On le trouvera à la suite de cette lettre
Lettre 1946 bis. — Affaires étrangères, Rome, t 895, f» 287 Inédit.
i. Nous l'avons donné plus haut, p. a a.
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de Rome, à la réserve de ces mots qui sont soulignés : sans son ordre, qui sont écrits de la main de M. Poussin lui-même.
Pour se remettre dans le fait, Monsieur le Marquis de Torcy est supplié de se souvenir que le sujet original deldi plainte de Monsieur le cardinal de Bouillon contre l'abbé Bossuet était que cet abbé avait dépêché un courrier exprès pour nous apporter, à M. de Paris et à moi, la constitution apostolique contre le livre de M. de Cambrai. M. le cardinal de Bouillon y ajouta la circonstance que ce courrier, qui était M. de Madot, avait promis de devancer celui que ce cardinal dépêchait au Roi : chose impossible même à penser, puisque le courrier dépêché au Roi avait quinze heures d'avance, et que l'abbé Bossuet ne songeait qu'à nous avertir de bonne heure, sans imaginer seulement ces préférences. Cependant, sur ce seul prétexte, M. le cardinal de Bouillon, qui peut-être ne souhaitait pas que nous fussions si bien avertis, témoigna tant d'indignation du départ de M. de Madot, que ses amis répandaient à Rome de grandes menaces, et même contre la vie de ce gentilhomme, et l'ordre que porta M. Poussin à l'abbé Bossuet montre qu'elles n'étaient pas vaines.
Sans raisonner sur la hauteur d'un ordre si menaçant donné sous le nom de conseil, on dira, avec le respect qui est dû à M. le cardinal de Bouillon, qu'avant que d'envoyer à l'abbé Bossuet par un secrétaire d'ambassade en présence de douze ou quinze personnes, parmi lesquelles était M. le duc de Barwick, un ordre si éclatant, dont tout Rome a
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retenti, il devait prendre le temps de savoir s'il était vrai qu'il logeât chez lui ce gentilhomme^; il eût aisément appris qu'il n'y avait pas seulement songé, puisque même M. Phelipeaux le déclare dans son billet. Ainsi il aurait pu se dispenser, après toutes ses honnêtetés, de mettre en jeu l'abbé Bossuet, qui ne songeait à rien qui lui pût déplaire, et cependant faire savoir à celui qui lui déplaisait ce qu'il trouverait à propos. Au reste, s'il lui eût donné quelque ordre comme ministre du Roi, il aurait obéi à l'aveugle. Mais, ne l'ayant pas voulu faire, ce gentilhomme a pris à Rome trois ou quatre jours qui lui étaient nécessaires pour achever les affaires dont il était chargé, et il s'est aussitôt rendu à Florence aux ordres de M. le Grand duc, auquel il s'est donné dans la ruine de sa fortune et le désespoir où il était de recouvrer les bonnes grâces de son Roi à cause de la malheureuse affaire qu'on a fait passer pour un duel : de quoi néanmoins il ne perdra jamais le désir.
Au reste, on ne prétend point faire aucune plainte de M. le cardinal de Bouillon, mais expliquer seulement la conduite de l'abbé Bossuet et d'un malheureux gentilhomme qui n'est persécuté que pour nous avoir apporté des instructions nécessaires. Ce n'est point par curiosité que nous les avons désirées. Durant le jugement de l'affaire, il a été souvent utile que nous sussions ce qui se passait, pour prévenir les difficultés qu'on formait à chaque pas, et après
2. On lit en marge, de la main de Bossuet : « N^ qu'il n'y a jamais logé et avait un logement arrêté ailleurs. »
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le jugement même, il n'était pas moins à propos^ que nous fussions bien informés, autant qu'il était possible, de toutes les di:<positions de la cour de Rome, si nécessaires pour déterminer ce qui restait à faire en exécution: ainsi l'abbé Bossuet ne pouvait se dispenser de nous avertir, et il semble que M. le cardinal de Bouillon n'en devait pas témoigner tant de déplaisir.
1947. — Jean Phelipeaux a Bossuet.
A Rome, ce 16 juin 1699.
Le procès-verbal de l'assemblée provinciale de Paris est également plein de sagesse et de science ecclésiastique : on y donne à Rome tout ce qui lui convient, et on conserve avec force et avec gravité l'honneur de l'épiscopat et les libertés fondamentales de l'Église de France. On sent bien l'esprit qui a gouverné cette assemblée*. Par là, M. de Cambrai, aussi bien que ses adhérents, demeurent sans ressource ; l'erreur est bien notifiée à tout le monde chrétien, et rien n'est plus éclatant que la condamnation de son livre.
On a déféré à l'Inquisition le Post-scriptum^, contenant des remarques sur le bref, et la Solution du problème ecclé-
3. Les mots à propos ont été écrits par Bossuet pour remplacer nécessaire.
Lettre 1947. — L. a. s. Collection H. de Rothschild. — i. Celui de Bossuet.
