‹ Correspondance de BossuetChapitre 61 sur 192 · Edit. : confession de la foi · texte numérisé non relu

Edit. : confession de la foi

18. Sur saint Cyprien et le verset des trois témoins, voir P. Martin, op. laud., p. III. Saint Cyprien ne connaît en réalité que le verset 8, sur les trois témoins terrestres.

19. Cette conclusion et la signalure sont de la main de Bossue!.

20. Cette lettre fut envoyée à son destinataire par M. du Héron,

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Nicolas Payen a Bossuet.

Monseigneur, je viens joindre mes très humbles prières à celles de MM. les ofliciers de ville. Ils sont dans le dessein de rendre à M. Pelletier* le prix de son office de lieutenant de Roi ; ils en ont obtenu la permission, mais la didiculté, c'est d'avoir à la main les deniers nécessaires pour laire une si belle action. Le fonds ne leur manque pas, car, par leur sage économie, ils ont en dépôt plus de dix mille livres : il ne s'agit que d'obtenir de M. l'Intendant la liberté de toucher à ce fonds réservé : Psoli me tangere, quia sum Csesaris.

Le crédit de l'hôtel de ville et celui de tous les corps ensemble est bien peu de chose, si vous ne le soutenez de votre autorité. Ils demanderont assez, mais ils ne seront pas écoutés si vous n'avez agréable de prévenir M. l'Intendant en leur faveur. Cependant, Monseigneur, il est de l'intérêt de la ville de faire cesser tout d'un coup des sujets de contestation qui se renouvelleront à toutes les heures du jour, et de tarir pour toujours une source inépuisable de procès et de dilTé rends. Il n'y a que vous, Monseigneur, qui puissiez faire

qui écrivit le i6 février à Leibniz : u Je reçus hier, Monsieur, une lettre de M. l'évèque de Meaux pour vous. Je vous l'envoie sans l'avoir montrée à S. A. M. le duc Antoine Ulrich. Le temps de la foire (de Brunswick) n'est guère un temps convenable à de pareilles lectures. Si votre fluxion vous empêche d'y venir, si vous jugez à propos de me l'envoyer, je prendrai le plus de sa commodité pour la lui lire. Si vous vous portez assez bien, comme je le souhaite, pour faire ce voyage, je vous prierai de me la communiquer, afin que je puisse voir de quelle manière il répond aux difficultés que vous lui aviez proposées ». (Hanovre, f° 892).

Lettre 1988. — Publiée par M. Gasté {Deux lettres, p. 46), d'après le recueil de N. Payen, où elle est intitulée : Lettre à M. l'Évêque de Meaux pour le remboursement de l'office de lieutenant de Roi.

I. Pelletier (al. Le Pelletier), lieutenant de Roi de Meaux. CF. lettre du 19 janvier 1698, t. IX, p. i34.

l58 CORRESPONDANCE [fév. 1700

un si beau coup et procurer à tout le monde un bien dont la mémoire ne se perdra jamais-.

J'ai l'honneur d'être avec beaucoup de respect, Monseigneur, votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur. A Meaux, ce l\ février 1700.

1989. — A Pierre de La Broue.

A Versailles, ce 21 février 1700.

Je crois, Monseigneur, vous devoir envoyer la lettre de notre confrère Monseigneur Tévêque d'Alais ' . et la réponse que j'y ai faite. Je n'ai pas besoin de vous dire que je persiste toujours dans mes premiers engagements et dans le même désir de vous voir

2. L'intervention de Bossuet dut être efficace, car, dans ses lettres d'anoblissement, du mois de juin 171/i, Guillaume Léger Le Pelletier est qualifié de sous-lieutenant aux Gardes françaises et ci-devant lieutenant de Roi au g'ouvernement de Meaux. Ce document nous apprend qu'il s'est distiiig^ué à Ramillies, à Oiidenarde et en maintes autres circonstances, et il rappelle que son père était décédé doyen des conseillers au présidial de Meaux et que, depuis l'an i420, ses ancêtres avaient possédé successivement la première charge du bailliage et prévôté de Crécy-en-Brie (Bibliothèque Nationale, Pièces originales).

