‹ Correspondance de BossuetChapitre 83 sur 192 · Voir plus haut, p. 126 et suiv · texte numérisé non relu

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21. Première rédaction : qui y a été présent, à ce qu'on croit.

22. Cette distinction ne répond pas à la réalité. Cf. la réponse de Bossuet dans sa lettre du 17 août 1701, n°* xxxvi à xi.ix.

a3. Saint Augustin connaît les divergences entre les diverses Eglises, et en particulier les cloutes de l'Eglise orientale : De doctr. Christ, II, VIII, 12 ; De Cioitate Del, XVII, xx, i. Mais personnellement il ne varia jamais sur la valeur des livres deutérocaniques. Aussi, dit Ilarnack, Précis de l'histoire des Dogmes, p. i5o, « l'opinion de saint Augustin fit règle pour l'Occident tout entier ». Voir la lettre de Bossuet, du 17 août 1701, n"^ xxxvn à xxxix.

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louse, en l\ob, et au décret du pape Gélase ; leur but ayant été de marquer les livres autorisés ou canoniques, pris largement, ou opposés aux apocryphes, pris en un mauvais sens, puisque ces livres autorisés se trouvaient joints aux livres véritablement divins, et se lisaient aussi avec eux ^^.

XXVIII. Cependant ces auteurs ou canons n'ont point marqué ni pu marquer en aucune manière, contre le sentiment reçu alors dans TEglise^^, que les livres contestés sont égaux à ceux qui sont incontestablement canoniques, ou du premier degré; et ils n'ont point parlé de cette infallibilité de l'inspiration divine, que les Pères de Trente se sont hasardés d'attribuer à tous les livres de la Bible, en haine seulement des protestants et contre la doctrine constante de l'Église.

XXIX. On voit en cela un bel échantillon comment les erreurs prennent racine et se glissent dans les esprits. On change premièrement les termes par une facilité innocente en elle-même, mais dangereuse par la suite ; et enfin on abuse de ces termes pour changer même les sentiments, lorsque les erreurs favorisent les penchants populaires, et que d'autres passions y conspirent.

XXX. Je ne sais si, avec le § 6, on peut dire que les Eglises de Rome et d'Afrique (favorables en apparence, comme on vient d'entendre, aux livres contestés) étaient censées, du temps de saint Augustin, doctiores et diligentiores Ecclesiœ ; et que saint Augustin les a eues en vue, livre II, chapitre xv, de Doctrina christiana, en disant que, lorsqu'il s'agit d'estimer l'autorité des Livres sacrés, il faut préférer ceux qui sont approuvés par les Églises où il y a plus de doctrine et plus d'exactitude.

XXXI. Car les Africains étaient à l'extrémité de l'Empire, et n'avaient leur doctrine ou érudition que des Latins, qui ne l'avaient eux-mêmes que des Grecs. Ainsi on peut bien

'i4. Cf. Ibid,, n°* XXXIII et xxxiv.

35. Ils n'ont point parlé contre le sentiment traditionnel et la pratique générale de l'Eglise. Voir plus bas, p. 2!\q.

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assurer que dociiores Ecclesiœ n'étaient pas la romaine ni les autres Eglises occidentales, et encore moins celles d'Alrique. XXXli. L'on sait que les Pères latins de ce temps n'étaient ordinairement que des copistes des auteurs grecs, surtout quand il s'agissait de la sainte Écriture. Il n'y a eu que saint Hiérôme et saint Augustin, à la fin, qui aient mérité d'être exceptés de la règle, l'un par son érudition, l'autre par son esprit pénétrant.

XXXIII. Ainsi l'Église grecque l'emportait sans doute du côté de l'érudilioti ; et je ne crois pas non plus que l'Église romaine de ce temps-là puisse être comptée iner Ecclesias diligentiores. Le laste mondain Qyphus sœculi), le luxe et la vanité y ont régné de bonne heure, comme l'on voit par le témoignage d'Ainmien Marcellin, païen *^, qui, en blâmant ce qui se Taisait alors à Rome, rend en même temps un bon témoignage aux Eglises éloignées des grandes villes ; ce qui marque son équité sur ce point.

XXXIV. Cette vanité, jointe au mépris des études (excepté celle de l'éloquence), n'était guère propre à rendre les gens diligents et industrieux. Il n'y a presque point d'auleur latin d'alors qui ait écrit quelque chose de tolérable sur les sciences, surtout de son chef. La jurisprudence même, qui était la véritable science des Romains, et presque la seule, avec celle de la guerre, où ils aient excellé, suivant ce bon mot de Virgile :

Tu reg-ere imperlo populos, Romane, mémento : Hpb libi erunt artes {yÈneid. '^''),

était tombée, aussi bien que l'art militaire, avec la translation du siège de l'Empire. On négligeait à Rome l'histoire ecclésiastique et les anciens monuments de l'Église ; et, sans Éusèbe et quelques autres Grecs, nous n'en aurions presque rien. Ainsi, avant l'irruption des Barbares, la barbarie était à demi formée dans l'Occident.

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