‹ Correspondance de BossuetChapitre 85 sur 192 · Édit. : sous peine d'anathème · texte numérisé non relu

Édit. : sous peine d'anathème

2l4 CORRESPONDANCE [mai 1700

XLIV. Vous essayez dans le même endroit (§ i5), de donner une solution conforme à vos principes; mais il semble qu'elle les renverse en partie. Après avoir dit, par forme d'objection contre vous-même, que du moins celte tradition n était pas universelle, puisque dt très grands docteurs et des Eglises entières ne Vont pas connue, vous répondez quune nouvelle reconnaissance de quelque livre canonique, dont quelques^ uns auront douté, ne déroge point à la perpétuité de la tradition, qui dot être la marque de la vérité catholique, laquelle (ditesvous), pour être constante et perpétuelle, ne laisse pas d'avoir ses progrès. Elle est connue en un lieu plus quen un autre, plus clairement, plus distinctement, plus universellement. Il suffit, pour établir la succession et la perpétuité de la foi d'un livre saint, comme de toute autre vérité, quelle soit toujours reconnue, quelle le soit dans le plus grand nombre sans comparaison, quelle le soit dans les Eglises les plus éminentes et les plus autorisées, les plus révérées, qu^elle s'y soutienne, quelle gagne et qu'elle se répande d'elle-même jusqu'au temps que le Saint-Esprit, la force de la tradition, le goût, non celui des particuliers, mais l'universel de l'Église, la fasse enfin prévaloir, comme elle a fait au concile de Trente.

XLV. J'ai été bien aise. Monseigneur, de répéter tout au long vos propres paroles. Il n'était pas possible de donner un meilleur tour à la chose. Cependant où demeurent maintenant ces grandes et magnifiques promesses qu'on a coutume de faire du toujours et partout, semper et ubique, appartenant aux vérités^* qu'on appelle catholiques, et ce que vous aviez dit vous-même ci-dessus, que la règle infallible des vérités de la foi est le consentement unanime et perpétuel de toute l'Église ? Le toujours ou la perpétuité se peut sauver en quelque façon et à moitié, comme je vais dire ; mais le partout ou l'unanime ne saurait subsister, suivant votre propre aveu .

XLVI. Je ne parle pas d'une unanimité parfaite ; car j'avoue que l'exception des sentiments extraordinaires de

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