Sur le titre que les éyêques doivent lui donner
4. Elle était située à Sassuolo, à quinze kilomètres sud-ouest de Modène. Cette belle maison de plaisa ice est maintenant une propriété privée (Ernesto Maranesi, La provincia di Modena descritta nella sua orograjia, etc., Modena, 1881, in-12, p. 79).
5. Fulvio Astalli, né à Rome le 2^ juin i655, fut clerc de chambre du Pape, cardinal en 1686, léguât de Ferrare, évéque de Sabine en 1714, puis d'Ostie en 1719, et mourut doyen du sacré Collège le i4 janvier 1721.
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quelques heures, voulant arriver à Turin avant, s'il est possible, que le duc en parte ^. J'espère recevoir de vos nouvelles à Venise, et je vous écrirai de là.
On me fait espérer que cette lettre, qui doit partir d'ici après-demain, arrivera à bon port. Je n'écris pas à mon frère. Je vous prie de lui faire part de cette lettre. Je me porte bien, Dieu merci ; M. Phelipeaux aussi, à un rhumatisme près, qu'il prit dans un nuage en passant l'Apennin. Je le console par le plaisir d'avoir passé au travers les nuages, et d'aller vite comme le vent et de braver toutes les chaleurs d'Italie '.
1959. — DoM Gerberon a Bossuet.
Monseigneur, quoique M. de Cambrai semble s'être con-
6. De Turin, l'abbé se rendit à Gênes, d'où il s'embarqua pour Toulon et Marseille. Dans cette dernière ville, il dut recevoir l'bospitalité au palais épiscopal. Phelipeaux se sépara de lui pour aller voir l'évêque de Montpellier (Ms. d'Avig^non, 1^35, f** 116). L'abbé Bossuet rentra à Paris au milieu de septembre, et son oncle le présenta ail Roi à Fontainebleau (Gazette de Leyde, 24 septembre 1699).
7. Phelipeaux trouva qu'on reconnaissait mal les services qu'il avait rendus. « On n'a pas tenu g^rand compte à M. le Trésorier de Meaux de toutes les peines qu'il a prises dans l'affaire de Cambrai. Il ne serait pas d'humeur à faire un second voyage pour un pareil sujet » (Mabillon à D. Guillaume Laparre, 21 décembre 1699, lettre communiquée par Dom Dubourg. Cf. tome XI, p. 2/^2). On a vu (t. XI, p. 269) que Bossuet avait voulu, mais sans succès, lui faire donner un prieuré. Un autre auxiliaire, Maille, se plaignit aussi de l'attitude de l'ambassadeur, qui pourtant avait montré à son endroit d'autres dispositions à l'abbé Bossuet. « Voilà, écrivait-il, la récompense de tant de peines et de fatigues qu'il s'est données dans l'affaire de Cambrai : il a failli plusieurs fois de se ruiner à Rome pour le service du Roi. Il est fort tenté de se tenir en repos et de cancre sibi et musis » (Affaires étrangères, Rome, t. 896, f°^ 179 et 19^).
Lettre 1959. — Imprimée en tête de la Lettre d'un théologien à Monseigneur l'évêque de Meaux, auquel l'on démontre que M. de Cambrai n'a point tenu les erreurs et les fausses maximes qu'on lui a imputées, et que ce n'est point au sens de ce prélat qu'on a condamné son livre et les vingt-trois propositions qui en ont été tirées, s. 1., 1699, ^"-8- —
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damné lui-même à un silence perpétuel, en déclarant qu'il ne veut pas qu'il soit parlé de lui davantage, et qu'il abandonne sa propre défense, vous ne devez pas vous persuader que tout le monde soit insensible à l'oppression que la vérité et la justice soufTrent en sa personne. 11 est rare qu'on s'intéresse pour ceux qui renoncent à leur propre droit par faiblesse plutôt que par impuissance, et par je ne sais quelle soumisîsion dont on ne leur fait point une vertu. 11 s'en trouve néan-
