I. Cet alin/'ii miinqiie ;uix l'-dilions
sept. 1698] DE BOSSUET. Sàb
Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est de faire parler le frère-, et de se plaindre du P. Gharonier, qui continue certainement ses malignités contre M. de Paris, contre vous, contre le Roi et Mme de Maintenon.
Pour M. le cardinal de Bouillon, il est démonté : il commence à sentir le coup de l'ambassadeur. Il est à Rome décrié sur tout.
Je n'appris qu'hier que cette Eminence s'était persuadé que j'avais reçu quelque ordre de faire difi'érer le jugement, afin de donner lieu à M. de Monaco d'arriver. Il a cru qu'il y avait quelque mystère ; il alla pour cela sonder le Père Roslet, qui lui parla conformément à tout ce que je lui avais dit. La démarche qu'il a faite de me demander par écrit ce que j'avais dit au Pape, comme si je lui avais dit quelque chose d'extraordinaire, a paru ici une pauvreté à tout le monde, et m'a fait honneur. On n'a pas laissé de répandre que j'avais demandé qu'on dilTérât; mais personne ne l'a cru, et les cardinaux m'ont fort loué d'avoir empêché, disent-ils, qu'on ne précipitât cette affaire, comme ils le craignaient de l'humeur du Pape et des sollicitations de la cabale, dont c'était la dernière ressource.
Je crois qu'il est à propos que vous répondiez h l'insolent écrit de M. de Cambrai. Ne peut-on pas faire parler le cardinal Le Camus ?
Le 25 de ce mois, la relation des qualificateurs finira devant le Pape. Les nôtres ont tous fini. On a publié ici que le Père Granelli avait parlé dans son dernier discours devant le Pape contre les mœurs de M. de Cambrai, se servant de paroles libres; mais cela est faux. Il n'a rien dit que de bien, que de vrai, sur sa liaison avec Mme Guyon, et tout sur le témoignage de M. de Cambrai lui-même.
Le cardinal de Bouillon a dit là-dessus au P. Peyra, que ce Père n'avait rien avancé que ce que vous aviez voulu faire entendre dans votre Relation et dans votre Quietismus.
J'ai reçu les dernières feuilles : je fais relier les trois traités
a. Le frère du P. Amonio.
SiG CORRESPONDAiSCE [mars 1699
ensemble pour le Pape. Je prendrai occasion de lui dire ce qu'il faut sur ces traités, sur la Béfionse de M. de Cambrai et sur ses impostures.
Quand les qualificateurs auront fini, on donnera incessamment copie de tous leurs vœu\ aux cardinaux, qui demanderont à S. S. quelques semaines pour les examiner, pour étudier la matière avec les écrits de part et d'autre, et former leurs avis. Le plus long que S. S. leur donnera (car j'ai déjà pris les devants) sera le mois d'octobre; après quoi, en quelques congrégations ils rendront compte de tout. Vous n'avez pas un moment à perdre pour achever ce qu'il y a à faire, et faire écrire le nonce sur tout ce qu'on souhaite par rapport à vos personnes et à celle de M. de Cambrai ; qu'on insinue le tout au nonce, et que j'en sois averti.
On prétend que le cardinal de Bouillon est resté jusqu'au bout pour soutenir les examinateurs. Cette Eminence sera le même jusqu'au bout. Le Roi ne pourrait-il pas exiger de lui au moins de s'absenter?
Le cardinal Nerli dit avoir achevé de pei'dre l'usage d'un œil par la lecture des écrits de M. de Cambrai. On peste ici bien contre lui. M. Cliieti a un peu brouillé son vœu, et ne sait ce qu'il dit. Je ne désespère pas encore que le Carme ne fasse quelque chose de semblable. Je me doutais bien que M. de La Trémoille n'écrirait pas tout. Je vous ai mandé la pure vérité.
Bien des choses se préparent ici contre le cardinal de Bouillon. Poussin est enragé contre lui, et menace de découvrir bien des choses. L'arrivée du nouvel ambassadeur ne peut être que funeste pour cette Eminence.