Libertins, libres penseurs
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mières pures, puisées dans l'oraison et dans la méditation de la sainte Ecriture, une parfaite connaissance de la religion, un grand respect pour ses saintes vérités, beaucoup de zèle et de charité, un fond inépuisable d'érudition jointe à une humilité très profonde. Mais, comme je suis persuadé que tout cela m'a manqué dans la composition de cet ouvrage, j'ai sujet de craindre que le mélange de quelque chose d'humain de ma part n'ait affaibli les grandes vérités que je propose et ne détourne l'impression qu'elles doivent faire sur les esprits et sur les cœurs. Je ne connais personne plus capable de m'apprendre ce qui en est que vous, Monseigneur ; ainsi, sans me contenter du jugement des autres et moins encore du mien propre, je demande très humblement celui de V. G. sur l'ouvrage que je prends la liberté de lui présenter.
Il a déjà passé par les mains de plusieurs habiles gens ; mais c'est des vôtres, Monseigneur, qu'il attend toute la perfection qu'il peut recevoir, et, s'il est assez heureux pour mériter que vous donniez quelques moments à le revoir, alors étant en quelque sorte devenu par là l'ouvrage de V. G., il ne sera peut-être pas indigne de lui être offert, et donné au public sous sa protection.
On croit le soumettre au jugement de toute l'Eglise, en l'exposant à la censure de l'Église gallicane, qui en est une des plus nobles portions, et lorsqu'on sera informé devossentiments touchant ce traité, l'on se tiendra fort assuré de ceux de toute cette auguste et savante Eglise, dont vous êtes un des principaux ornements, par la délicatesse et la vivacité de votre esprit, par les charmes et par la force toute chrétienne de votre éloquence, par l'étendue et par la solidité de votre doctrine. Tant d'excellentes qualités qui vous ont fait choisir par Louis le Grand pour le dépositaire de son plus précieux trésor, et, s'il m'est permis de parler ainsi, pour le second père d'un fils digne de lui; mais, par-dessus tout cela, cette singulière modestie qui vous a fait admirer à la Cour, cette sollicitude pastorale qui vous attache à votre diocèse, cette application continuelle à soutenir les intérêts de l'Eglise, à dé-
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fendre les vérités de sa foi, à rétablir la sainteté de sa morale et de sa discipline : toutes ces vertus, et plusieurs autres qu'il serait trop long de nommer même, sont la véritable cause du profond respect avec lequel je suis, Monseigneur, de Votre Grandeur, le très humble et très obéissant serviteur.
Fr. Denys de Sainte-Marthe.