Au Prince de Condé
Votre santé, Monseigneur, el la manière agréable dont s'est fait le mariage de Monseigneur le duc de
Lettre 336. — L. a. s. Archives de Chantilly, papiers de Condé, t. 101, (° l4o. Publiée d'abord par \. Floquet, Études, t. III, p.
no CORRESPONDANCE |août i685
Bourbon l, avec toutes les survivances 2, font maintenant le plus digne sujet de ma joie. J'espère avoir bientôt l'honneur de rendre mes respects à V. A. S. en quelque endroit qu'elle soit. Rien ne me touche plus que ses bontés, et tout est au-dessous du plaisir de la voir en bonne santé. Je prie Dieu, Monseigneur, qu'il vous la conserve longtemps 3.
Je suis, avec le respect que vous savez, Monseigneur, de V. A. S. le très humble et très obéissant
serviteur.
J. Bénigne, é. de Meaux.
A Germigny, 27 juillet i685.
33^ . — A Mme de Beringhen.
A Meaux, 2 août i685.
Je ne puis quitter le diocèse, pour peu de temps que1 ce soit, sans vous dire adieu, ma chère Fille. J'espère être ici sur la fin du mois, et nous ferons le service avec l'oraison funèbre de cette chère tante dans le mois de septembre2, s'il plaît à Dieu. Il sera
1. Louis, duc de Bourbon, fils de Henri-Jules et petit-fils du grand Condé, avait, le 24 juillet, à l'âge de seize ans, épousé Mlle de Nantes, qui en avait douze, et était fille légitimée de Louis XIV et de Mme de Montespan (Voir Et. Allaire, La Bruyère dans la maison de Condé. Paris, 1886, 2 vol. in-8, t. I, p. 273 et suiv.).
2. Le a5 juillet, lendemain du mariage, Louis XIV avait accordé au duc de Bourbon la survivance de la charge de grand maître de la maison du Roi et du gouvernement de Bourgogne,
3. Condé ne devait plus vivre que dix-sept mois à peine, car il mourut le 1 1 décembre 1686.
Lettre 331. — I. Pour peu que, pour si peu que (Richelet).
■x. Cette chère tante était Mme du Blé d'Huxelles, l'ancienne
août i685J DE BOSSUET. m
bientôt temps de m'envoyer ce que vous saurez, pour le joindre à l'imprimé que j'ai reçu3, et il sera bon de m'instruire de quelque chose de la famille : car, encore qu'il ne faille pas, dans l'éloge d'une religieuse, appuyer beaucoup là-dessus, il ne faut pas tout à fait l'omettre.
Je m'en vais pour l'oraison funèbre de Madame la Princesse Palatine', où Faremoutiers aura beaucoup de part5. Je vous prie de me mander si vous comptez parmi les abbesses qui vous ont précédée, quelques princesses, ou de France ou de quelque autre Maison souveraine6.
abbesse. Son oraison funèbre fut prononcée, non pas en septembre i685, comme l'avait projeté Bossuet et comme le dit l'abbé Lebarq, mais seulement le 16 juillet 1686. Bossuet officia aux vigiles et à la grand'messe, et il parla « avec édification et applaudissement de toute l'assemblée », où il se trouvait plus de cent ecclésiastiques (Voyez E. Jovy, Une oraison funèbre inconnue de Bossuet, Vitry-le-François, 1898, in-8 ; E. Griselle, Lettres de Bossuet revisées sur les manuscrits, Àrras, 1899, in-8, p. i4-)
3. Sans doute une notice nécrologique, sorte de circulaire qu'on envoyait aux couvents du même Ordre que la religieuse défunte, en demandant pour elle leurs prières.
4- Anne de Gonzague de Clèves. Voir plus haut, lettre du 4 juillet i685 àCondé.
5. La Princesse Palatine avait été élevée à Faremoutiers. Tout le monde connaît le tableau de la célèbre abbaye, que l'orateur place au début de son discours : « Dans la solitude de sainte Fare, autant éloignée des voies du siècle que sa bienheureuse situation la sépare de tout commerce du monde ; dans cette sainte montagne, etc. »
6. Dans la liste des abbesses de Faremoutiers, figurent Saëtrude et sa sœur sainte Éthelberge, issues des chefs normands ; Bothilde, fille de Charlemagne ; Madeleine d'Orléans, sœur de François Ier ; Antoinette de Lorraine, fille de Claude, duc de Guise, et Louise de Bourbon, fille de Louis, duc de Montpensier, morte en i586. L'orateur fait allusion à cette illustre lignée, quand, après avoir parlé des douze années que la princesse passa dans ce monastère, il ajoute : « La sage abbesse, qui la crut capable de soutenir sa réforme, la destinait
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Je salue de tout mon cœur Madame votre sœur 7, et suis à vous très sincèrement.