‹ Correspondance de BossuetChapitre 44 sur 192 · Voyez t. XI, p · texte numérisé non relu

Voyez t. XI, p

4. Le témoignage de Bossuet fut favorable, puisque Larroque était en liberté au mois de mars et réclamait les papiers qui lui avaient été confisqués (Ibid., f 97). On lit aussi (fr. 24988, f» 89), à la date du 28 juillet 1700 : « Le sieur de Larroque, qui a une pension sur les économats, a été emprisonné pendant quelques années pour une faute qu'il avait commise plutôt par nécessité que par d'autres motifs. Et, sur le rapport favorable qui a été fait au Roi de sa capacité, tant par M. de Meaux que par d'autres personnes qui en ont rendu de bons témoignages, S. AL l'a fiiit mettre en liberté et m'a ordonné de vous écrire de lui faire payer cette pension. « (A Dàguesseau).

jany. 1700] DE BOSSUET. 1^3

1984. — A Leibniz.

A Meaux, 9 janvier 1700.

Monsieur,

Rien ne nie pouvait arriver de plus agréable que d'avoir à satisfaire, selon mon pouvoir, aux demandes d'un aussi grand prince que Mgr le duc Antoine Ulrich, et encore m'étant proposées par un homme aussi habile et que j'estime autant que vous. Elles se rapportent à deux points : le premier consiste à juger d'un livret intitulé : Secretio, etc., ce qui demande du temps, non pour le volume, mais pour la qualité des matières sur lesquelles il faut parler sûrement et juste. Je supplie donc Son Altesse de me permettre un court délai, parce que, n'ayant reçu ce livre que depuis deux jours, à peine ai-je eu le loisir de le considérer.

La seconde demande a deux parties, dont la première regarde les conditions et les principes par lesquels on peut reconnaître ce qui est de foi, en le distinguant de ce qui n'en est pas ; et la seconde observe qu'il y a des degrés entre les articles de foi, les uns étant plus importants que les autres.

Quant au premier point, vous supposez, avant toutes choses, comme indubitable, que tout article

Lettre i984. — De la main d'un copiste, avec signature et corrections autographes de Bossuet, Hanovre, Papiers de Leibniz, f° 426. Publit^e d'abord dans les Œuvres posthumes, t. I, p. 448. — Il existe une minute de la main d'un copiste avec corrections de la main de Bossuet dans la collection Henri de Rothschild. Les éditeurs ont ajouté les mots : Premier fait, deuxième fait, troisième fait, etc., là où le manuscrit na que des numéros d'ordre, i, 2, 3, etc.

I2A CORRESPONDANCE [janv. 1700

de foi doit être une vérité révélée de Dieu, de quoi je conviens sans difficulté ; mais vous venez à d^ux questions, dont l'une, si Dieu en a seulement révélé autrefois, ou s'il en révèle encore ; et la seconde : si les révélations d'autrefois sont toutes dans F Ecriture sainte ou sont venues du moins d'une tradition apostolique, ce que ne nient point plusieurs des plus accommodants entre les protestants.

Je réponds sans hésiter, Monsieur, que Dieu ne révèle point de nouvelles vérités qui appartiennent à la foi catholique, et qu'il faut suivre la règle de la perpétuité, qui avait, comme vous dites très bien, passé pour la règle de la catholicité, de laquelle aussi jamais l'Eglise ne s'est départie.

Il ne s'agit pas ici de disputer de l'autorité des traditions apostoliques, puisque vous dites vousmême. Monsieur, que les plus accommodants, c'està-dire, comme je l'entends, non seulement les plus doctes, mais encore les plus sages des protestants, ne les nient pas ; comme je crois, en effet, l'avoir remarqué dans votre savant Calixte^ et dans ses disciples. Mais je dois vous faire observer que le concile de Trente reconnaît la règle de la perpétuité, lorsqu'il déclare qu'il n'en a point d'autre que « ce qui est contenu dans l'Ecriture sainte, ou dans les traditions non écrites, qui, reçues par les apôtres de la bouche de Jésus-Christ, ou dictées aux mêmes apôtres par le Saint-Esprit, sont venues à nous comme de main en main » (Sess. IV, de Canon, script.).

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