Au 22 juin
8. Ambroise Lioni, Lib II de Nota, c. un. (Note de Perrault).
9. Suffisance. « Ce mot signifie doctrine, érudition, science; mais il y a des gens qui ne l'aiment pas fort en ce sens, à cause qu'il fait équivoque. Cependant, comme il se trouve dans de bons auteurs, on ne le peut raisonnablement condamner. » (Riclielet).
i32 CORRESPONDANCE [sept. i685
cette histoire était une fiction toute pure et ont dit pour leurs raisons qu'on ne peut assigner dans la vie de saint Paulin le temps auquel il passa dans l'Afrique, ni dire le nom de ce roi des Vandales dont il prédit la mort et sous le règne duquel il se fit captif. Ils ajoutent encore que saint Augustin et saint Jérôme, qui ont fait l'éloge de saint Paulin dans plusieurs endroits de leurs ouvrages 10 et qui ont eu commerce de lettres avec lui, n'ont point parlé de cette aventure, qu'ils n'auraient pas oubliée assurément si elle était véritable.
J'avoue qu'il y a quelque peine à résoudre ces objections; mais combien y a-t-il de faits susceptibles des mêmes difficultés, qui passent néanmoins pour très constants ; et qui a jamais mis en balance des preuves de cette espèce, c'est-àdire purement négatives, avec des preuves positives et irréprochables ? Cependant il est si peu vrai qu'on ne puisse assigner le temps de cette aventure, que le P. Chifflet11, qui paraît avoir fort étudié cette matière, ne hésite 12 point à la mettre en l'année 4og ou 4io, et Baronius en l'année 428 ou 429. Cette diversité d'avis montre, à la vérité, que le temps de cette aventure n'est pas certain, mais elle fait voir aussi qu'on n'est pas en peine de trouver un temps pour la placer, comme ils le prétendent. J'ai suivi l'opinion de Baronius, selon laquelle le silence de saint Augustin et de saint Jérôme sur cette action ne sont d'aucune conséquence, puisque le premier a cessé d'écrire à saint Paulin dès l'année 417, et que l'autre est mort en l'année 420, c'est-à-dire huit ou dix ans avant que saint Paulin passât en Afrique pour se faire captif.
Pour ce qui regarde la difficulté de savoir le nom du prince vandale sous lequel la cbose s'est passée, Baronius le nomme Gontaire, et je lui donne le même nom. On objecte que ce
10. Saint Augustin, Epist. xxvn [P. L., t. XXXIII, col. 107,108, 125, etc.] ; saint Jérôme, Episl. cxix [P. L., t. XXII, col. 964]-
11. Le P.Pierre FrançoisChifflet(i592-i682), savant jésuite franccomtois, à qui Colbert confia la garde du médailler du Roi. Il a laissé des dissertations sur saint Denis l'Aréopagite, sur saint Martin, etc., un Paulinus illustratus, Dijon, 1662, in-4.