Lettre 1989. — Copie authentique, au Séminaire de Meaux.

I. François Chevalier de Saulx, docteur de Sorbonne, abbé de Psalraody, vicaire général de Nîmes, puis évèque d'Alais (de 1694 «« 1712). Il était en compétition avec P. de La Broue au sujet de la députation des États du Languedoc, dont il a été parlé, t. X, p. i58 (Voir Sourches, t. II, p. 76; t. Vil, p. 83; t. X, p. 44i ; t. XIII, p. 525). C'est l'évèque d'Alais qui eut le dessus et qui, le 21 juin 1701, porta la parole au nom des autres députés des Etats, en présentant au Roi les cahiers de cette assemblée (Ga///a christiand, t. VI, col. 517). Ce prélat était un gentilhomme poitevin (Beaiichet-Fil- \eii\j, Dict. des familles du Poitou. Poitiers, 1891, t. Il, p. 434)- Il est parlé de lui dans l'Histoire (jénérale du Languedoc, où l'on a imprimé une lettre qu'il écrivit sur la révolte des Cévennes.

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ici : on vous aura même rendu compte de la démarche que j'ai faite auprès de M. du Maine. Je ne vous dis rien davantage ; et j'espère que vous demeurerez aussi parfaitement assuré de moi, que je suis engagé à poursuivre de mon côté tout ce qui vous touche.

Vous serez bien aise, mon cher Seigneur, desavoir de moi que je fais demain, s'il plaît à Dieu, le mariage" de mon neveu Bossuet avec iMlle de La Briffe, fille de M. le Procureur général, et que, par la grâce de Dieu, je trouve dans cette alliance tout ce que je pouvais désirer \

J'ai eu une petite indisposition ' par un épanchement de bile, qui m'a causé un vomissement, et m'a obligé à quelques remèdes que Dieu a bénis, en sorte qu'il y aura sujet de croire que ce mal n'aura aucune suite, n'y ayant eu, par sa grâce, ni fièvre, ni altération, ni aucun autre accident fâcheux.

Je suis, Monseigneur, avec le respect que vous savez, votre très obéissant serviteur.

2. Ce mariage avait été ménagé, dit Ledieu, en huit jours par l'abbé Bossuet. Le contrat en fut signé le 21 février par le Roi et tous les princes et princesses. L'abbé y abandonnait à Louis Bossuel, son frère, la créance de quatre-vingt-dix mille livres qu'il avait sur lui pour la part qui lui revenait dans la charge de maître des requêtes qu'avait possédée leur père (Ledieu, t. II, p. 18 et 19).

3. Louis Bossuet d'Azu, maître des requêtes après son père, épousait Marguerite de La Briffe, fille du procureur général Arnauld de La Briffe, seigneur de Ferrières, et de sa première femme Marthe Agnès Polier de Novion. Le mariage se fit le 22 février dans la chapelle de M. de L^ Briffe. L'avant-veille, l'évêque de Meaux avait fait porter à sa future nièce, en présent de noces, deux brillants pour les oreilles, valant neuf mille livres. (Ledieu, ibid.^.

!i. Sur la nature de cette indisposition et sur le traitement dont elle fut l'objet, voir Ledieu, t. Il, p. 16 et suiv.

l6o CORRESPONDANCE [fév.

1990. — A Antoine de Noailles.

Vendredi matin [27 février 1700].

Je vous renvoie, mon cher Seigneur, la censure des Docteurs* ; vous aurez demain avant midi, s'il plaît à Dieu, la qualification comme je l'ai faite. La seconde thèse, sur la contrition ^ est plus délicate. Je vous envoyerai la manière dont je l'ai tournée, dimanche au soir, à votre arrivée à Versailles.

Pour vous dire un mot de mon sentiment, je trouve, en elTet, que la thèse atteint, combat le péché philosophique, mais très imparfaitement, sans y

Lettre 1990. — L. a. s. imprimée par M. Gasté (Lettres et pièces inédites, p. 4i), d'après une copie faite en iS^/i, à Meiz, par A. Floquet sur l'autographe appartenant à M. d'Hunolstein. Cette lettre accompagnait un autre document aussi publié par M. Gasté (op. cit., p. 57) et qui, à en juger par son contenu, a été envoyé le 27 février, suivant Ledieu, l, II, p. 19 et suivantes. Or le 27 février 1700 était bien un vendredi. Nous sommes donc autorisés à dater du même jour et la lettre et le long fragment dont nous la faisons suivre, p. 162.

