‹ Correspondance de BossuetChapitre 21 sur 192 · Que l'affaire marcherait plus doucement · texte numérisé non relu

Que l'affaire marcherait plus doucement

juin iG()9j DE BOSSUET. 6l

des papes, « lesquels, suivis du consentement de toute l'Église, ont entièrement fini les questions. » Par où, dit-il, on semble rappeler le IV^ article de l'assemblée de 82 : Nisi Ecclesiœ consensus accesserit.

11 ne me fut pas ditïicile de justifier ces deux endroits, comme l'esprit de tout le procès-verbal ; et, après avoir établi que les évêques, hors des conciles généraux et dans les conciles généraux, étaient véritables juges des matières de foi, il ne put pas raisonnablement disconvenir de la conséquence, qu'ils ne doivent pas être réputés simples exécuteurs, etc. Mais il n'eut rien à me répondre, quand je lui fis voir que l'on ne recevrait pas avec plus de soumission et de respect, et d'une autre manière, un décret d'un concile général convoqué par le Pape, où le Pape aurait présidé et auquel l'Église de France n'aurait pas assisté ; qu'en ce cas, l'acceptalion de l'Église de France serait nécessaire, et qu'en ce cas, les évêques de France seraient également juges de la foi et de la conformité des décrets avec la tradition que s'ils prononçaient dans le concile.

Quant au consentement de l'Église qui, sans concile général, finissait les affaires, que c'était un fait rapporté, appuyé sur des exemples fameux, comme celui de l'hérésie* de Pelage, quand saint Augustin dit : Causa finita est'' ; et nouvellement celui de l'affaire de Jansénius^. Qu'enfin les évêques de France n'avaient fait que suivre pied à pied la conduite et les paroles de leurs prédécesseurs.

Il convint avec moi du droit des évêques de juger en première instance. Mais ce qui fait de la peine ici, c'est déjuger^

A. Gomme celui de la condamnation de l'hérésie.

5. Sermo CXXX, 10 [P. L., t. XXXVIII, col. 784]. « De hac causa {l'affaire du pélagianisme) duo concilia missa sunt ad Sedem apostolicam : inde etiam rescripta vénérant : causa finita est. Utinam aliquando finiatur error ! » On a résumé le sens de cette phrase dans la formule courante : Roma locuta est, causa finita est.

6. Ces derniers mots ont été omis dans l'édition Deforis, et raturés sur l'autographe.

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