Gabriel Gerberon, né à Saint-Calais, dans le Maine, le I3 août 1628, entra chez les bént^dictins de la Congrrégation de Saint-Maur, prit l'habit à Rennes, à l'âge de ving^t ans, et se fit bientôt une situation importante parmi ses confrères. Mais la sympathie ouverte qu'il témoig^na au jansénisme le fit envoyer de monastère en monastère : il était à Corbie en 1676, lorsque, pour échapper à la police, il passa à Bruxelles, puis en Hollande, où il se fit naturaliser bourgeois de Rotterdam sous le nom d'Augustin Kergré, ou Kerkré. Revenu à Bruxelles en 1690, pendant la guerre de la France contre la Hollande, il continua à soutenir le jansénisme par ses écrits. Il fut arrêté le 3o mai 1708, le même jour que Quesnel, et l'archevêque de Malines lui fi» son procès. Réclamé par Louis XIV, il fut ramené en France en 1707, et emprisonné à Amiens, puisa Vincennes. Le 18 avril 17 10, il souscrivit une rétractation qu'il désavoua plus tard, mais grâce à laquelle il fut rendu à ses confrères de Saint-Germain-des-Prés. Il mourut dans l'abbaye de Saint-Denis, le 29 mars 171 1, dans sa quatre-vingt-troisième année. D. Gerberon avait beaucoup de talent, mais les chefs du jansénisme eux-mêmes le trouvaient trop vif et inconsidéré. Il a publié des éditions de saint Anselme et de Baius, et traduit en français les Avertissements salutaires de la B. Vierge Marie à ses dévots indiscrets, Lille, 167/i, in-8. De plus, il a composé un grand nombre d'ouvrages anonymes ou pseudonymes, dont la plupart roulent sur les matières disputées de son temps et sont oubliés aujourd'hui. Citons seulement VHistoire de la robe sans couture de N.-S. J.-C, qui est vénérée dans Véglise... d'Argenteuil, Paris, 1677, in-12, et VHistoire générale du jansénisme, Amsterdam, 1700, 3 vol. in-8 (Voir Ledieu, t. III, p. /Jg et 68; la Correspondance de Fénelon, t. IX, p. i/i5 ; t. X, p. 487 ; t. XI, p. 48 à 55 ; Processus offîcii fiscalis curise Mechliniensis contra D. Gab. Gerberon, Bruxelles, s. d., in-4; D. Robert Racine, Nécrologe de l'abbaye de Saint-Denis, Mazarine, ms. 8875, p. 767 et suiv. ; D. Tassin, Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur ; Hauréau, Histoire littéraire du Maine ; la Biographie nationale belge ; H. Wilhelm, Nouveau supplément à l'histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur ; art. de M. Bachelet dans le Dictionnaire de théologie catholique de Vacant).
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moins qui, n'envisageant pas tant M. de Cambrai que le sujet pour lequel il semble que l'on a résolu sa perte et les manières avec lesquelles vous le poursuivez, se sentent obligés de faire connaître la pureté de ses sentiments et la mauvaise foi de ceux qui lui imposent des maximes contraires à la véritable piété.
Il vient de paraître un Traité historique^ qui, les retours sur la Religion P. R. et les manières outrées mises à part, raisonne assez juste sur la conduite que l'on tient à l'égard de cet archevêque et sur la théologie mystique de M. de Meaux, qui, malgré toutes ses fuites, ne lui paraît pas moins quiétisteni moins condamnable que M. de Cambrai. Mais, comme l'auteur est un protestant déclaré, vous vous ferez une gloire d'être attaqué par un ennemi de la communion romaine, et bien des gens mépriseront ses plaintes et ses réflexions, sans examiner si elles sont de bon sens.
Que si un protestant même a été touché de la disgrâce de ce prélat, en qui il reconnaît beaucoup de mérite, et s'il a cru se devoir élever contre les entreprises du parti que vous avez formé contre votre confrère, il ne sera pas dit que, parmi les théologiens de notre communion, il ne se trouve personne qui se récrie contre une injustice si publique et si manifeste, et qui parle pour l'innocence et pour la vérité. Ne pensez pas que les catholiques qui ont de l'amour et du zèle pour l'Eglise, laissent passer les assemblées de Nosseigneurs sans faire remarquer la lâcheté et l'iniquité de celles où l'esprit de cour préside plus que celui de Jésus-Christ. La mort n'a pas encore enlevé tous ceux qui savent que les délibérations que vous prenez pour modèles des vôtres ^, seront éternellement la honte du clergé de France ; et si vos adorateurs dissimulent ce qu'ils en pensent, il y en aura sans doute qui ne souffriront pas que vos assemblées autorisent des délibérations
I. Traité historique contenant le jugement d'un protestant sur la théologie mystique, sur le quiétisme et sur les démêlés de l'évêque de Meaux
avec l'archevêque de Cambrai avec le Problème ecclésiastique contre
l'archeoêque de Paris (par Jurieu), s. 1., 1699, in-ia.
a. Celles de l'assemblée du clergé de i654 sur Jansénius.
