J. Venehoni a Bossuet
Monseigneur, Le Cardinal Bentivoglio ', qui a traité de son temps avec les plus grands princes de l'Europe, n'oserait aujourd'hui
lettres de Pomponne et le récit de ses négociations écrit par lui-même (Voiries Mémoires de Pomponne, publiés parJ. Mavidai, Paris, 1860- 1861, a vol. in-8 ; Mme de Sévigné, Grands écrivains, t. VI, p. 87, 91, 189 et i^o ; les Mémoires de Saint-Simon, t. I ; P. Varin, la Vérité sur les Arnauld. t. II ; Sainte-Beuve, Port-Royal ; Ch. Gérin, articledans la Revue des Questions historiques , ']an\ier 1878 ; L. Delavaud, le Marquis de Pomponne, Paris, 1911, in-8; Claude Cochin, la Chapelle funéraire des Arnauld à Sainl-Merri, Paris, 1912, in-8).
Lettre i8. — Dédicace de l'ouvrage intitulé : Lettres du cardinal Bentivoglio, traduites en français avec l'italien à côté, par le Sieur de Veneroni, maître des langues italienne et française à Paris, Paris, 1680, in-12; aclievé d'imprimer le 4 mai. — Jean Vigneron, interprète du Roi, était né à Verdun vers i638, et s'était acquis une grande réputation comme maître de langue italienne, sous le nom italianisé de Veneroni, qu'il avait pris pour donner plus de crédit à ses ouvrages et à son enseignement. Il a traduit en français plusieurs auteurs italiens. Sa grammaire, le Maître italien, Paris, 1678, in-12, a été très souvent réimprimée. Il a aussi donné le Dictionnaire italien-français d'Antoine Oudin... augmenté, Paris, 1681, in-/|. ^ eneroni habitait rue du Cœur-Volant, quartier de Saint-Germain-l'Auxerrois. Il mourut à soixante-dix ans, le 26 juin 1708, et fut inhumé à Saint-Sulpice, où Catherine Loiseau, sa femme, avait reçu la sépulture le I" mai ifig/l (Bibliothèque Nationale, fr. 7o5.5, f°^ So/j, 368, 38o, etc. ; fr. SaSSy, f» 626 ; 3259/», 1° 610 ; et 3383o, f° l^l^l).
I. Gui Bentivoglio, né à Ferrare, d'une noble famille, en 1579, se distingua par son habileté dans la nonciature de Flandre (1607- 1617), puis dans celle de France (1617-1621). Il reçut la pourpre en 1621, fut nommé évêque de Palestrina en i64i, et mourut le 7 septembre 1644, pendant le conclave qui suivit la mort d'Urbain VIII. Il a laissé le récit des événements auxquels il fut mêlé : Relazioni del card. Bentivoglio in tempo délie sue nunziature di Fiandra e di Francia, Anvers, 162g, in-4 ; Délia guerra di Fiandra, Cologne, i633-i639, 3 vol. in-4 ; Memorie, Amsterdam, i648, in-8 ; la Nunziatura di Francia, Florence, 1863-1870, 3 vol. in-12. La plupart de ces ouvrages ont été traduits en français.
s'approcher de Votre Grandeur, à cause de son déguisement. Mais, tout déguisé qu'il est par riiabillement français que je lui ai donné dans ses lettres que je prends la liberté de vous olTrir, je suis persuadé que les maximes et la délicatesse des pensées dont elles sont remplies feront toujours reconnaître ce grand homme sous quelque habit qu'il paraisse. Oui peut mieux que vous, Monseigneur, lui rendre la justice qui lui est due? Vous qui, par voire profond savoir, êtes regardé de tout le monde, à juste titre, comme l'arbitre souverain dans l'Empire des belles-lettres. Vous qui joignez à une très grande intelligence des saintes Écritures et des Pores de l'Église, une connaissance parfaite de l'histoire, tant sacrée fjuc profane. Vous enfin qui avez, par vos prédications pleines de zèle et de force et par vos doctes écrits, confondu les hérétiques, dont ce fameux cardinal a traversé, par ses négociations, les premiers établissements. Ce sont. Monseigneur, ces qualités extraordinaires et votre vertu si solide et si inébranlable qui vous ont mérité un emploi aussi important que celui qui vous a été confié. Le choix que le plus grand monarque de la terre, le plus juste et le plus éclairé, a fait de votre personne pour contribuer à l'éducation d'un prince qui est l'unique héritier de sa gloire, vous doit tenir lieu de toutes sortes d'éloges. Mais, si nous y ajoutons la satisfaction que Sa Majesté a marquée de vos soins et de votre application à répondre si dignement à sa confiance, si nous regardons les suites heureuses de l'éducation de Monseigneur le Dauphin, qui, devant beaucoup à son beau naturel, doit encore à vos lumières ce que la meilleure terre et la plus fertile doit à celui qui la cultive, toute la France tombera d'accord que jamais homme ne s'est acquis une estime plus universelle que vous. Après cela, Monseigneur, que peut-on dire de Votre Grandeur, si ce n'est qu'elle est au-dessus de toutes les louanges qu'on pourrait lui donner ? Aussi ne me présenlé-je devant vous que pour vous supplier très hutnblcment d'honorer ce petit ouvrage de votre illustre protection. Heureux si mon travail peut attirer vos regards et si je puis vous persuader de la j)rofonde vénération et de l'attachement respectueux avec lequel
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je suis, Monseigneur, de Votre Grandeur, le très humble, très obéissant et très soumis serviteur.
J. Veneroni.
A Monseigneur Bénigne de Bossuet, évoque de Condom, précepteur de Monseigneur le Dauphin, premier aumônier de Madame la Dauphine.