P. L., t. XLI, col
mai 1700] DE BOSSUET. 2^1
autorisé dans l'Église. C'est pourquoi il dit que, pour en juger, il faut en faire estime selon le nombre et l'autorité des Églises ; puis il vient au dénombrement : Totus autem canon Scripiurarum, in quo istarn considerationem versandam dicimas, his libris conlinetur ^^, etc. ; et il nomme les mêmes que le pape Innocent P' : ce qui fait visiblement connaître qu'en parlant du canon, il n'entendait pas seulement les livres divins incontestables, mais encore ceux qu'on regardait diversement, et qui avaient leur autorité de l'Église seulement ou des Kglises, et nullement d'une révélation divine.
Gin. Après cela, le passage de saint Augustin, où, dans la chaleur de l'apologie de sa citation, il semble aller plus loin, ne saurait faire de la peine. Vous aviez remarqué. Monseigneur, § 9, qu'il avait cité contre les pélagiens ce passage de la Sagesse (iv, 11) : Rapliis est ne malitia mutarei intellectum ejus. Quelques savants gaulois avaient trouvé mauvais qu'il eût employé ce livre, lorsqu'il s'agissait de prouver des dogmes de foi : Tanquam non canonicum definiehanl omittendum . Saint Augustin se défend dans son livre de la Prédestination des saints (ch. xiv). Il ne dit pas que la Sagesse est égale en autorité aux autres, ce qu'il aurait fallu dire, s'il avait été dans les sentiments tridentins ; mais il répond que, quand elle ne dirait rien de semblable, la chose est assez claire en elle-même ; qu'elle doit cependant être préférée à tous les auteurs particuliers, omnibus iractaiorihus debere anteponi, parce que tous ces auteurs, même les plus proches des temps des apôtres, avaient eu cette déférence pour ce livre : Qui eum testent adhibenles, nihil se adhibere nisi divinum tesiimonium crediderunt. Et un peu auparavant : Meruisse in Ecclesia Christi tam longa annositate recitari, et ab omnibus christianis cum veneratione divinœ auctoritatis audiri^^.