‹ Correspondance de BossuetChapitre 100 sur 192 · P. L., t. XXVIII, col. 1242 et la^S · texte numérisé non relu

P. L., t. XXVIII, col. 1242 et la^S

5i, P. L., t. XXVllI, col. i/|03 (Migne : procul abjicienda).

238 CORRESPONDANCE [mai 1700

sentiment de saint Jérôme et de l'Eglise de son temps ; mais on le sera encore davantage, quand on considérera que Rufin, son grand adversaire, homme savant et qui cherchait occasion de le contredire, n'aurait point manqué de se servir de celleci, s'il avait cru que saint Jérôme s'éloignait du sentiment de l'Église. Mais, bien loin de cela, il témoigne d'être lui-même du même sentiment, lorsqu'il parle ainsi dans son Exposition du Symbole, après avoir fait le dénombrement des livres divins ou canoniques, tout comme saint Jérôme : // faut savoir, dit-il, qu'il y a des livres que nos anciens ont appelés, non pas canoniques, mais ecclésiastiques, comme la Sagesse de Salomon, et cette autre Sagesse du fils de Sirach, quil semble que les Latins ont appelée pour cela même du nom général «/'Ecclésiastique ; en quoi on n'a pas voulu marquer l'auteur, mais la qualité du livre. Tobie encore, Judith et les Machabées sont du même ordre ou rang ; et dans le Nouveau Testament, le livre pastoral d'Hermas appelé les Deux voies et le Jugement de Pierre : livres qu'on a voulu faire lire dans Véglise, mais qu'on na pas voulu laisser employer pour confirmer V autorité de la foi. Les autres Écritures ont été appelées apocryphes, dont on n'a pas voulu permettre la lecture publique dans les églises ^^. XCVIII. Ce passage est fort précis et instructif; et il faut le conférer avec celui d'Amphilochius cité ci-dessus ^^, afin de mieux distinguer les trois espèces d'Ecritures ; savoir : les divines ou les canoniques de la première espèce, les moyennes ou ecclésiastiques, qui sont canoniques, selon le style de quelques-uns, de la seconde espèce, ou bien apocryphes selon le sens le plus doux ; et enfin les apocryphes dans le mauvais sens, c'est-à-dire, comme dit saint Athanase ou l'auteur de la Synapse, qui sont plus dignes d'être cachées, à7roxpucpT,ç, que d'être lues, et desquelles saint Jérôme dit, Ep. vu ad Lœtam : Caveat [omnia] apocrypha ; et sur Isaïe, liv, 4 : Apocryphorum deliramenta conficiant'''^.

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