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faites contre toutes les formes, que les évêques les plus apostoliques ^ ont méprisées et traitées de tyranniques,et qui n'ont été appuyées que sur des impostures et sur des calomnies reconnues et avouées.
En attendant, on a cru devoir justifier la personne de M. de Cambrai et ses véritables sentiments, suivant l'intention de Sa Sainteté même et selon les termes de son bref. Qu'il proteste tant qu'il lui plaira qu'il se soumet sans explication ni restriction à la censure de son livre, comme contenant vingttrois propositions que l'on a jugées respectivement téméraires, scandaleuses, pernicieuses et erronées, il ne peut pas avouer contre sa conscience qu'il ait tenu aucune des erreurs qu'on lui a imputées, comme il l'a déclaré très positivement en l'assemblée de sa province, et Sa Sainteté a assez marqué qu'elle n'avait point censuré ces propositions au sens de l'auteur, quand elle a dit qu'elle les condamnait au sens que les termes présentent d'abord, in sensu obvio, sans avoir donné la moindre atteinte aux autres livres et écrits où M. de Cambrai s'est expliqué et qu'il a envoyés au Pape, qui n'aurait pas manqué de les envelopper dans la même censure, si le sens de cet archevêque y avait été condamné. Quand mêirie les dernières violences, dont on dit qu'on le menace, lui feraient confesser ce que sa conscience ne lui permet pas d'avouer, cette confession devrait être regardée comme une faiblesse à laquelle de grands hommes ont été sujets, si l'on en croit ce qui est rapporté dans les Baiana'^, où l'on voit qu'un primat d'Espagne et un des plus habiles théologiens de son siècle ont été contraints, pour donner quelque chose aux puissances, de révoquer des erreurs qu'ils n'avaient jamais tenues^.
3. Messieurs d'A.let et d'Angers (Note de Gerheron). Allusion aux assemblées tenues contre le jansénisme.
4 . Baiana, seu Michaelis Bail operum secunda pars, complectens scripta quœ controversias spectant occasione sententiarum M . Baiiexortas,p. 162- 206 et 207, à la suite des Michaelis Baii opéra... studio A. P. iheologi (Gerberon)^ Cologne, 1696, in-4.
5. Gerberon veut parler de Baius et de Barthélémy Carranza, dominicain, archevêque de Tolède. Cf. Varillas, Histoire des révolu^
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Vous direz sans doute que c'est revenir aux anciennes chicaneries du fait et du droit. Oui, Monseigneur, on y revient, et Sa Sainteté même a marqué cette voie. Mais, quoi que vous puissiez dire, cette distinction n'est point une chicane ; c'est un retranchement contre l'erreur et l'iniquité, si juste et si invincible que des évêques et des docteurs qui ont été la gloire de votre ordre et de l'Eglise de France, y tenant ferme, en ont soutenu vigoureusement les droits et la liberté, et ont fait triompher la vérité par la paix que le Pape et Sa Majesté très chrétienne rendirent à l'Église en Tannée 1668.
Pour désabuser donc ceux à qui on aurait pu faire accroire que M. de Cambrai a tenu et soutenu les erreurs qui ont été condamnées, quelqu'un a entrepris de montrer qu'encore qu'elles se trouvent dans son livre, elles ont été censurées dans un tout autre sens qu'en celui de cet archevêque. Je n'ai pu manquer à vous faire part de cet écrit, afin que vous reconnaissiez de bonne foi que la censure du livre de M. de Cambrai ne tombe pas sur ses sentiments, et que l'on demeure persuadé par votre aveu qu'il n'est pas plus quiétiste que vous^.
Je suis. Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
A Bois-Franc, le 16 juillet 1699.
lions arrivées en matière de religion, Paris, 1 686-1 689, 6 vol. in-4, t. V, Avertissement j Quétif et Échard, Scriptores Ordinis Prxdicatorum, t. II.
6. Les jansénistes s'étonnèrent de l'attitude prise en cette circonstance par Gerberon. « Vous demandez de quoi s'avise M. Kerkré, de prendre la défense du pur amour de M. de Cambrai. Ne le connaissezvous pas?... Est-ce d'aujourd'hui que vous savez que c'est un esprit outré et qui ne g'arde aucune mesure? Il y a longftemps que D. Gerberon a une dent de lait contre M. de Meaux, et je crois que c'est par antipathie contre ce prélat qu'il a pris des sentiments favorables et conformes à ceux de M. de Cambrai » (Quesnel à du Vaucel, 27 janvier et 20 février 1700, Correspondance, t. II, p. 78 et 82).
juillet 1699] DE BOSSUET. 83
i960. — A Denis Dodart.
