P. L., t. XXVm, col
mai 1700] DE BOSSUET. 287
canon, et qu'il travailla h s'y opposer. Mais la sentinelle qu'il y mit avec son casque n'a pas été capable d'éloigner la hardiesse de ceux qui ont travaillé à rompre cette digue, qui séparait le divin de l'humain.
\CV. Or, comme j'ai dit ci-dessus (n. LXIX, LXX), il comptait tantôt vingt-deux, tantôt vingt-quatre livres du Vieux Testament ; mais en eiïet toujours les mêmes. Et ce qu'il écrit dans une lettre à Paulin *% qu'on avait coutume de mettre au devant des Bibles avec le Prologus galeatiis, marque toujours le même sentiment. Il s'explique encore particulièrement dans ses préfaces sur Tobie, sur Judith, et ailleurs : Quod talium auctorilas ad roboranda ea quœ in conte nlionem veniuni minus idoneajndicaiiir (Prœf. in Jadilli)''^. Et (Prœf. in libros Salom.) parlant du livre de Jésus, iils de Sirach, et du livre nommé faussement la Sagesse de Salomon, il dit : Sicut Judith et Tobiœ et Machabxorum libros legit quidem Ecclesia, sed eos in canonicas Scripturas non recipit ; sic et hœc duo volumina legit ad œdifîcationem plebis, non ad aactoritatem ecclesiasticoruni dogmatum confirmandam ■'^. XCVI. Rien ne saurait être plus précis; et il est remarquable qu'il ne parle pas ici de son sentiment particulier, ni de celui de quelques savants, mais de celui de l'Eglise : Ecclesia, dit-il, non recipit. Pouvait-il ignorer le sentiment de l'Église de son temps? Ou pouvait-il mentir si ouvertement et si impudemment, comme il aurait fait sans doute si elle avait été d'un autre sentiment que lui? 11 s'explique encore plus fortement dans la Préface sur Esdras et Néhémie : Quœ non habentur apud Hebrœos, nec de viginti quatuor senibus s uni (on a expliqué cela, n. LXX), procul abjiciantur''^ ; c'est-à-dire loin du canon des livres véritablement divins et infallibles.