2. Post-scriptum de la deuxième Lettre d'un théologien à Mgrl'évêque de Meaux, avec des remarques sur le nouveau bref de Sa'Sainteté. Après avoir transcrit dans sa Relation (t. II, p. 382 et suiv.)ce factura indiquant les motifs pour lesquels pouvait être éludé le jugement porté contre Fénelon, Phelipeaux ajoute : « Personne ne djuta ît Rome que le cardinal de Bouillon et le P. Charonier n'eussent envové ce mémoire à leur gazetier d'Hollande. » Ce factum est du P. Gerberon, qui s'en est reconnu auteur, devant l'official de Malines, en 1708; il est dans l'esprit des lettres écrites par ce religieux à Fénelon, qui se garda de répondre à ses avances (^Correspondance de Fénelon, t. X,
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siastique^.Jc ne doute nullement que l'un et l'autre ouvrage ne reçoive bientôt la flétrissure qu'il mérite.
Le curé de Seurre pourra bien, dans la suite, donner un spectacle à Rome ^ ; et cette cour demeurera persuadée de la justice du procédé des trois évêques, et de la nécessité où ils étaient de s'élever contre celte secte, si répandue et si dangereuse.
On parle diversement de l'audience que M. le cardinal prétend avoir eue du Pape le jeudi après la congrégation du Saint Oiïice, tenue devant le Pape.
On attend incessamment M. de Monaco: il est temps qu'il arrive et que nous partions.
Je suis avec un profond respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Phelipeaux.
1948. — L'Abbé Bossuet a son Ongle.
Rome, ce 16^ juin 1699.
J'ai reçu ici la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire de Versailles, le 25 mai.
Me voici encore à Rome, bien malgré moi. Je viens de passer huit jours fort mal à mon aise, à cause de deux petits boutons de feu qui me sont venus au-dessous des mamelles, qui m'ont lait cruellement soufl'rir ' . Ils ne m'ont pas empêché
p. 487 ; t. XI, p. l\S et 5o). Quesnel expliquait l'attitude de Gerberon par la rancune que ce bénédictin avait depuis longtemps contre Bossuet (Voir p. 82).
3. Solution de divers problèmes très importants pour la paix de l'Eglise. Cologne, 1699, in-12. C'est un écrit (de Gerberon) où le Problème est attribué aux jésuites, et où il est dit que le jansénisme est un fantôme.
4. Le curé de Seurre'avait été ramené à Rome le 1 4 juin (Affaires étrangères, Rome, t. 896, f° 56). Phelipeaux augure qu'il donnera le même spectacle que le P. Bénigne (Cf. t. X, p. 87, 3i3, 3i8 et 332).
Lettre 1948. — L. a. n. s. Archives départementales, à Melun. I. A cette occasion, l'abbé reçut la visite de Maille (Affaires étrangères, Rome, t. SgO, f° 56).
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de me traîner chez les cardinaux et chez le Pape ; Dieu merci, il n'v a pas eu de fièvre, etdepuis hier l'inflammation est cessée, et la douleur.
On reçut enfin, samedi i3% nouvelle sùrequeM. de Monaco était arrivé le 10^ à Gênes ; cela étant, on l'attend d'heure en heure. M. le cardinal de Bouillon et Mme des Ursins ont envoyé leurs carrosses au-devant de lui à Civita-Vecchia. On ne doute pas qu'il n'arrive cette semaine ; enfin il peut arriver à tout moment. Tout veut que je l'attende ; mais, aussitôt que je l'aurai vu, je pars sans aucun retardement.
Comme je compte qu'il sera ici jeudi, je fais état de partir samedi prochain, pour être à Florence pour la (ete de la Saint-Jean, où on fait des choses merveilleuses.
J'ai reçu trois imprimés des procès-verbaux ^, qui m'ont été adressés par M. Ledieu. Hors M. le cardinal de Bouillon, qui en a reçu, et M. le cardinal Spada, personne n'en a ici. Je crois pouvoir vous assurer que cette cour ne sera rien moins que contente du personnage qu'y font les évêques ; mais je suis le plus trompé du monde si elle ose en rien témoigner, au moins publiquement. Ayant su que le cardinal Spada l'avait envoyé de la part du Pape au cardinal Casanate, j'allai hier chez le cardinal Casanate, pour voir ce qu'il m'en dirait. 11 l'avait lu et renvoyé au cardinal Spada, avec quelques notes sur les endroits qui lui paraissaient les plus délicats. Généralement cette cour sent le coup, et voit réduit en pratique le nisi Ecclesiœ consensus accesserit.
Le cardinal Casanate me dit franchement qu'il avait cru que les évêques ne parleraient pas si fortement, et che il negozio andarebbe piu piano ^ ; c'est-à-dire qu'on ne dirait rien qui pût faire de la peine à cette cour. Je le fis entrer dans le particulier et dans ce qu'il pouvait trouver ; il ne me sut dire que deux endroits : l'un, où l'on dit que « les évêques ne doivent point être réputés simples exécuteurs des jugements des papes » ; et l'autre, page suivante, où il est dit des décrets