Ep 53o. Ibid., p
30. De privHegiis dotis hxreticis muUeribus non prœstandis (Novell., édit. Guil. Kroll, Berlin, iSgS, in-4, Novel. cix, p. 5 17).
3t. Deforis : et que le droit romain.
une affaire aussi importante, il ne s'y rencontre des difficultés et des obstacles. On peut craindre des irrévérences extérieures, des infidélités secrètes, des embarras dans les détails de l'exécution, et la désertion des fugitifs, qui aimeront mieux sortir du royaume que de se soumettre ; quoique, à l'égard des irrévérences, il soit aisé de les empêcher, et pour la désertion, on peut la prévenir par une vigilance exacte sur les côtes maritimes et sur les passages des frontières.
Mais laisser imparfait l'ouvrage de la conversion générale, souffrir au milieu de l'État un parti nombreux mal intentionné, et toujours attentif aux événements; ne pas tendre la main à beaucoup de gens qui voudraient revenir de bonne foi, et qui ne l'osent pas par respect humain; sacrifier au scrupule des mauvais partis que pourraient prendre des opiniâtres p le salut d'un nombre infini d'âmes, qu'une crainte salutaire sauverait, et qui se perdront si on ne les force; exposer les enfants, malgré nos écoles et nos catéchismes, à la séduction infaillible de leurs parents, sont des inconvénients beaucoup plus considérables que ceux qui pourraient déterminer à l'avis contraire; et, si on ne contraint nos néophytes d'assister à nos mystères, on ne doit plus compter sur l'espoir d'avancer l'œuvre de la religion.
Le soin de l'éducation de la jeunesse semble en apparence suffire pour éteindre un jour l'hérésie, et cette raison paraît spécieuse. Elle serait en effet très bonne, si on pouvait ôter tous les enfants à leurs parents ; mais, comme cet enlèvement général est impossible, il faut quelque chose de plus pour abolir le calvinisme dans le royaume. Ces jeunes gens n'auront jamais beaucoup de foi au saint sacrifice de la messe, quand ils verront que leurs pères et mères n'y assistent point. Au retour des écoles et de l'église, le premier soin des parents est d'effacer du cœur et de la mémoire de leurs enfants toutes les impressions qu'ils pourraient avoir de la foi catholique, et de leur en inspirer la haine et l'éloignement. Ils les séduisent avec beaucoup de facilité ; et les exemples domes-
J. Lemoine : p) les opiniâtres.
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tiques ont plus de pouvoir sur ces jeunes esprits que toutes les instrudlons de leurs pasteurs et de leurs maîtres.
Nos nouveaux convertis doivent d'autant moins se plaindre de cette nécessité d'aller à la messe, que les docteurs protestants enseignent que les puissances temporelles doivent contraindre les hérétiques^-. Je ne fais pas cette remarque pour nous prévaloir de l'exemple des calvinistes. L'ancienne et véritable Sion, dit saint Augustin ^^, ne se règle point sur la conduite de la fausse et nouvelle Sion ; mais il est raisonnable de convaincre ces protestants par leurs propres raisons, de l'injustice des plaintes qu'ils font contre nous sur ce sujet.
Personne n'ignore que Calvin fit faire par le sénat de Genève le procès à Servet^*, qui était anabaptiste, et qui avait renouvelé les erreurs de Sabellius et d'Eutyche. La condamnation de cet hérétique fut approuvée par les docteurs de Zurich et par tous les théologiens du parti. Calvin, pour justifier sa conduite, composa un traité qui a pour titre: S'il est permis aux magistrats chrétiens de punir les hérétiques^'' ; et il prouve, par un nombre infini de raisons, qu'ils le peuvent et qu'ils le doivent. De plus, dans le livre qu'il
82. Il y eut bien quelques divergences à ce sujet parmi les protestants, comme on en peut juffer d'après la dédicace de la traduction de la Bible par Sébastien Castellion (Bàle, 1 55 1 , in-fol.) et surtout par un traité du m^rae auteur, publié en latin et en français sous le pseudonyme de Bellius (Magdebourg [Bàle] et Rouen, i55A), Traité des hérétiques, à savoir si on doit les persécuter, etc. Contre ce traité, dont l'influence paraît avoir été restreinte à l'origine, Th. de Bèze écrivit: De hœreticis a civili magistratu puniendis. i55^, in-8. Cf. Ferd. Buisson, Sébastien Castellion, Paris, 1891, in-8, et Am. Matagrin, Histoire de la tolérance religieuse^ Paris, IQOS, in-8.