N. LXXIX,p. 23i
54. P. L., t. XXII, col. 877 (Epist. CVII). Dans le commenlaire
mai 1700] DE BOSSUET.
Voici la représensatioii do ces degrés ou espèces Canoniques.
Proprement, ou du premier rang^.
Divins, ou infaillibles.
Improprement, ou d'un rauQ inCérieur.
Ecclésiastiques. ou moyens.
Apocryphes.
Improprement, ou
Défendus, quant h la lecture publique.
Plus proprement,
dans le sens plus ou dans le mauvais doux. sens.
XCÏX. Mais on achèvera d'être persuadé que la doctrine de l'Eglise de ce temps était celle des protestants d'aujourd'hui, quand on verra que saint Augustin, qui parle aussi comme le pape Innocent l^^ et le synode 111 de Carthage, où l'on croit qu'il a été, s'explique pourtant fort précisément, en d'autres endroits, tout comme saint Jérôme et tous les autres. En voici quelques passages (liv. II, cont. Epist. Gaudent., c. 23) : Celle Écriture, dit-il, quon appelle des Machabées, nest pas chez les Juifs comme la Loi, les Prophètes et les Psaumes, à qui Notre- Seigneur a rendu témoignage comme à ses témoins. Cependant l'Église l'a reçue avec utilité, pourvu qu'on la lise sobrement ; ce qu'on a fait principalement à cause de ces Mâcha bées, qui ont souffert en vrais martyrs pour la loi de Dieu'^'^f etc.
G. Et 1. 17 de la Cité de Dieu : Les trois livres de Salomon ont été reçus dans l'autorité canonique ; savoir : les Proverbes, /'Ecclésiaste, et le Cantique des cantiques. Mais les deux autres, qu'on appelle la Sagesse et /'Ecclésiastique, et qui à cause de quelque ressemblance du style, ont été attribués à Salomon ^quoique les savants ne doutent point qu'ils ne soient point de lui), ont pourtant été reçus anciennement dans l'autorité par l'Église occidentale principalement Mais ce qui n'est pas
sur Isaïe, liv, ^, on lit un autre texte : née Judaica deliramenta sectari.
55. Cont. Gaudent., lib. I, cap. xxxi, n. 38 [P. L., t. XLIU, coi. 739]. Voir la lettre du 17 août 1701, n**^ xxxvii-xxxviii.
2/io CORRESPONDANCE [mai 1700
dans le canon des Hébreux n'a pas autant de force contre les contredisants que ce qui y esl"^^. On voit par là qu'il y a, selon lui, des degrés dans l'autorité; qu'il y a une autorité canonique dans le sens plus noble, qui n'appartient qu'aux véritables livres de Salomon, compris dans le canon des Hébreux ; mais qu'il y a aussi une autorité inférieure, que l'Eglise occidentale surtout avait accordée aux livres qui ne sont pas dans le canon hébraïque, et qui consiste dans la lecture publique pour l'édification du peuple, mais non pas dans l'infaillibilité, qui est nécessaire pour prouver les dogmes de la foi contre les contredisants.
CI. Et encore (liv. 18 de la cité de Dieu, c. 36) : La supputation du temps, depuis la restitution du Temple, ne se trouve pas dans les saintes Écritures quon appelle canoniques ; mais dans quelques autres que, non les Juifs, mais V Église tient pour canoniques, à cause des admirables souffrances des martyrs-^', etc. On voit combien saint Augustin est flottant dans ses expressions ; mais c'est toujours le même sens. Il dit que les Machabées ne se trouvent pas dans les saintes Écritures qu'on appelle canoniques ; et puis il dit que l'Église les tient pour canoniques. C'est donc dans un autre sens inférieur, que la raison qu'il ajoute fait connaître : caries admirables exemples de la souffrance des martyrs, propres à fortifier les chrétiens durant les persécutions, faisaient juger que la lecture de ces livres serait très utile. C'est pour cela que l'Église les a reçus dans l'autorité et dans une manière de canon, c'est-à-dire comme ecclésiastiques ou utiles, mais non pas comme divins ou infallibles : car cela ne dépend pas de l'Église, mais de la révélation de Dieu, faite par la bouche de ses prophètes ou apôtres.
Cil. Enfin saint Augustin, dans le livre de la Doctrine chrétienne (1. II, c. 8), raisonne sur les livres canoniques dans un sens fort ample et général, entendant tout ce qui était
56. De Civit. Dei, lib. XVII, cap. xx [P. L., t. XLI, col. 554]- Cf. Bossuet, lettre du 17 août 1701, n"* xl-xli.