‹ Correspondance de BossuetChapitre 188 sur 192 · Cf. t. IV, p. i3o · texte numérisé non relu

Cf. t. IV, p. i3o

/i88 APPENDICE V.

Scellier, auquel il a donné pouvoir de ce faire et tout ce qu'au cas appartiendra, Promettant, obligeant. Fait et passé à Paris, en l'hôtel dudit seigneur évêque de Meaux, le vingttrois mai mil sept cent, et a signé :

Glignet. Beauvais.

1 1** Arrêts concernant les réparations à faire entre la Marne

et le château de Germigny.

1° Arrêt du conseil d'État (24 avril 1696)*.

Sur la requête présentée au Roi en son conseil par M'^ Jacques- Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, con" de S. M. en ses conseils, ci-devant précepteur de Mgr le Dauphin, contenant que la rivière de Marne ayant ruiné depuis quelques années la douve et bordage du côté du château de Germigny dépendant de l'évêché de Meaux, dans l'étendue de 160 toises, de manière que les chevaux de courbe et de trait n'avaient plus de passage pour remonter les bateaux servant à la voiture du sel et autres marchandises, à moins que d'abattre le mur du jardin dudit château, ce qui aurait porté un grand préjudice audit évêché, le suppliant aurait été obligé de faire faire une digue ou palée de pieux, qui lui a coûté plus de /[ooo**^, au moyen de laquelle ledit chemin est commode et la douve ne pût pas être endommagée; mais que la dite rivière ayant nouvellement ruiné la douve au-dessus de celle qui a été rétablie, dans l'étendue de plus de 80 toises, il serait nécessaire d'y faire une pareille palée ; et d'autant que la réparation faite et à faire n'est pas de la nature des réparations ordinaires dudit évêché, qu'elle ne doit pas par conséquent être à la charge du suppliant, et qu'au contraire elle devrait se faire aux dépens de S. M., étant pour la sûreté de la navigation.

A ces causes requérait le suppHant qu'il plût à S. M. ordonner que, sur les deniers procédant de la vente et adju-

ii° — 1. Archives Nationales, E ôôo", p. S(j^.

dication des bois du dit évêché, du 24 octobre i684, il en sera pris la somme de huit mille livres ou telle autre qui sera jugée nécessaire pour la dépense faite ou à faire poulies dites palées, Vu la d. requête, l'article 7 du titre des routes et marchepieds des rivières de l'ordonnance des Eaux et Forêts de 1669, portant que les propriétaires des héritages aboutissant aux rivières navigables laisseront le long des bords 24 pieds au moins de place en largeur pour chemin royal et trait des chevaux, qu'ils ne pourront tenir clôture plus près que trente pieds du côté que les bateaux se tirent, à peine d'être les contrevenants contraints à réparer et remettre les chemins en état à leurs frais, et ouï le rapport du S' Phelypeaux de Pontchartrain, con^"^ ordinaire au conseil royal, contrôleur général des finances.

S. M. ordonne que la voie de trait de la rivière de Marne sous Germigny sera incessamment vue et visitée par le S' Phelypeaux, conseiller de S. M. en ses conseils et en son conseil d'État, intendant en la généralité de Paris, assisté de Frère Romain^, jacobin, que S. M. a commis et commet à

2. François Rooman, connu en France sous le nom de Frère Romain, était né à Gand en i646 ou en i647, ^* avait fait profession, en qualité de frère convers, au couvent des dominicains de Maëstricht, en 1672. Il avait donné des preuves d'une étonnante habileté dans les travaux d'art, notamment en restaurant un pont sur la Meuse. Sur sa réputation, il fut mandé à Paris en i685, et triompha des difficultés qu'éprouvait l'architecte Gabriel dans la construction du Pont Royal. Il se sig^nala depuis par un g^rand nombre de travaux de ce genre. Louis XIV l'en récompensa en le nommant, par lettres patentes du 11 octobre iÔqS, inspecteur « pour faire les visites et constructions à neuf ou entretènement des ponts, chemins, répations des bâtiments dépendant des domaines de S. M. et autres ouvrages publics dans toute l'étendue de la généralité de Paris » . En ces fonctions, Frère Romain succédait à Libéral Bruand, que ses infirmités en rendaient désormais incapable. Ce religieux mourut au couvent du faubourg Saint-Germain le 7 janvier 1735, âgé d'environ quatre-vingt-neuf ans (Voir, outre le Dictionnaire de Moréri et la Biographie nationale belge, le Mercure de France, février 1785; J.-B. de Saint- Victor, Tableau historique et pittoresque de Paris; l'abbé de Fontenay, Dictionnaire des artistes, Paris, 1776, t. I; Correspondance des contrôleurs généraux, édit. de Boislisle, t. I et III).

cet effet, pour reconnaître l'état auquel elle est, et faire faire un devis estimatif des réparations nécessaires pour la conservation du marchepied, dont ledit S"" Pheh^eaux dressera procès-verbal, pour, icelui vu et rapporté au Conseil avec son avis sur la manière proposée de fournir à la dépense, y être par S. M. pourvu ainsi qu'il appartiendra par raison'. BoucHERAT. De Bealvillier. Pheltpeaux.

A Versailles, le 24 avril 1696.

2° Arrêt du Conseil des Finances^.

Sur la requête présentée au Roi en son conseil ])ar M^*' Jacques Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, conseiller d'État ordinaire, ci-devant précepteur de Monseigneur le Dauphin, premier aumônier de Madame la duchesse de Bourgogne, contenant que, pour l'exécution des arrêts du Conseil des 24 avril 1696 et 2 juillet 1697, ^v^^t requis que par devant le sieur Phelypeaux, conseiller d'État ord"^*^, intendant en la généralité de Paris, il fût procédé au bail au rabais des réparations à faire pour conserver le marchepied de la rivière de Marne sous le château de Germigny dépendant de l'évêché de Meaux, contenues en la visite et au devis de Frère Romain du 20 octobre 1696, nommé par lesdits arrêts, et dont l'estimation monte à la somme de cinq mille huit cent cinquante-sept livres dix sols, depuis laquelle visite, ces mêmes réparations ayant augmenté considérablement par les glaces et les débordements des eaux, qui ont presque entièrement ruiné l'ancien rang de pieux qui devait être réparé, et a achevé d'emporter le reste du terrain où devait être posé le nouveau rang de pieux, cela a donné lieu à une nouvelle visite et un nouveau devis desdites réparations, de l'ordre

3. En exécution de cet arrêt, le Frère Romain dressa un devis le 20 octobre 1696; mais, l'hiver suivant, le mal s'accrut par les glaces et le débordement des eaux. Après une nouvelle visite ordonnée par arrêt du 3 juillet 1697, nouveau devis, évaluant à 8800 livres les réparations nécessaires et au payement desquelles pourvut l'arrêt du Conseil des Finances dont on va lire le texte.

Page 1