‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 61 sur 308 · Au Prince de Condé · texte numérisé non relu

Au Prince de Condé

Monsieur l'abbé de Fénelon ' était ici, Monseigneur, dans la pensée d'aller présenter à V. A. S. une lettre de M. de Sarlat, son oncle2. Je l'ai

3. Cette année, les choses se passèrent convenablement: le jour de l'Assomption, Pouget fit bon accueil au curé et à sa procession ; de son côté, Raveneau, pour ne point trop chagriner le chapelain, décida qu'il n'y aurait point de prédication à Lorette. Mais, l'année suivante, le curé s'étant fait représenter à Lorette par son vicaire, celui ci fut mis par le chapelain dans l'impossibilité de célébrer la messe. Plainte ayant été portée à l'évèque, Raveneau et Pouget furent mandés à Germigny le 25 septembre, et là Bossuet défendit à Pouget de prêcher dans sa chapelle, ou même d'y faire le catéchisme sans la permission du curé. Enfin, en 1687, la bonne harmonie était rétablie. A l'Assomption, il y eut dans la chapelle une messe solennelle avec un sermon du curé d'Armentières, et le clergé fut somptueusement traité chez le chapelain aux frais de Mme de Francine (Journal de Raveneau).

Lettre 334. — L. a. s. Archives de Chantilly, Papiers Condé, série P, t. 100, f° 358. Publiée par A. Floquet, Études, t. III, p. 5^7-

1. Fénelon, le futur archevêque de Cambrai, alors âgé de trentequatre ans, était à la tête de la maison des Nouvelles-Catholiques de Paris, et, au mois de décembre i685, il devait aller donner des missions aux protestants de Saintonge. Au mois de juin précédent, il avait accompagné Bossuet dans ses visites pastorales à La Fertésous-Jouarre et dans les environs, et avait prêché plusieurs fois devant lui (Revue Bossuet. octobre 1900, p. a3o).

2. François de Salignac, évêque de Sarlat depuis i65g, et qui devait mourir le Ier mai 1688, à quatre-vingt-trois ans. Condé lui avait demandé de consentir à la fondation d'un couvent de capucins

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prié de différer son voyage jusqu'à ce que je pusse être de la partie : et, en attendant, je vous supplie très humblement d'agréer qu'il vous envoie la lettre dont il est chargé. Je crois, Monseigneur, que V. A. sera satisfaite des raisons pour lesquelles M. de Sarlat se défend, avec respect, de faire une chose que vous lui avez recommandée. Il connaît la souveraine justice qui règne dans l'esprit de V. A. M. de La Bruyère3 m'a envoyé, par votre ordre, le titre d'un livre latin que vous aviez eu le dessein de me faire voir, touchant les libertés de l'Eglise gallicane4. Je l'ai vu; et je supplie seulement V. A. de

à Castillonnès, aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement de Villeneuve-d'Agen (Lot-et-Garonne) et appartenant alors au diocèse de Sarlat. Dans sa réponse du i !\ juin, qu'il avait envoyée à son neveu en le chargeant de la remettre au prince, le prélat s'excusait de refuser l'établissement en question. Peu de temps après, l'abbé de Fénelon fit en Périgord un voyage dont il revint au commencement de novembre : dans une lettre malheureusement incomplète aujourd'hui, il raconta à son oncle les péripéties de son retour (V oir J.-Ed. Boisserie de Masmontet, Fénelon. Journal d'un voyage de Périgord à Paris, i685. dans le Bulletin de la Société archéologique, historique et artistique le Vieux Papier, année igo2. Il y a de cet article un tirage à part. Lille, 1902, in-8). La Bibliothèque Sainte-Geneviève (ms. 2571) possède une lettre d'Etienne Cosmo, archevêque de Spalatro en Dalmatie (1687-1707), où est rappelé le souvenir du passage d'un La Mothe-Fénelon, dans cette ville. Cette lettre du 20 juillet i685 étant adressée à Antoine de Xoailles, évèque de Chàlons, ami de l'abbé de Fénelon, on pourrait croire que c'est le futur archevêque de Cambrai qui aurait fait ce voyage. Lne lettre de Mabillon nous apprend qu'il s'agit de son frère, Joseph-François de Salignac, chevalier, puis comte de Fénelon, qui revenait de l'armée des Vénitiens (Valéry, Correspondance inédite de Mabillon..,.. Paris, i846, in-8, t. I, p. ii6).

