Celui de des Roches
6. François Amable de Monestay, marquis de Ghaserou, brigadier des armées du Roi en 1696, lieutenant g^énéral en 17 10, gouverneur
juin 1699] DE BOSSUET. 5l
l'abbé Bossuet, et qu'il paraîtra que les menaces de M. le cardinal de Bouillon ne sont ni justes ni généreuses ; que ses hauteurs sont à contretemps, et, si on ose ajouter ce mot, un peu petites \
1943. — A M™' DE Maintenon.
M. le marquis de Torcy a été instruit par M. le cardinal de Bouillon des honnêtetés qu'il a faites à l'évêque de Meaux sur le sujet de l'abbé Bossuet. C'est pourquoi on a été obligé de l'instruire de cette affaire, afin qu'il en pût rendre compte à Sa Majesté. Mais on a cru qu'on devait ici* circonstancier davantage les choses, afin qu'il vous plût, Madame, prévenir plus efficacement les mauvais offices.
J. Bénigne, é. de Meaux.
A Meaux, 12 juin 1699.
de Brest. Il se distingua par sa bravoure à Lens, à Steinkerque, à Nerwinde, à Oudenarde, à Malplaquet, etc. Il mourut à Paris le 28 décembre 1719, âgé de soixante et un ans. Il était fils de François de Monestay, lieutenant général de Roussillon, et avait épousé en 1698 Marie-Madeleine Barentin (Le Mercure, décembre 1719, p. 190; Bibliothèque Nationale, Pièces originales et Dossiers bleus).
7. A la suite de la copie du Mémoire par Ledieu, on lit cette note de la même main : « Ce mémoire était pour le Roi, à qui M. de Meaux l'a fait passer par Mme de Maintenon. Il a ajouté ce qui suit pour cette Dame même. » Voir lettre suivante.
Lettre 1943. — Copie de la main de Ledieu. Voir le mémoire précédent.
I. Dans le mémoire précédent, qui était joint ;\ cette lettre.
52 CORRESPONDANCE [juin 1699
ig/j/j. — A Antoine de Egailles.
A Germigny, 12 juin 1699.
Dans la tranquillité où je suis ici, mon cher Seigneur, je me suis souvenu d'un endroit de saint Augustin, qui est cité dans l'ouvrage que vous savez*, mais non pas avec l'exactitude qui est à désirer dans cet ouvrage. C'est celui du chapitre xiv de Correptione et Gratia, après le passage d'Esther etde Mardochée, pour montrer que les volontés humaines ne peuvent pas résister à la volonté de celui qui fait tout ce qui lui plaît, dans le ciel et dans la terre; c'est là qu'il faut insérer ces mots : « Ce qui n'est pas vrai seulement à cause qu'il fait ce qu'il veut de ceux qui n'ont pas fait ce qu'il a voulu : De his qui faciunt quœ non valt, ipse facit quod vult ; mais
Lettre 1944. — Copie Pinchart, ms. 11 45 de la Bibliothèque de Reims.
I. L'opuscule que Bossuet avait composé en faveur de l'archevêque de Paris contre l'auteur du fameux Problème, sous le titre d'Avertissement sur l'édition présente du Nouveau Testament en français avec des réflexions, etc. Cet écrit a été publié par Quesnel : Justification des Réflexions sur le Nouveau Testament... composée en lOgg contre le Problème ecclésiastique, etc., par feu Messire J.-B. Bossuet, Lille, l'^lO, in-i2. On en a mal à propos nié l'autheuticité : elle est mise hors de doute par deux manuscrits delà Bibliothèque Nationale (latin 17680 et 17681). L'un est une copie dont la fidélité est attestée par Ledieu ; l'autre est une copie avec des corrections et additions de la main de Bossuet (Voir Tabaraud, Supplément aux Histoires de Bossuet et de Fénelon, Paris, 1822, in-8 ; Guettée, Essai bibliographique sur l'ouvrage de Bossuet intitulé : Avertissement sur le livre des Réjlexions morales, Paris, i854, in-8; Ledieu, t. IV, p, 333 à 367; Ch. Urbain, Bossuet apologiste du P. Quesnel, dans la Revue du clergé français, du i5 janvier 1901 ; Verlaque, Bibliographie raisonnée des Œuvres de Bossuet, Paris, 1908, in-8).
juiniôgg] DE BOSSUET. 53
encore à cause qu'il tourne où il lui plaît, et comme il lui plaît, les volontés les plus rebelles. Ainsi, ))'^ etc. Voilà tout le plan de saint Augustin sur cette matière.
