Llb. XXVII, cap. III
■21. Llb. VI, V. 85i et 852.
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supcrsiilion (vice des femmes et des riches ignorants, aussi bien que la vanité) prenait peu à peu le dessus, et qu'on donna par après, en Italie principalement, dans les excès sur le culle surtout des images, lorsque la Grèce balançait encore, et que les Gaules, la Germanie et la Grande-Bretagne étaient les plus exemptes de cette corruption. On reçut la mauvaise marchandise d'un Isidorus Mercator ^^ ; et on tomba enfin en Occident dans une barbarie de théologie, pire que la barbarie qui y était déjà à l'égard des mœurs et des arts.
XXXVI. Encore présentement, s'il s'agissait de marquer dans votre communion, Ecclesias doctiores et diligentiores, il faudrait nommer sans doute celles de France et des Pays- Bas, et non pas celles d'Italie; tant il est vrai qu'on s'était relâché depuis longtemps à Rome et aux environs à l'égard de l'érudition et de l'application aux vérités solides. Ce défaut des Romains n'empêche point cependant que cette capitale n'ait eu la primatie et la direction dans l'Église, après celle qu'elle avait eue dans l'Empire. L'érudition et l'autorité sont des choses qui ne se trouvent pas toujours jointes, non plus que la fortune et le mérite.
XXXVII. Mais, quand on accorderait que saint Augustin avait voulu parler des Églises de Rome et d'Afrique, j'ai déjà fait voir que ces Églises ne nous étaient point contraires ; et de plus, saint Augustin ne parlait pas alors des livres véritablement canoniques, dont l'autorité ne dépend pas de si faibles preuves.
28. L'auteur qui se caclie sous ce nom énigniatiqne vivait au ix« siècle. Il composa vers 85o un recueil de décrétâtes qui a longtemps fait loi, mais dont l'authenticité n'est plus admise. Ces fausses décrétâtes ont été combattues, à partir du xv* siècle, non seulement par les protestants, mais encore par des catholiques, soit gallicans, soit ultramontains, tels que Nicolas de Cusa, Baronius, Bellarmin, Bona, etc. A partir du xviic siècle, ce recueil perdit toute autorité (Voir D. Blondel, Pseudo-Isidorus et Turrianus vapulantes, Genève, 1628, in-4 ; les articles de P. Fournier, dans le Dictionnaire apologétique de la foi catholique d'A. d'Alès, Paris, 191 1, t. 1, col. 908- 910, et d'Ant. Villien, dans le Dictionnaire de Théologie de Vacant- Mangenot, Paris, 191 1, t. IV, col. 212-222).
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XXXVIII. Pour ce qui est dit de l'autorité de saint Augustin (§ 7), j'ai déjà répondu, comnrie aussi au texte du concile de Carthage (§ 8) ; mais je le ferai encore plus distinctement en son lieu, c'est-à-dire dans la lettre suivante. 11 est vrai aussi (§ 9), que saint Augustin ayant cité contre les pélagiens ce passage de la Sagesse : // a été enlevé de la vie, de crainte que la malice ne corrompît son esprit-^, et que des prêtres de Marseille ayant trouvé étrange qu'il eût employé un livre non canonique dans une matière de controverse, il défendit sa citation ; mais je ferai voir plus bas que son sentiment n'était pas éloigné du nôtre dans le fond.
XXXIX. Et quant aux citations de ces livres qui se trouvent chez Clément Alexandrin, Origène, saint Cyprien et autres (§ 10 et 11), elles ne prouvent point ce qui est en question : les protestants en usent de même bien souvent. Saint Cyprien, saint Ambroise et le canon de la messe ont cité le quatrième livre d'Esdras, qui n'est pas même dans votre canon ; et le livre du Pasteur a été cité par Origène et par le grand concile de Nicée^^, sans parler d'autres ; et s'il y a des allusions secrètes que l'Évangile fait aux sentences des livres contestés entre nous (§ i4), peut-être en pourra-t-on trouver qui se rapportent encore au quatrième livre d'Esdras, sans parler de la prophétie d'Enoch citée dans l'Épîlre de saint Juda ^^
XL. 11 est sûr qu'Origène a mis expressément les livres contestés hors du canon ; et s'il a été plus favorable aux frag-
29. De Prédestinai., sanctor., cap. xiv, 28 [P. L., t. XLIV, col. 980]. Cf. lettre du 17 août 1701, n» XLI.
30. Origen., Homil. VIII in Numéros ■ X in Josuam ; Commentin Ose, cap. viii ; m Matth., cap. xxiv, 82, 42, etc. [P. G., t. XII, col. 622 et i88o; t. XIII, col. 628, i683 et 1698, etc.]. Mais ce Père avoue que ce livre ne passe pas aux yeux de tous pour une Ecriture inspirée, et que plusieurs même n'en font point de cas: Comment, in Matth., XIV, 21 ; De princip., IV, 11 [P. G., t. XIII, col. 12^0, t. XI, col. 365]. — Saint Athanase dit des Pères du Concile de Nicée au sujet du Pasteur : Librum hune citant, quamvis non sit ex canone. {De decretis Nicœnx Synodi, 18, P. G., t. XXV, col. 456).
3i. Jud., V, i4.
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ments de Daniel dans une lettre écrite à Julius Africanus (que vous m'apprenez, § 12, avoir été publiée depuis peu on grec), c'est quelque chose de particulier.
XLl. Vous reconnaissez, Monseigneur (§ i3, i5), que plusieurs Églises et plusieurs savants, comme saint Jérôme, par exemple, ne voulaient point recevoir ces livres pour établir les dogmes ; mais vous diles que leur avis particulier n'a point été suivi. Je montrerai bientôt que leur doctrine là-dessus était reçue dans l'Église ; mais quand cela n'aurait point été, il suffirait que des Églises entières et des Pères très estimés ont été d'un sentiment, pour en conclure que le contraire ne pouvait être cru de foi de leur temps, et ne le saurait être encore présentement, à moins qu'on n'accorde à l'Église le pouvoir d'en établir de nouveaux articles.
XLII. Mais vous objectez (§ i5), que par la même raison on pourrait encore combattre l'autorilé de TÉpitre aux Hébreux et de l'Apocalypse de saint Jean ; et qu'ainsi il faudra que je reconnaisse aussi, ou que leur canonicité'^ n'est point de foi, ou qu'il y a des articles de foi qui ne l'ont pas été toujours. Il y a plusieurs choses à répondre. Car premièrement les protestants ne demandent pas que les vérités de foi aient toujours prévalu, ou qu'elles aient toujours été reçues généralement ; et puis il y a bien de la dilïérence aussi entre la doctrine constante de l'Église ancienne, contraire à la pleine autorité des livres de l'Ancien Testament qui sont hors du canon des Hébreux, et entre les doutes particuliers que quelques-uns ont formés contre l'Épître aux Hébreux, ou contre l'Apocalypse ; outre qu'on peut nier qu'elles sont de saint Paul ou de saint Jean, sans nier qu'elles sont divines.
XLIII. Mais quand on accorderait chez nous qu'on n'est pas obligé, sous anathème^^ de reconnaître ces deux livres pour divins et infallibles, il n'y aurait pas grand mal. Le moins d'anathèmes qu'on peut, c'est le meilleur.