1. Touchant une thèse soutenue le i4 décembre 1699 au collège Louis le-Grand. On peut lire dans la Revue Bossuet du 25 janvier 1901, p. 35, une censure de cette thèse signée le 26 février de quinze docteurs (Pirot, Tournely, Frassen, etc.). Mais ce n'est pas de celle-ci que parle Bossuet. Les expressions qu'il reproduira tout à l'heure se lisent dans une autre censure (fr. 20754, f° 235), du 3i janvier, signée de Boileau, T. Roulland, Lefeuvre, L. de Targny, Anquetil et J.-B. J. Favart (Sur cette afiaire, on peut voir un recueil du P. Léonard, aux Archives Nationales, M 243, f°* i32 et suiv. Ce Père a transcrit, en particulier, une brochure apologétique des jésuites imprimée en 1700 et intitulée: Lettre à un docteur de Sorbonne touchant la thèse soutenue chez les Jésuites le i4 décembre i6gg).

2. Cette seconde thèse, sur l'attrition ou contrition imparfaite, avait été soutenue aussi chez les jésuites du collège Louis-le-Grand, le 3 février (Ledieu, t. II, p. 19).

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parler ni de l'attention actuelle, ni des autres circonstances intolérables de cette erreur.

Je suis assuré que les propositions en question ont déjà été censurées dans le livre de Y Apologie \ Du reste, la distinction de M. Pirot est très bonne, et il en faut profiter; mais elle n'affaiblit point les qualifications [des] docteurs et il ne faut que les tourner pour les rendre plus fortes, et y ajouter la note d'erronées*.

3. Apologie pour les Casuistes contre les calomnies des Jansénistes, par un théologien et professeur en droit canon (le P. Georjjes Pirot, jésuite), Paris, lôSy, in-i^. Cet ouvragée Fut condamné par Alexandre VII, le 21 août 1609 ; le 16 juillet de l'année précédente, la Faculté de Paris avait censuré un g^rand nombre de propositions extraites de cette Apologie (Voir plus loin la circulaire de l'assemblée du clerg^é, du 17 septembre 1700).

4. La thèse visée ici roulait sur les pécheurs endurcis. Elle était du P. Germain BesclieFer, né à Chàions le 10 août 1670, d'une famille établie à Vitry-le-François, à Épernay et à Châlons, et dont une branche quitta la France à la révocation de l'édit de Nantes, Il régenta au collège de Reims, et se livra à la prédication. Il mourut à Châlons le i4 août 1720 (L. Carrez, Catalogi sociorumet officiorum. provincise Campaniœ socielatis Jesu, Ciiâlons, 1906, in-8 (J. Erman, Mémoires pour servir à l'histoire des réfugiés français, etc.. t. IX, Berlin, 1799, in-8, p. 27 ; Bibliothèque Nationale, Dossiers bleus). A la même famille appartenait le P. Thierry Beschefer, qui mourut fort âgé à Reims, le 4 février 171 1, après avoir été missionnaire chez les Iroquois du Canada (1670), puis supérieur du collège de Québec (G. de Rochemonteix, Les Jésuites de la Nouvelle France, Paris, 1896, in-8, t. III, p. 371).

— Le texte de la thèse incriminée nous a été conservé par d'Argentré : « VIII. — Unum peccatum saepe est pœna alterius peccali, non tamen per se, sed lantum per accidens, quatenus nempe oboaecatione punilur et obduratione, cum Deus prlus desertus peccatorem deserlt. Très sunt desertionis gradus : primus gratiam uberlorem, secundus minorem aliam, tertius vero omnem omnino excludit ; peccata gravia primo et secundo desertionis gradu in hac vita puniuntur ; nuUa autem punirl deserllone summa ita ut Deus opem gratise omnem peccatori sublrahat magis vldetur opinlonl Augusllni congruere et aperte docet author libri de Vocatione gentium.

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