A Germigny, 19 juillel 1699.
Je VOUS suis obligé, Monsieur, de votre lettre du i3, queje n'ai reçue qu'avanl-hier ; elle me dirigera
Lettre i960. — L. a. s. Bibliothèque de Troyes, ms. 224o. Publiée d'abord sur une copie de M. Floquet par M. A. Gasté, Lettres et pièces inédites, Caen, 1898, in-8, p. 87. Cf. E. Griselle, Bossuet, abbé de Saint-Lucien, p. Sg-ZiS. — Denis Dodart naquit en i634, probablement à Glatiçny-sur-Bray, de Jean Dodart, bourgeois de Paris, et de Marie du Bos, fille d'un avocat. Après de brillantes éludes, il fut reçu docteur en nK'derine le i3 octobre 1660, et devint médecin de la duchesse de Longueville, du prince et de la princesse de Gonti douairière et de la princesse de Conti, fille de Mlle de La Val- Hère. 11 donna aussi ses soins à Racine, à Boileau, à Bossuet, etc., sans parler des pauvres, à qui il se dévouait avec une charité égale à sa science. Son attachement h Port-Royal déplaisait au Roi ; mais, dit Saint-Simon, il se conduisit avec tant de prudence que Louis XI\ ne trouva point de prétexte pour satisfaire l'envie qu'il eut toujours de le chasser de la Cour. Dodart entra à l'Académie des Sciences en 1678, et s'appliqua ;\ l'étude des plantes, des Fondements de la musique et de la transpiration. On a de lui : Mémoires pour servir à l'histoire des plantes, Paris, 1676, in-fol.; Mémoire sur les causes de la voix de l'homme et de ses différents tons (anonyme), s. 1., 1708, in-4 ; Medicina statica gallica publiée par Noguez à la suite de la Statica medicina de Sanctorius, Paris, 1725, 2 vol. in-12. Dodart mourut le 5 novembre 1707 et fut inhumé à Saint-Germain l'Auxerrois. Il avait épousé Marie Bouliird, fille d'un président au présidial de Clermonten-Beauvaisis, puis Marie Lucienne Le Picard, qu'il perdit le 3o janvier 1675. Du premier lit, il eut un fils, Claude Jean-Baptiste, qui fut médecin de Louis XV, et une fille, Marie Angélique. Celle-ci fut mariée en 1708 h Guillaume Homberg, docteur de Wittemberg, médecin de Philippe d'Orléans et pensionnaire de l'Académie des Sciences (Voir les Lettres de Guy Patin, édit. Réveillé-Parise, t. III ; l'éloge de Dodart par Fontenelle ; le Nécrologe de Port-Royal, Amsterdam, 1728, in-4, p. 421 ; le Journal de Ledieu ; Racine, Grands écrivains, t. VI et VU; Correspondance de Mme la duchesse d'Orléans, trad. Jaeglé, Paris, 1890, 8 vol. in-8, t. I, p. 208; Saint-Simon, édit. Chéruel, t. XIV ; Correspondance de Quesnel, t. I et II ; Lambert, Histoire littéraire du règne de Louis XIV, Paris, I75i, 8 vol. in-4, t. II, p. t65; Sainte-Beuve, Port-Royal; Bibliothèque Nationale, Pièces
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dans la prise des eaux. lime semble que tout s'achemine bien, et je conviens qu'il ne faut pas laisser passer la saison sans en profiter pour faire tout le possible ^
Je n'ai pu nommer des deux compétiteurs ^ celui dont on m'a parlé en dernier lieu, puisque je ne le connaissais pas. Pour M. Gollin^ je crois bien l'avoir nommé, mais en passant seulement, et sans qu'on y ait pu faire attention, parce qu'on ne parla de cette affaire que par un discours fort vague*. Il est bon, à toutes fins, que vous preniez la peine de m'informer de ce que vous jugerez nécessaire.
Je suis. Monsieur, toujours très parfaitement à vous et très reconnaissant de votre amitié.
J. Bénigne, é. de Meaux.
Suscription: A Monsieur, Monsieur Dodart, docteur en médecine.
I961. M. DE TORCY A BOSSUEÏ.
Marly, 28 juillet 1699.
Monsieur, je vous envoie par ordre du Roi le mémoire que
originales et Dossiers bleus; Notes de M. L. Graves, à l'hôtel de ville de Beauvais).
1. Ceci suppose que Dodart avait conseillé à Bossuet une saison d'eaux, à la suite de l'érésipèle. Cependant on ne voit pas que le prélat soit allé à Forges ou à Bourbon cette année-là.