‹ Correspondance de Bossuet (volume 3)Chapitre 68 sur 308 · Deforis : occasion · texte numérisé non relu

Deforis : occasion

6. La question de la validité des ordinations anglicanes ayant été

Il6 CORRESPONDANCE [août i685

A ce propos, il me vient dans l'esprit qu'il y aurait une chose qui pourrait beaucoup, selon toutes les nouvelles que nous recevons, faciliter le retour de l'Angleterre et de l'Allemagne : ce serait le rétablissement de la coupe7. Elle fut rendue par Pie IV dans l'Autriche et dans la Bavière ; mais le remède n'eut pas grand effet, parce que les esprits étaient encore trop échauffés. La même chose accordée dans un temps plus favorable, comme celui-ci, où tout paraît ébranlé8, réussirait mieux. Ne pourriez-vous pas en jeter quelques paroles, et sonder un peu les sentiments là-dessus? Je crois, pour moi, que, par cette condescendance, où il n'y a nul inconvénient qu'on ne puisse espérer de vaincre après un usage de treize cents ans, on verrait la ruine entière de l'hérésie. Déjà la plupart de nos Huguenots s'en expliquent hautement.

Pour nos Articles9, c'est une matière plus déli-

de nouveau agitée à la fin du xixe siècle, Léon XIII, par la bulle Apostolicx curse, du i3 septembre 1896, l'a définitivement tranchée dans le sens de la négative. Voir, entre autres auteurs, F. Dalbus, les Ordinations anglicanes, Arras, i8g4, in-8 ; P. Gasparri, de la Valeur des ordinations anglicanes, Paris, i8g5, in-8 ; A. Boudinbon, de la Validité des ordinations anglicanes, Paris, i8g5, in-8; Denny et Lacey, de Hierarchia anglicana dissertatio apologetica. Londres, i8g5, in-8 ; Brandi, Rome et Cantorbéry ; commentaire de la bulle « Apostolicœ curse », déclarant nulles les ordinations anglicanes, Paris, s. d. (i8g8), in-8.

7. C'est-à-dire de la communion sous les deux espèces, même pour les laïques. On sait que Bossuet avait publié en 1682 un Traité de la communion sous les deux espèces.

8. Bossuet, comme le plus grand nombre des évêques français, croyait que la conviction des calvinistes était ébranlée, et qu'il y aurait peu de chose à faire pour les ramener à l'Eglise catholique.

g. Les quatre articles de la Déclaration de 1682.

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cate, et je crois que sur cela nous devons nous contenter de la liberté10.

Je salue Dom Michel11 de tout mon cœur, et suis avec une parfaite cordialité, mon Révérend Père, votre très humble serviteur,

J. Bénigne, é. de Meaux.

3/io. — A la Supérieure des Ursulines de Meaux.

A Paris, 20 août i685.

Je me réjouis, ma chère Fille, du témoignage que vous rendez à la manière sincère dont toutes vos Sœurs me témoignent leur obéissance ; je vous prie de les assurer que plus elle sera grande et sincère, plus je me sens engagé à prendre un soin particulier

10. C'est-à-dire de les croire et de les enseigner, tout en restant à l'abri des censures de Rome, sans aller pourtant jusqu'à les faire adopter comme la règle de sa croyance par l'Eglise romaine.

11. Dom Michel Germain, né à Péronne le 28 août 1 645, mort à Paris le 23 janvier i6g4- Entré chez les bénédictins de Saint-Maur à dix-huit ans, il fut le disciple fidèle et l'ami dévoué de Mabillon, qu'il accompagna dans ses voyages et aida dans la composition de ses ouvrages. Il est lui-même auteur d'une Histoire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Soissons, Paris, 1675, in-4 (Voir J.-B. Vanel, Nécrologe, p. 5i-52 ; H. Wilhelm, Nouveau supplément à l'Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur, t. I, p. 246).

Lettre 340. — Cette lettre et la suivante doivent être rapprochées de la lettre d'avril 1 685, faussement datée de 1688 clans les éditions. — Dans une lettre du mois de janvier 1686, la supérieure des Llrsulines est désignée sous le nom de Mme de Sainte-Agnès. Elle se nommait dans le monde Marguerite Morin. Elle était sœur de Pierre Morin, docteur en théologie de Paris et chanoine de Meaux, et de Charles Morin, docteur en médecine et élu en l'élection de Meaux.

Il8 CORRESPONDANCE [août 1 685

de leur avancement et de leur repos. Pour vous, je ne puis vous dire combien je suis content de votre conduite, et combien je la trouve digne d'une bonne religieuse et dune bonne supérieure.

Je suis de tout mon cœur, ma chère Fille, votre très affectionné serviteur.

J. Bénigne, é. de Meaux.

34i • — Aux Ursulines de Meaux.

A Paris, 20 août l685.

Je reçois, mes chères Filles, avec une joie sensible le témoignage sincère de votre obéissance, que vous me donnez en commun ; rien ne me pouvait donner plus de joie, puisque rien ne marque tant le progrès que vous faites dans la vertu et dans le chemin de la perfection, dont l'obéissance est le fondement. D'ailleurs rien ne peut toucher davantage un père que l'obéissance, qui marque le vrai caractère de fille, et lui donne une favorable ouverture pour avancer dans la perfection les enfants que Dieu lui a donnés. Priez Dieu que, dans le désir immense qu'il m'inspire de vous avancer à la perfection de votre état, je travaille aussi à la mienne sans relâche, et que nous nous soyons les uns aux autres un motif de plaire à Notre-Seigneur, dans l'amour duquel je suis cordialement, mes chères Filles, votre très affectionné serviteur.

J. Bénigne, é. de Meaux.

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