‹ Correspondance de BossuetChapitre 60 sur 192 · Jonn., XVII · texte numérisé non relu

Jonn., XVII

i4. Cf. p. m.

fév 1700I DE BOSSUET. l55

controverse ; ce que je pense avoir assez fait, et avec toutes les marques d'approbation de l'Eglise, dans mon livre de V Exposition.

Je me suis aussi expliqué sur cette matière dans ma réponse latine à M. l'abbé de Loccum^^ Si néanmoins votre sage et habile prince souhaite que je m'explique plus précisément, j'embrasserai avec joie toutes les occasions d'obéir à S. A. S.

Rien n'est plus digne de lui que de travailler à guérir la plaie qu'a faite au christianisme le schisme du dernier siècle. Il trouvera en vous un digne instrument de ses intentions ; et ce que nous avons tous à faire, dans ce beau travail, est, en fermant cette plaie, de ne donner pas occasion au temps à venir d'en rouvrir une plus grande.

J'avoue, au reste, Monsieur, ce que vous dites des anciens exemplaires grecs sur le passage : Très sunt, etc. ; mais vous savez aussi bien que moi que l'article contenu dans ce passage ne doit pas être pour cela révoqué en doute, étant d'ailleurs établi non seulement par la tradition des Eglises, mais encore par l'Ecriture très évidemment. Vous savez aussi, sans doute, que ce passage se trouve reçu dans tout l'Occident ; ce qui paraît manifeste, sans même remonter plus haut, par la production qu'en fait saint Fulgence dans ses écrits *\ et même dans une

i5. De scripto cuititulus: Cogitationes prlvatîE... Episcopi Meldensis senlentia (OEuvres, édit. Lâchât, t. XVII, p. 458-499).

16. Sur saint Fulgence et le verset des trois témoins, voir J.-P. Martin, Introduction à la critique textuelle du Nouveau Testament, partie pratique, Paris, 1886, t. V, p, 70-82. Dans la Responsio ad Arianos [P. L., t. LXV, col. :i2^\ et dans le De Trinitate liber unus,

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excellente confession de foi présentée unanimement au roi Hunéric par toute l'Eglise d'Afrique. Ce témoignage, produit par un aussi grand théologien et par cette savante Eglise, n'ayant point été reproché par les hérétiques, et au contraire étantconfirmé par le sang de tant de martyrs, et encore par tant de miracles dont celte confession de foi'' fat suivie, est une démonstration de la tradition, du moins de toute l'EgUse d'Afrique, l'une des plus illustres du monde. On trouve même dans saint Gyprien'^ une allusion manifeste à ce passage qui a passé naturellement dans notre Vulgate, et confirme la tradition de tout l'Occident.

Je*^ suis, avec toute l'estime possible, Monsieur, votre très humble serviteur,

J. Bé.mgne, é. de Meaux.

Sascription: A Monsieur de Leibniz, à Hanovre"^".

cap. IV (ibid., col. 5oo), saint Fuljjence fait allusion au verset 7 du ch. V de la i'^^ Epître de saint Jean. La façon dont il allègue saint Gyprien, qui ne fait allusion qu'au verset 8 de saint Jean, l'application spirituelle que les Pères, au vf siècle, faisaient de ce verset à la Trinité, montrent que l'évèque de Ruspe vise en réalité ce verset.

Actuellement la grande majorité des commentateurs catholiques ne reconnaît pas l'authenticité du verset touchant les trois témoins célestes. Mais l'idée énoncée en ce verset se trouve démontrée par ailleurs dans l'Ecriture et était reçue universellement dans la tradition. En somme, c'est un témoignage traditionnel qui s'est introduit après le vi« siècle dans le texte latin du Nouveau Testament; mais il est sûr que les mss. grecs des dix premiers siècles ne contiennent pas ce passage.

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