Edit. : peuvent
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donne chez vous à votre communion le nom d'Église catholique ; et je demeure d'accord de ce qui est dit, § 23, que ce n'est pas ici le lieu d'en rendre raison. Les protestants en donnent autant à leur communion. On connaît la Confession catholique de notre Gérard, et le Catholique orthodoxe de Morton, Anglais**. Et il est clair au moins que notre sentiment, sur le canon des livres divinement inspirés, a toutes les marques d'une doctrine catholique, au lieu que la nouveauté introduite par l'assemblée de Trente a toutes les marques ici d'un soulèvement schismatique. Car que des novateurs prononcent anathème contre la doctrine constante de l'Église catholique, c'est la plus grande marque de rébellion et de schisme qu'on puisse donner. Je vous demande pardon, Monseigneur, de ces expressions indispensables, que vous connaissez mieux que personne ne pouvoir point passer pour téméraires, ni pour injurieuses dans une telle occasion.
LXIII. Je ne vois donc pas moyen d'excuser la décision de Trente, à moins que vous ne vouliez. Monseigneur, approuver l'explication de quelques-uns qui croient la pouvoir encore concilier avec la doctrine des protestants, et qui, malgré les paroles du concile, prétendent qu'on peut encore les expliquer comme saint Augustin a expliqué les siennes. En ce cas, il ne faudrait pas seulement donner aux livres incon-
48. Thomas Morton (i564-i659), docteur de Cambridge, successivement évèque de Chester, de Coventry et de Durham. Sa fidélité à Charles I*' lui valut d'être quelque temps emprisonné à la Tour de Londres. Il a beaucoup écrit, et surtout sur les matières de controverse. L'ouvrage auquel Leibniz fait ici allusion doit être Apoiorjia calholica, ex meris Jesuitarum contradictionibus conjlata, Londres, i6o5 et lôoO, 2 vol. in-4, ou peut-être A catholike appeale fort protestants out of the conjessions of the Romane doctors, Londres, ifiio, in-fol. Parmi les auJres écrits de Th. Morton, on remarque Causa regia, sivc de authorltate et dljuitate principum christianorum adoersas Bellarmini traciatam de OJficio principis, Londres, 1620, in-4 (J. Barwick, Life and death of Thomas late lord Bishop of Durham, Londres, 1O60, \n-(\ ; Thjm. Baker, History of the Collège of St. John the Evangelisl, Cambridge, 1869, 2 vol. in-8 ; article d'E. Venables dans la National Biography, t. XXXIX).
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testablemenl canoniques un avantage ad kominem, comme vous laites (i:^ 2/i), mais absolument, en disant que le canon de Trente, comme celui d'Afrique, comprend également les livres infalliblcs ou divinement inspirés, et les livres ecclésiastiques aussi, c'est-à-dire ceux que l'Église a déclarés authentiques et conformes aux livres divins. Je n'ose point me tlatter que vous approuviez une explication qui paraît si contraire à ce que vous venez de soutenir avec tant d'esprit et d'érudition ; cependant il ne paraît pas qu'il y ait moyen de sauver autrement 1 honneur des canons de Trente sur cet article.
Me voilà maintenant au bout de votre lettre, Monseigneur, dont je n'ai pu faire une exacte analyse qu'en m'étendant bien plus qu'elle. Je suis bien fâché de cette prolixité, mais je n'y vois point de remède. Et cependant je ne suis pas encore au bout de ma carrière : car j'ai promis plus d'une fois de montrer en abrégé, autant qu'il sera possible, la perpétuité de la foi catholique conforme à la doctrine des protestants sur ce sujet. C'est ce que je ferai, avec votre permission, dans la lettre suivante, que je me donnerai l'honneur de vous écrire; et cependant je suis avec zèle, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Leibniz.
2002. — Leibniz a Bossuet.
A Wolfenbuttel, ce 24 mai 1700.
Monseigneur, Vous aurez reçu ma lettre précédente, laquelle, toute
Lettre 2002. — Minute autographe, Hanovre, Papiers de Leibniz, fo" 3ii v" et 356 v® à 3t.'5. Publiée d'abord dans les OEuvres posthumes de Bossuet, t. I, p. 485. Datée, dans les éditions, du 2l\ mai, conformément au récit de Ledieu, t. II, p. 67, et à la réponse de Bossuet, du 17 août 1701 ; mais la minute porte la date du 3 1.
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ample qu'elle est, n'est que la moitié de ce que je dois faire. J'ai tâché d'approfondir l'éclaircissement que vous avez bien voulu donner sur ce que c'est qu'être de foi % et surtout sur la question, si l'Église en peut faire de nouveaux articles : et comme j'avais douté s'il était possible de concilier avec l'antiquité tout ce qu'on a voulu définir dans votre communion depuis la Réiormalion, et que j'avais proposé particulièrement l'exemple de la question de la canonicité de certains livres de la Bible, ce qui vous avait engagé à examiner cette matière ; j'étais entré, avec toute la sincérité et docilité possible, dans tout ce que vous aviez allégué en faveur du sentiment moderne de votre parti. Mais, ayant examiné non seulement les passages qui vous paraissaient favorables, mais encore ceux qui vous sont opposés, j'ai été surpris de me voir dans l'impossibilité de me soumettre à votre sentiment ; et, après avoir répondu à vos preuves dans ma précédente, j'ai voulu maintenant représenter, selon l'ordre des temp^, un abrégé de la perpétuité de la doctrine catholique sur le canon des livres du Vieux Testament, conforme entièrement au canon des Hébreux. C'est ce qui sera le sujet de cette seconde lettre, qui aurait été plus ample ^, si je n'avais eu peur de faire un livre, outre que je ne puis presque rien dire ici qui n'ait déjà été dit. Mais j'ai tâché de le mettre en vue, pour voir s'il n'y a pas moyen de faire en sorte que des personnes appliquées et bien intentionnées puissent vider entre eux un point de fait, où il ne s'agit ni de mystère ni de philosophie, soit en s'accordant, soit en reconnaissant au moins qu'on doit s'abstenir de prononcer anathème là dessus.
LXIV. Je commence par l'antiquité de l'Église judaïque. Rien ne me paraît plus solide que la remarque que fit d'abord Monseigneur le Duc, que nous ne pouvons avoir les livres divins de l'Ancien Testament que par le témoignage et la tradition de l'Église de l'Ancien Testament; car il n'y a pas la moindre trace ni apparence que Jésus-Christ ait donné