Au reste, Monseigneur, je goûte avec joie dans ma solitude le plaisir de vous voir appelé de Dieu à soutenir la doctrine de saint Augustin sur la grâce et sur la nécessité d'aimer Dieu d'un amour du moins commencé, pour être véritablement converti et capable d'être justifié. On fait les derniers efforts pour étouffer cette doctrine, sans laquelle il n'y a point de christianisme, sous prétexte de piété et de Tefficace des sacrements. Si la doctrine^ contraire s'établit jusque dans l'épiscopat, comme je vois qu'on y travaille, tout est perdu. C'est à vous qu'il est réservé de détruire cette doctrine : j 'y emploierai sous vos ordres tout ce qui sera jamais en mon pouvoir. Je consacre à cet important ouvrage tout le reste de ma vie.
Tout à vous, avec le respect sincère que vous savez.
J. B., é. de Meaux.
ig/iS. — A Alphonse de Valbelle.
A Germigny, i4juin 1699.
J'ai vérifié dans V errata de M. de Cambrai, Mon-
2. Ces lignes sont une addition autographe écrite en marge du ms. latin 17680, p. 28. Elles figurent à la place indiquée ici dans l'édition donnée par Quesnel.
3. La copie porte : Si cette doctrine. Les éditeurs ont corrigé avec raison.
Lettre 1945. — L. a. s. Collection E. Levesque. Imprimée d'abord
5d CORRESPONDANCE [juin 1699
seigneur, qu'en effet il a corrigé porter au lieu de parler. Ainsi il fallait suivre cette correction dans la version. Les libraires, qui l'ont fait faire assez précipitamment, par l'avidité de contenter le public curieux, ou plutôt par celle du gain, n'y ont pas pris garde de si près. Ce que gagne M. de Cambrai à ce défaut de la version, c'est que sa proposition est condamnée avec l'adoucissement qu'il y a voulu apporter, et que la condamnation en est plus précise.
On me mande que votre procès-verbal réussit fort bien à Paris*. Cette impression était nécessaire contre les bruits qu'avaient répandus les amis de M. de Cambrai, qui, en vous faisant emporté, vous donnèrent un caractère tout opposé au vôtre et à celui que vous avez montré en particulier dans cette affaire.
A vous, Monseigneur, avec respect.
J. Bénigne, é. de Meaux.
Mgr de Saint-Omer.
1946. a m. de torcy.
Monsieur, Puisque vous avez bien voulu que les honnêtetés de M. le cardinal de Bouillon et la réponse que je
par Labouderie dans les Mémoires publiés par la Société des Bibliophiles français, et reproduite dans la Correspondance de Fénelon, t. X, p. 595.
I. Voirie contraire dans Saint-Simon, t. VI, p. 167-160, et plus haut, p. 29.
Lettre 1946. — L. a. s. Affaires étrangères, /?omc, t. 895, f° Sao. Inédite.
juin 1699] DE BOSSUET. 55
lui ai faite aient passé par vos mains, je vous supplie encore de vouloir bien encore être informé quelles en ont été les suites. Elles vous paraîtront par cet ordre* du même cardinal envoyé à l'abbé Bossuet par M. Poussin, secrétaire de l'ambassade, dont je vous supplie de rendre compte au Roi aussi bien que du mémoire que je prends la liberté d'y ajouter^. Mon neveu, qui doit être parti à présent de Rome, sera bientôt en état d'éclaircir tout ce qui regarde sa conduite. Mais, comme nous aurions une peine extrême qu'elle restât un moment douteuse, j'ose vous demander la grâce de l'exposer en mon nom avec un profond respect à S. M.
Je suis très respectueusement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
J. Bénigne, é. de Meaux.
A Germigny, 16 juin 1699.
Au bas : M. le Marquis de Torcy.
1946625.— Mémoire sur le sujet de l'abbé Bossuet.
Le vendredi au soir, 22 mai, cet abbé reçut de M. Phelipeaux, un de mes grands vicaires qui esta Rome avec lui, le billet, joint à ce mémoireS qui lui fut dicté par M. Poussin, secrétaire de l'ambassade