‹ Correspondance de BossuetChapitre 88 sur 192 · LVII. Au reste, vous soutenez vous-même. Monseigneur · texte numérisé non relu

LVII. Au reste, vous soutenez vous-même. Monseigneur

bien de lui reconnaître cette autorité, en ce sens que la Vulg^ate ne contient rien de faux in doctrina fidei et morum et qu'elle exprime fidèlement la substance du texte sacré.

^a. Baronius, ad annum SaS, cap. cLvm.

mai 1700] DE BOSSUET. 219

(§ 18), que les Églises de ces siècles reculés étaient partagées sur l'autorité des livres de la Bible, sans que cela les empêchât de concourir dans la même lliéologie ; et vous jugez bien que celte remarque plaira à Monseujneur le Duc, comme en cllet rien ne lui saurait plaire davantage que ce qui marque de la modération. Ils avaient raison aussi, puisqu'ils reconnaissaient, comme vous remarquez (§ 19), que cetlc diversité du canon (mais qui, à mon avis, n'élait qu'apparente) ne faisait naître aucune diversité dans la foi ni dans les mœurs. Or je crois qu'on peut dire qu'encore à présent la diversité du canon de vos Églises et de la nôtre ne fait aucune diversité des dogmes. Et comme nous nous servirions de vos versions et vous des nôtres en un besoin, nous pourrions bien en user de même, sans rien hasarder, à l'égard des livres apocryphes que vous avez canonisés. Donc il semble que l'assemblée de Trente aurait bien fait d'imiter cette sagesse et cette modération des anciens, que vous recommandez.

LVIII. J'avoue aussi, suivant ce qui est dit § 20, que non seulement la connaissance du canon, mais même de toute l'Écriture sainte, n'est point nécessaire absolument ; qu'il y a des peuples sans l'Écriture*^, et que l'enseignement oral ou la tradition peut suppléer à son défaut. Mais il faut avouer aus<i que, sans une assistance toute particulière de Dieu, les traditions de bouche ne sauraient aller dans des siècles éloignés sans se perdre ou sans se corrompre étrangement, comme les exemples de toutes les traditions qui regardent l'histoire profane, et les lois et coutumes des peuples, et même les arts et sciences, le montrent incontestablement.

Ainsi la Providence, se servant ordinairement des moyens naturels et n'augmentant pas les miracles sans raison, n'a pas manqué de se servir de l'Écriture sainte, comme du moyen plus propre à garantir la pureté de la religion contre les corruptions des temps ; et les analhèmes prononcés dans l'Écriture même contre ceux qui y ajoutent ou qui en retranchent, en font encore voir l'importance, et le soin qu'on doit

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