3. Le célèbre auteur des Caractères. Il vivait alors dans la familiarité du grand Condé, travaillant à l'éducation du duc de Bourbon, petit-fils de ce prince (Voir Et. Allaire, La Bruyère dans la maison de Condé, Paris, 1886, 2 vol. in-8).

4- Bossuet veut sans doute parler de l'ouvrage anonyme de Char-

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vouloir bien le faire garder soigneusement, afin que je le puisse revoir, si j'en ai besoin quelque jour.

Je travaille, par ordre de Madame la Duchesse5, à l'oraison funèbre de Madame la Princesse Palatine6. Quand cet ouvrage sera en train, et que j'aurai achevé quelque autre chose qui ne souffre point d'interruption, nous irons rendre nos respects à V. A. S. , MM. les abbés de Fénelon, de Langeron7, et moi.

las, de Libertatibus Ecclesise Gallicanœ. Leyde, i684, in-4. Arnauld avait annoncé en ces termes k du Vaucel l'apparition de cet ouvrage : « Il paraît depuis peu un gros livre in-4° intitulé de Libertatibus Ecclesise Gallicanœ. C'est contre ces libertés. Je l'ai parcouru, c'est-à-dire j'en ai lu tous les titres et j'en ai lu certains endroits. Il n'est pas mal fait. Il prend assez bien ses avantages contre l'assemblée qui a fait les quatre articles... » (Lettre du 9 février i685, dans ses OEuvres, t. II, p. 4g5).

5. Anne de Bavière, fille d'Edouard de Bavière, comte palatin du Rhin, et d'Anne de Gonzague de Clèves. En i663, elle avait épousé Henri-Jules de Bourbon qui, tant que vécut le grand Condé, son père, fut connu sous le nom de M. le Duc.

6. La princesse Palatine, mère de Mme la Duchesse, était morte le 6 juillet i684- Son service de bout de l'an se fit aux grandes Carmélites, rue Saint-Jacques, le 9 août i685 ; c'est dans cette cérémonie que Bossuet prononça son oraison funèbre (Voir Et. Allaire, op. cit.).

7. François Andrault, fils de Philippe Andrault, comte de Langeron, et de Claude Faye d'Espesses, était né le 20 juin i658 et avait été, pour les cérémonies, baptisé dans l'église de Saint-Sulpice le 5 février i665. Après un court séjour au séminaire Saint-Sulpice (du 2 novembre 1680 au 2 février 1681), il avait été reçu maître es arts le i!\ mai 1681, et il avait fait ensuite son cours de théologie. Il n'était pas encore licencié, lorsque Fénelon le choisit (1680) comme collaborateur pour sa mission de Saintonge. Il fut l'un des amis les plus chers de Fénelon, qui le fit nommer, le 25 août 1690, lecteur des ducs de Bourgogne et de Berry (Archives Nation., 0'34 f° 2^3). Après avoir été enveloppé dans la disgrâce de l'archevêque de Cambrai, il mourut le 10 novembre 1710. L'abbé de Langeron, en i685, ne devait pas être un inconnu pour Condé, car son père était premier gentilhomme de la chambre de M. le Duc, et sa mère, dame d'honneur de Mme la Duchesse (Bibl. Nationale, fr. 32 5y3, f° 367, v°) (Voir

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Je suis avec respect, Monseigneur, de V. A. S. le très humble et très obéissant serviteur.

J. Bémgne, é. de Meaux.

A Germigny, 4 [juillet SJ i685.

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