‹ Correspondance de BossuetChapitre 91 sur 192 · Edit. : qui aurait pu être bien plus ample · texte numérisé non relu

Edit. : qui aurait pu être bien plus ample

mai 1700J DE BOSSUET. 225

un nouveau canon là-dessus à ses disciples ; et plusieurs anciens ont dit en termes formels que l'Église clirclienne se lient, à l'égard du Vieux Testament, au canon des Hébreux^.

LXV. Or, cela posé, nous avons le témoignage incontestable de Josèphe, auteur très digne de foi sur ce point, qui dit, dans son premier livre Contre Apion'^y que les Hébreux n'ont que vingt-deux Livres de pleine autorité : savoir, les cinq livres de Moïse qui contiennent l'histoire et les lois; les treize livres qui contiennent ce qui s'est passé depuis la mort de Moïse jusqu'à Artaxerxès, où il comprend Job et les Prophètes, et quatre livres d'hymnes et admonitions, qui sont sans doute les Psaumes de David et les trois livres canoniques de Salomon : le Cantique, les Paraboles et l'Ecclésiaste.

LXVI. Josèphe ajoute que personne n'y a rien osé ajouter ni retrancher ou changer, et que ce qui a été écrit depuis Artaxerxès n'est pas si digne de foi. Et c'est dans le même sens qu'Eusèbe dit que, depuis le temps de Zorobabel jusqu'au Sauveur, il n'y a aucun volume sacré ■'.

LXVII. C'est aussi ce que confessent unanimement les Juifs, depuis l'auteur du premier livre des Machabées jusqu'aux modernes, que l'inspiration divine ou l'esprit prophétique a cessé alors. Car, dans le P"" livre des Machabées (ix, 27), il est dit qu'il n'y a jamais eu une telle tribulation depuis

3. Il est certain que les apôtres faisaient usage de la Bible grecque et acceptaient comme Ecritures divines les livres qu'elle contenait. Les deutérocanoniques y sont mélangés sans distinction aux protocanoniques. D'autre part, l'histoire du canon juif est encore assez obscure, et il n'est pas démontré que les Juifs de Palestine n'aient pas reçu d'abord comme inspirés les livres deutérocaniques contenus dans la Bible des LXX. Ils en ont certainement fait usage à l'origine, et ce ne fut que plus tard qu'ils rejetèrent la Bible grecque, dont les clirétiens faisaient usage contre eux (Voir Dict. de la Bible, art. Canon des Ecritures, t. II. col. 1I12, et Dict. de Théologie, t. II, col. 1573).

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