Louis Bossuet
XIV — ai
n'ajoutait point foi à la calomnie qu'on avait avancée contre moi.
« Vous me donnez des nasardes en me faisant la réenclière, reprit M. de Meaux, car enfin comment pouvez-vous dire que vous ayez du respect pour moi ? Vous m'avez fait assigner au Cliâtelet. »
— Monseigneur, répondis-je, c'est le coadjuteur de Navarre que j'ai fait assigner. — Cependant, répliqua-t-il, le coadjuteur n'a rien fait que par mes ordres. — Pardonnezmoi, s'il vous plaît, Monseigneur, repris-je. C'est à l'occasion d'une insulte que le coadjuteur m'a faite, que je l'ai fait assigner. Vingt personnes de Navarre en rendront témoignage à Votre Grandeur. Cela est si vrai que j'ai souffert pendant un assez long temps qu'on eût changé les gardes de la Bibliothèque et qu'on m'empêchât injurieusement de manger à la communauté de Boncours', tant que j'ai eu le moindre doute que Votre Grandeur eût quelque part à cela. Je témoignais assez par cette conduite que je respectais jusqu'à l'ombre de son autorité. Mais quand le coadjuteur, enorgueilli de ma patience, ajouta l'insulte à de si mauvais traitements, je n'eus plus lieu de croire que ce fût un ordre qui vînt de vous, Monseigneur, dans la certitude où j'étais que rien n'est plus opposé à [votre]* équité. Ce procédé me rendit suspect tout le reste, et mes amis m'obligèrent à suivre les conseils du Palais là-dessus. On dressa un exploit où l'on comprit toutes les voies de fait que j'avais essuyées de la part du coadjuteur sans [l'ordre]'' du Grand maître '** et même contre son gré. Les dates. Monseigneur, justifient ce que j'ai l'honneur de vous dire. Votre Grandeur doit encore remarquer que je n'ai plus poursuivi l'affaire, depuis qu'elle a paru y prendre part, et je n'ai eu recours depuis ce temps-là qu'aux
7. I^hilippe Droiiyn occupait, au collè{je de Hoiicourl, qniilre ou cinq petites pièces encombrées de ses manuscrits et de ses livres (M. Lister, A journey lo I^aris, p. 100).