Archives Nationales, E 700», f» 36i
DOCUMENTS DIVERS. /igi
du dit sieur Phely peaux par ledit Frère Romain, et dont l'estimation monte à la somme de huit mille huit cents livres, sur quoi ayant été procédé au bail au rabais par devant led. sieur Phelypeaux, l'adjudication en a été par lui iaite le 3 2 décembre 1697 à la somme de huit mille cinq cents livres payable en trois termes à Pierre Le Maire, m** charpentier, qui en est l'adjudicataire, sur les ordonnances dud. sieur Phelypeaux, En l'exécution duquel bail, led. Le Maire ayant travaillé aux dites réparations et demandé le payement de lad® somme à Philippe Chalmeau, bourgeois de la ville de Meaux, dépositaire de la somme de 2635o** procédant de la vente des arbres qui se sont trouvés dans l'alignement des routes des bois de l'évêché de Meaux, sur lesquels le prix dud. bail au rabais doit être pris conformément à l'arrêt dud. conseil du 2 juillet 1697, led. Chalmeau a refusé d'en faire le payement aud. Le Maire, parce que le premier devis estimatif qui est énoncé au dispositif du même arrêt, n'est que de la somme de 5857** '^ ^-j ^^ 4^®» pour la décharge, il est nécessaire d'un nouvel arrêt qui ordonne qu'au lieu de lad. somme de 5867** 10% il en sera pris celle de 85oo** pour prix du bail au rabais fait sur le nouveau devis, ce qui oblige le suppliant de se pourvoir.
A ces causes, requérait qu'il plût à Sa Majesté ordonner que l'arrêt du Conseil du 2 juillet 1697 sera exécuté, et en conséquence que la somme de 85oo**, prix du bail au rabais du deux décembre aud. an des réparations pour conserver le marchepied de la rivière de Marne sous le château de Germigny, fait par devant led. sieur Phelypeaux, sera payé sur ses ordonnances à Pierre Le Maire, adjudicataire, sur les deniers déposés entre les mains de Philippe Chalmeau, provenant de l'adjudication faite le 27 octobre 1693, des arbres qui se sont trouvés dans l'alignement des routes des bois de l'évêché de Meaux, nonobstant la distination et emploi ordonné être fait desdits deniers en rentes sur l'hôtel de ville de Paris au profit dudit évêché, par les lettres patentes du i 7 mai précédent, auxquelles il sera dérogé pour ce regard seulement, moyennant lequel payement led. Chalmeau en
demeurera bien et valablement quitte et déchargé en vertu de l'arrêt qui interviendra. Vu lad. requête, led. arrêt du Conseil du 2 juillet 1697, le nouveau devis et estimation fait par le Frère Romain desdits ouvrages le 24 octobre aud. an, le bail au rabais du 22 décembre ensuivant et autres pièces attachées à lad. requête, ouï le rapport du sieur Chamillart, conseiller ordinaire au conseil royal, contrôleur général des Finances,
Sa Majesté en son Conseil,
ayant égard à lad^ requête, a ordonné et ordonne que led. arrêt du 2 juillet 1697 sera exécuté selon sa forme et teneur, et en conséquence que la somme de 85oo** à laquelle les ouvrages à faire pour conserver le marchepied de la rivière de Marne sous Germigny, contenus au nouveau devis du Frère Romain du 24 octobre ensuivant ont été adjugés par le S"^ Phelypeaux le 2 décembre de lad^ année, sera payée sur ses ordonnances aud. Le Maire par led. Chalmot sur la somme de 26860^ de principal déposée en ses mains, provenant de la vente et adjudication faite le 24 octobre 1698 des arbres qui se sont trouvés dans l'alignement des routes étant dans les bois dépendant de l'évêché de Meaux, nonobstant la destination et emploi ordonné être fait desd. deniers en rentes sur l'hôtel de ville de Paris au proût dud. évêché par lesd. lettres patentes du 17 mai précédent, auxquelles Sa Majesté a dérogé et déroge pour ce regard seulement, moyennant lequel payement led. Chalmot en demeurera bien et valablement quitte et déchargé en vertu du présent arrêt.
Phelypeaux. Chamillart.
A Versailles, le 20*^ jour de juillet 1700.
Au dos :
Ponts et Chaussées. — 20 juillet 1700.
