‹ Correspondance de BossuetChapitre 143 sur 192 · Ps. cxvii · texte numérisé non relu

Ps. cxvii

[\. Eccli., L, 25 (La Vulgate, au lieu de Jîrmari, donne : Jîeri).

5. Il est piquant de rapprocher ceci des lettres écrites, soit par l'abbé Bossuet le 7 janvier, le 4 février et le 16 décembre 1698, les 8 janvier, 8 février, i3, 17 et 3i mars 1699, ^^^^ P'"' ^^" oncle le 9 et le 16 février 1699, etc. (tomes X, p. ii5 et 161 ; t. XI, 6, 61, 120, 129, 189, 208, 228 et suiv., etc.). Bossuet doit songer à frayera son neveu les voies de l'épiscopat.

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aOPusi sacralissimis pedibus, Sanctitati Tuae diuturnum pontlfîcatum augaramur, quem ipsa natura polliceri videatur ; et benedictionem apostolicam humiles ac supplices expectamus.

Beatissime Pater,

Sanctitatis Vestr^, Addictissimus ac devotissimus famulus ac filius,

J. Benignus, Eps. Meldensis.

Dalum in palatio Versaliano, pridie idus decemb. 1700.

2o43 bis. — A Clément XI.

Très saint Père, Ce n'est pas seulement V. S. que nous devons féliciter de son exaltation ; mais l'Église de Dieu et toute la terre doivent encore se réjouir de ce qu'il a été donné principalement à nos jours, de vous voir élevé au comble de la puissance apostolique par la volonté de Dieu, clairement manifestée dans ce consentement unanime qui a fait violence à votre modeslie, et qui vous a chargé comme malgré vous de la sollicitude pastorale. Car qui ne voit ce qui doit arriver, que, plus vous avez craint cette suprême dignité, qui non seulement vous a été offerte, mais encore imposée avec une espèce

Lettre 2043 bis. — Cette traduction a été faite par Ledieii ; bien qu'elle ne soit pas de Bossuet, nous la donnons parce qu'elle fui approuvée par ce prélat et présentée par lui au Roi lorsqu'il lui demanda la permission d'envoyer l'orig-inal au Pape. On lit, en effet, sur la copie de Ledieu (Collection de M. Dumas, k Bordeaux) : « Cette version faite par moi et approuvée par Mgr de Meaux raème, et par lui présentée au Roi, en lui demandant la permission d'envoyer son épître latine à Rome. Fait à Vers;iilles, ce 1*3! <Ip décembre 1700. Lediei, chancelier de Meaux » (Cf. le Journalde i.edieu, l. II, p. 166 et 167)

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de force, plus aussi vous l'exercerez et la remplirez avec confiance et n\(*c facilité, après l'avoir reçue d'en haut d'une manière où la présence du Saint-Esprit s'est si visiblement déclarée ? Ainsi l'Église catholique verra en votre personne un pontife qui, déjà connu par ses talents naturels et acquis, par sa capacité et par son expérience dans les affaires, donnera de mémorables exemples de sagesse, expliquera les secrets de la loi divine, résoudra les doutes, exterminera l'erreur, enseignera la bonté, la discipline et la science, an'e^'mira et entretiendra dans le monde chrétien la paix, qui se présente avec de meilleures espérances que jamais d'une éternelle durée ; un pontife enfin qui, avec le secouis du Ciel, accomplira dignement tous les devoirs de l'apostolat.

En effet, pour ce qui regarde la paix, qui ne doit espérer. Très saint Père, qu'elle sera éternelle, puisqu'on la voit établie non seulement sur la foi des traités, mais encore par les liaisons les plus étroites du sang et par la bonté paternelle de Louis le Grand et de Monseigneur le Dauphin, laquelle se fait aujourd'hui sentir à l'Espagne autant qu'à la Fi ance même ? C'est ainsi que seront ôtées les causes des inimitiés entre ces deux grandes nations, qui semblaient décider du sort de toute l'Europe ; et la muraille, pour ainsi parler, qui les tenait séparées, étant abattue, on voit que leur union sera immortelle et inébranlable. Pour moi, quand je considère avec attention que votre pontificat, dont nous espérons toutes sortes de biens, se rencontre dans ces heureuses conjonctures, où la gloire d'un Roi magnanime et la majesté du nom français éclatent davantage, je ne puis m'empêcher de m'écrier : Ceci est Vouvrage du Seigneur^ et nos yeux en sont frappés (Tétonnement. Ce qui aussi me fait concevoir cette ferme espérance, que, comme la sainte Écriture raconte qu'il arriva autrefois à Simon, souverain pontife des Juifs, ainsi, par votre sagesse, le Seigneur nous accordera la joie de notre cœur, et dans nos jours il affirmera la paix à jamais en Israël.

Cependant, Très saint Père, dans cette suprême élévation et

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au milieu des applaudissements de l'Église, qui est toute en joie, qu'il me soit permis de supplier Votre Sainteté, après toutes les marques de bienveillance dont elle a daigné m'honorer, qu'elle veuille bien encore jeter ses regards paternels sur moi et sur mon neveu, qui, par une grâce particulière, a eu le bonheur de voir de ses yeux cette sagesse, et qui, s'en étant rempli l'esprit, n'a cessé de l'admirer, de la respecter, et de la célébrer autant qu'il en a été capable. Nous donc, prosternés ensemble à vos pieds, nous souhaitons à Votre Sainteté un long pontificat, tel que la nature même semble le lui promettre ; et nous vous demandons, en toute humilité et respect, votre bénédiction apostolique.

Très saint Père, de V. S. le très humble et très dévoué serviteur et fils,

J. Bénigne, é. de Meaux.

A Versailles, 12 décembre 1700.

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