I. Ms. : pour, par distraction
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des courriers extraordinaires, et depuis, par l'ordinaire, celle du 23. Selon celle du 29, vous devez être parti le lendemain. M. de Monaco n'avait pas encore reçu ma lettre que vous lui avez rendue. II promettait d'agir pour votre induit le plus efficacement qu'il lui serait possible ^ et parlait très obligeamment pour vous à M. le marquis de Torcy.
Je me réjouis avec vous du plaisir que vous aurez eu d'embrasser M. le comte de Brionne^, qui vous aura procuré une bonne réception dans la cour de Turin. Je n'en puis point douter, après la manière obligeante dont Mme la duchesse de Bourgogne a bien voulu écrire de vous et de moi. Cette princesse est toujours la merveille et les délices de la Cour: elle croît sensiblement, et on est ravi de la voir.
Je pars demain pour Meaux, oij quelques affaires m'appellent.
J'embrasse M. Phelipeaux.
2. Les instances de M. de Monaco ne purent obtenir du Pape la faveur désirée par l'abbé Bossuet, et le Saint Père opposa le même refus à une demande semblable de l'abbé d'Estrées (Affaires étrangères, Rome, t. 898, f° lo, /i août 1699).
3. Henri de Lorraine-Harcourt, comte de Brionne, était né le i5 novembre 1661, de Louis de Lorraine, comte d'Armagnac et de Catherine deNeufville de Villeroy. C'était le premier danseur de son temps, « assez honnête homme, mais si court et si plat, dit Saint- Simon, que rien n'était au-dessous». Il fut grand écuyer en survivance, et épousa Marie-Madeleine d'Epinay. Il mourut le 3 avril 1712. Il avait été chargé d'aller l'ecevoir la future duchesse de Bourgogne, lorsqu'elle arriva de Savoie en France. Son frère, François -Armand de Lorraine, qui fut plus tard évêque de Bayeux, possédait, entre autres abbayes, celle de Saint-Faron de Meaux (Saint-Simon, t. III, p. i56, 269 à 271 ; t. XXIII, p. 20 et 21 ; etc.).
76 CORRESPONDANCE [juillet 1699
1958. — L'Abbé Bossuet a son Oncle.
Modène, mardi i4 juillet 1699.
Je partis, comme vous l'avez vu par ma lettre du 9 de ce mois, de Florence la nuit du même jour que je passai les montagnes très fâcheuses de l'Apennin, qui durent près de trente lieues jusqu'à Bologne, où j'arrivai le lendemain 10, à midi. Je suis resté le samedi et le dimanche à Bologne, où j'ai vu les deux cardinaux qui y résident, que je n'avais pas vus à Rome. L'un est le cardinal Buoncompagno*, archevêque, et l'autre le cardinal Dada, légat. Le premier est un très excellent évêque et très bon homme, et l'autre, un très habile homme, et qui a beaucoup d'esprit, très informé de tout ce qui se passe partout. Il me donna le dimanche un dîner magnifique, et les deux cardinaux m'ont fait toutes les amitiés et tous les honneurs imaginables. M. le cardinal Buoncompagno voulait absolument me loger chez lui. Je me suis tiré de tous ses compliments en partant de Bologne hier lundi, à la pointe du jour.
Je suis arrivé ici en trois heures. J'y ai trouvé cette cour. J'ai vu l'après-dînée Mme la duchesse de Brunswick-, qui m'a fait mille et mille honnêtetés, et dont j'ai reçu tous les bons traitements imaginables. Mme la Princesse avait eu la bonté de lui écrire en particulier sur mon chapitre ; et cette prin cesse est pleine pour vous de tous les sentiments d'estime et d'amitié que vous pouvez désirer, aussi bien que M. le duc
Lettre 1958. — L. a. n. s. Archives départementales, à Melun.
I. Giacomo Buoncompagno, né à Bologne le 19 mars i653, fut, après la mort de son frère François, archevêque de cette ville ; et Innocent XII le créa cardinal en lôgS, Il mourut en 1781. — Ferdinand d'Adda, né à Milan le 2D août i65o, fut cardinal en 1690, après avoir été nonce en Angleterre. Il fut évêque d'Albano du 21 janvier 1716 jusqu'à sa mort, qui arriva le 27 janvier 1719.
a. C'est la même que Bossuet appelait Mme de Hanovre. Voir plus haut, p. 19.
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de Modène, qui, quoique incommodé, voulut me faire l'honneur de me voir, et me dit sur vous tout ce que l'on peut dire, et me chargea de vous assurer des témoignages de son estime et de son amitié. Je crois que vous ne pouvez vous dispenser, ou de lui écrire sur cela, ou dans la lettre qu'il faut, s'il vous plaît, que vous écriviez à Mme la duchesse de Brunswick, faire un article particulier sur les témoignages de bonté de ce prince à votre égard et au mien. Je ne sais s'il y aurait quelque difficulté pour le traitement des évêques à Mme de Brunswick^ : je ne crois pas qu'il y en doive avoir, eiV Altesse y va sans difficulté, les électeurs ayant un rang distingué des autres princes, même souverains, jusqu'à avoir la préséance sur M. le duc de Savoie, qui leur a cédé.
Je voulais partir la nuit passée pour Ferrare et Venise, mais Mmes les duchesses de Brunswick et de Modène m'ont retenu encore aujourd'hui, pour me faire voir la maison de campagne de M. le duc*, qui est fort belle, et me faire entendre quelque musique ce soir ; après quoi, je pars dans le moment pour poursuivre mon chemin.
Si le temps reste couvert demain, comme il l'est aujourd'hui, et qu'en arrivant demain à la pointe du jour à Ferrare, je puisse voir le cardinal Astalli ^, légat, et le cardinal Paolucci, archevêque, j'arriverai demain au soir bien près de Venise, quoiqu'il y ait plus de cent milles d'ici ; mais [c'est] le plus beau chemin du monde. J'y serai après-demain au plus tard. Je ne resterai à Venise que le moins qu'il me sera possible ; et j'espère en pouvoir repartir lundi ou mardi 21% pour m'acheminer vers Milan par Padoue, Vérone, Mantoue, Parme, Plaisance et Pavie. Je ne m'arrêterai partout que