Edit. : sans Ecriture
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prendre à ne rien admettre dans le canon principal, qui n'y ait été d'abord. C'est pourquoi, s'il y avait des anathèmes à prononcer sur cette matière, il semble que ce serait à nous de le faire, avec bien plus de raison que les Grecs n'en avaient de censurer les Latins, pour avoir ajouté leur Filioqae dans le Symbole.
LIX. Mais comme nous sommes plus modérés, au lieu d'imiter ceux qui portent tout aux extrémités, nous les blâmons ; et par conséquent nous sommes en droit de deman der, comme vous laites enfin vous-même (§ 21), pourquoi le concile de Trente n'a pas laissé sur ce point la même liberté que Von avait autrefois, et pourquoi il a défendu sous peine d'anathème de recevoir un autre canon que celui qu'il propose (Sess. IV). Nous pourrions même demander comment cette assemblée a osé condamner la doctrine constante de l'antiquité chrétienne. Mais voyons ce que vous direz au moins à votre propre demande.
LX. La réponse est (§ 21) que l'Église romaine, avec tout rOccident, était en possession du canon approuvé à Trente depuis douze cents ans, et même depuis l'origine du christianisme, et ne devait point se laisser troubler dans sa possession sans se maintenir par des anathèmes. 11 n'y aurait rien à répliquer à celte réponse, si cette même Église avait été depuis tant de temps en possession de ce canon comme certain et de loi ; mais c'était tout le contraire : et si, selon votre propre sentiment, l'Église était autrefois en liberté làdessus, comme en eifet rien ne l'avait** encore fait perdre cette liberté, les protestants étaient en droit de s'y maintenir avec l'Église, et d'interrompre une manière d'usurpalion contraire, qui en Un pouvait dégénérer en servitude et faire oublier l'ancienne doctrine, comme il n'est arrivé que trop. Mais, qui plus est, il y avait non seulement une faculté libre, mais même une obligation ou nécessité de séparer les livres ecclésiastiques des livres divinement inspirés : et ce que les prolestants faisaient n'était pas seulement pour maintenir la
4A' Édit. : ne lui avait.
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liberté et le droit de faire une distinction juste et légitime entre ces livres, mais encore pour maintenir ce qui est du devoir et pour empêcher une confusion illégitime.
LXl. Mais vous ajoutez (i:; 22) quil nesl rien arrivé ici que ce que Con a vu arriver à toutes les autres vérités, qui est (Vélre déclarées plus expressément, plus authentiquement, plus fortement par le jugement de l'Église catholique, lorsqu'elles ont été plus ouvertement et plus opiniâtrement contredites. Mais les protestants ont-ils marqué leur sentiment plus ouvertement, ou plutôt esl-il possible de le marquer plus ouvertement et plus fortement que de la manière que l'ont fait saint Méliton, évêque de Sardes, et Origène, et Eusèbe, qui rapporte et approuve les autorités de ces deux ; et saint Alhanase, et saint Cyrille de Jérusalem, et saint Épiphane, et saint Chrysostome, et le synode de Laodicée, et Amphilochius, et Rufin, et saint Jérôme, qui a mis un gardien ou suisse armé d'un casque à la tête des livres canoniques ? C'est son Prologus galeatus^-', à qui il dit avoir donné ce nom exprès pour empêcher les livres apocryphes et les ecclésiastiques de se fourrer parmi eux. Et après cela, est-il possible d'accuser les protestants d'opiniâtreté? ou plutôt est-il possible de ne pas accuser d'opiniâtreté et de quelque chose de pis ceux qui, à la faveur de quelques termes équivoques de certains anciens, ont eu la hardiesse d'établir dans l'Église une doctrine nouvelle et entièrement contraire à la sacrée antiquité, et de prononcer même anathème*^ contre ceux qui maintiennent la pureté de la vérité catholique ? Si nous ne connaissions pas la force de la prévention et du parti, nous ne comprendrions point comment des personnes éclairées et bien intentionnées puissent*^ soutenir une telle entreprise.
LXII. Mais, si nous ne pouvons pas nous empêcher d'en être surpris, nous ne le sommes nullement de ce qu'on
45. Prœfal. in libros Samuel et Malachim [P, L., !.. XXVIII, col. 547 seq.].