces brebis qui n'étaient pas encore dans la bergerie, qu'il venait les chercher, afin que, comme il n'y avait qu'un pasteur, il n'v eût aussi qu'un seul troupeau ; que s'ils étaient ses véritables brebis, ils connaîtraient bien sa voix1 et se soumettraient enfin à des ordres qui devaient leur procurer un bonheur sans fin. Comme il ne m'appartient pas de continuer sur ces matières, je finirai ma lettre en vous réitérant les protestations que j'ai faites d'être pour toujours avec un très profond respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur8.
[Nicolas Paten.] A Meaux, ce 8 mai i685.
7. Paroles tirées de l'évangile du bon Pasteur (Joan., x, il).
8. Bien que le temple fût fermé, néanmoins le culte protestant n'était pas encore interdit à La Ferté-sous-Jouarre. Voici, en effet, ce qu'écrivait Seignelay, le 16 mai i685, à M. de Menars: « J'ai reçu le procès-verbal de la fermeture du temple de La Ferté-sous-Jouarre. Le Roi veut bien accorder un arrêt pour donner à l'Hôtel-Dieu la rente de cinquante livres léguée pour l'entretien du ministre; mais il faudra attendre que l'exercice y soit interdit. » Le secrétaire d'Etat écrivait le même jour à Nicolas Payen : « Le Roi veut bien permettre au ministre de La Ferté-sous-Jouarre de baptiser les enfants et marier ceux dont les annonces ont été publiées; mais il faut que ce soit dans la maison du juge, et non dans la sienne » (O'ag, fdS 2^1 et 2^2). Nous ignorons ce qui avait été décidé au sujet du temple de Lizv. Seignelay écrivait, le 3o mai i685, au lieutenant civil Le Camus : « Pour réponse à ce que vous m'avez écrit concernant la requête du ministre de Lizy, je dois vous dire que le Roi a résolu un arrêt qui réglera la manière dont les baptêmes pourront être faits dans les lieux où l'exercice de la R. P. R. a été interdit ou sursis. Je ne manquerai pas de vous en envoyer copie aussitôt qu'il sera expédié » (O'ag, f° 260 v°). Le ministre de Lizy-sur-Ourcq, après Fr. Le Sueur, était Claude Groteste de La Mothe, frère de Marin Groteste des Mahis, qui s'était converti et devint chanoine d'Orléans. Des Mahis s'efforça vainement de gagner son frère, qui, après la révocation de l'édit de Nantes, se retira à Londres avec sa femme Marie Bertbe, fille d'un banquier de Paris. 1\ s'y fit naturaliser en 1688, fut ministre
mai i685J DE BOSSUET. 89