A Mme de Beringhen
A Gcrmigny, 3o mai i685.
Votre lettre d'hier, Madame, m'avait donné un peu de repos sur le sujet de Madame votre tante 1 ; mais j'apprends aujourd'hui que les choses ne vont pas mieux, et qu'elle a reçu le saint Viatique '. J'ai cru qu'il était nécessaire que le P. Visiteur3 se rendit aussitôt à Faremoutiers. 11 ne faut pas l'exciter à vous procurer, à Mesdames vos sœurs 4 et à
Lettre 328. — 1. Mme d'Huxelles, abbesse de Faremoutiers (Voir t. II, p. 348).
2. Mme d'Huxelles mourut le 3o mai i685, veille de l'Ascension.
3. Ce visiteur était le P. Esprit Jacques Eschassereau, des Chanoines réguliers de Sainte-Geneviève. Né vers 16^2, il fit profession le 17 juillet 1661 au couvent de Sainte-Catherine de la Couture, à Paris. En 1676 et les années suivantes, il était à Meaux, prieur de l'Hôpital Jean-Rose, c'est-à-dire supérieur du séminaire établi dans cette maison. Le supérieur général de Sainte-Geneviève, le P. de Montenay, élu le 20 septembre 1691, l'appela près de lui comme second assistant. Il mourut à Sainte-Geneviève le 17 novembre i(5g3, dans la cinquante-et-unième année de son âge et la trente-troisième de sa profession (Bibl. Sainte-Geneviève, Z g43 et $l\-i, ms. 1898, 2971).
4- Sur les deux sœurs de Mme de Beringhen, voir la lettre 298, note 2, p. 27.
94 CORRESPONDANCE [juin i685
tout le couvent, toutes les consolations possibles. Je n'ai pas laissé de l'en charger ; et sans la visite que j'ai indiquée 5, j'aurais été moi-même pour vous soulager. Je vous prie d'être persuadée qu'on ne peut être plus touché que je le suis du triste état où vous êtes. Dieu n'envoie de tels fléaux qu'avec des desseins de miséricorde, pour attirer à lui les cœurs qu'il afflige. Je suis, Madame, comme vous savez, très cordialement à vous.
J. Bénigne, é. de Meaux.