Arrêt sur la requête de M. l'évêque de Meaux, pour ordonner l'exécution de celui du 2 juillet 1697. et on conséquence
que la somme de 85oo** à laquelle les ouvrages à faire pour conserver le marchepied de la rivière de Marne sous Germigny, contenus au nouveau devis du Frère Romain du 24 octobre ensuivant ont été adjugés, sera payée sur les deniers provenant de la vente des bois de l'évêché de Meaux, nonobstant la destination en rentes sur l'hôtel de ville, ainsi qu'il avait été ordonné par led. arrêt pour lesd. ouvrages qui n'avaient été estimés par le premier devis qu'à 5857** 10".
12° Arrêt touchant les chapellenies de la cathédrale de Meaax.
Un arrêt du Parlement, du 5 août 1706, contient des renseignements intéressants sur les débats soulevés, à la fin du xvii^ siècle, entre les chanoines et les grands chapelains de la cathédrale de Meaux*. Nous en extrayons seulement ce qui regarde Bossuet, qui était intervenu, par requête du 17 décembre 1700, dans un procès intenté par le Chapitre à un nommé Pascalis, pourvu, par lettres de provision obtenues en cour de Rome, de la grande chapellenie de Saint-Blave, dans la cathédrale de Meaux.
La Cour , sur l'appel comme d'abus interjeté par lesd.
doyen, chanoines et chapitre de l'Église de Meaux, des signatures et provisions de cour de Rome, de la chapelle de Saint- Blave obtenue par led. Pascalis, dit qu'il y a abus; et en conséquence, ayant égard aux interventions dud. évêque de Meaux et desd. enfants de chœur, musiciens et petits vicaires habitués en lad. église, fait défense aud. Pascalis de se servir desd. provisions, et auxd. chapelains de résigner ni permuter leurs chapelles que de l'avis et consentement dud. évêque de Meaux à l'égard de celles qui sont à sa collation, et de celui du chapitre pour celles qui sont à la nomination dud. chapitre, et à d'autres qu'aux petits vicaires amovibles, enfants de chœur élevés et nourris dans l'église de Meaux, conformément à la bulle ^ de Clément VII.
12° — I, Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du Clergé de France, Paris, 1768, iu-4, t. II, col. 12/^3 et suiv.
2. Du ipavril i524, relative h l'obtention des bénéfices ecclésiastiques. Cf. A/o^num Bu//ar/(/m,, Luxembourg, 17^2, in-fol., 1. 1, p. 653.
/ig/i APPENDICE V.
i3° Éloges de Mme d'Albert.
Les deux pièces suivantes serviront de ^commentaire à Vépitaphe dans laquelle Bossuet (p. 3y2) a sommairement retracé la vie et les vertus de sa pénitente.
A. — A la copie des lettres quelle avait reçues de Bossuet, Mme Cor nuau joignit des extraits de celles que le prélat avait adressées à Mme d'Albert, et elle les fit précéder des lignes suivantes * .
(( Tous les écrits qui suivent sont des extraits de quelques lettres que feu M. l'évêque de Meaux a écrites à feu Mme Henriette Thérèse Angélique d'Albert de Luynes, religieuse de l'abbaye de Jouarre. Elle avait donné elle-même de son vivant ces extraits à la personne qui les transcrit dans ce livre : elle honorait particulièrement cette personne de son amitié et même de sa confiance, et le saint prélat, leur commun père, les avait unies ensemble d'une manière toute spirituelle et très intime, et leur permettait quelquefois ces communications l'une à l'autre.
Mme d'Albert mourut au monastère de Torcy le [3] février -^ 1699 (elle y était venue avec Mme de Luynes, sa sœur, quand elle en fut prieure); elle mourut subitement, mais sa mort ne fut point imprévue, car, quoiqu'elle se portât bien, elle avait eu un pressentiment de faire une revue exacte de sa conscience la veille de la Chandeleur, et elle fit l'honneur de dire en confiance à cette personne, son amie, au sortir de confesse, qu'elle ne savait pas par quel esprit elle avait fait cette revue, dont la pensée ne lui était venue qu'en se confessant, et comment elle avait pu la faire sans embarras à un autre qu'au saint prélat ; mais qu'elle en avait eu un grand mouvement en se confessant, et que Dieu lui avait fait la grâce de faire
i3o — I. Bibliothèque Nationale, fr. 128^2, f" "yiô. Cf. notre tome IV, p. ^o5 et 4o6.