‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française (volume 2)Chapitre 2 sur 211 · L'ordonnance de Blois, de 1079 (t. XIII, p · texte numérisé non relu

L'ordonnance de Blois, de 1079 (t. XIII, p

4. En effet, l\. Siinou. il la fin de sa Remontrance h Noailles, écrivait : «... Supposé qu'il y ail un {jrand nombre de fautes dans ma Version du N. T., ne pouvait-on pas les l'on-ijfer, ces fautes, ou en mettant des cartons, ou dans une seconde cdition, comme l'on a corrigé celles du P. Qucsnel dans l'édition de iHcj^:* Ni le censeur royal, ni l'auteur n'ontpoint refusé de se soumettre à V. F, : ils ont demandé seulcinenl qu'on leur fit la grâce de les entendre. »

nov. 1702] DE BOSSLET. 3

seule raison qui m'obligeait d'en presser la publication ; mais il faut prendre les moments propres, et souffrir avec patience le retardement. Je vous remercie de tous vos soins.

Je suis à vous, comme vous savez, de tout mon cœur.

J. Bénigne, é. de Meaux.

2187. — A Antoine de Noailles.

A Germigny, 5 nov. 1702.

Je reçois, Monseigneur, votre lettre du 3, de Conflans. L'Eglise est attaquée dans le plus intime; Dieu nous aidera. J'avais commencé un mémoire* ; mais il a fallu l'interrompre par quelques remèdes, plus par précaution que par maladie. L'écrit" est d'une

Lettre 2181. — L. a. s. Bibliothèque V. Cousin, à la Sorbonne.

1. Celui que Ledieu appelle le Grand mémoire, et que Bossuet acheva de dicter le g novembre (Ledieu, t. II, p. SaS à 327).

2. L'écrit de R. Simon, daté du 12 octobre: Remontrance à Mgr le cardinal de Noailles, archevêque de Paris sur son ordonnance portant condamnation de la traduction du Nouveau Testament imprimée à Trévoux. s. l. [Rouen] in-12. Cet écrit a été reproduit à la fin du tome II des Lettres choisies de R. Simon. Ledieu (^loc. cit.) rapporte que Bossuet le trouvait « faible et d'un homme qui, se sentant soutenu, loin de se soumettre, cîierclie encore des raisons pour se défendre contre son archevêque. « Bossuet avait dû voir avec déplaisir le passag-e où R. Simon rappelait les témoig'niijjes d'estime qu'il avait reçus de lui : « Oserais-je vous dire, Monseigneur, qu'un des plus savants et des plus illustres prélats du royaume, qui a lu ma version du N. T. et qui a fait dessus plusieurs remarques, m'a fait savoir qu'il souhaitait que je travaillasse à une version entière de la Bible et à une revision de mes ouvrafjes critiques pour les donner de nouveau au public ? Soyez persuadé, Monseifjneur, que je n'avance rien à V. E. dont je ne puisse

Ix CORRESPONDANCE [nov. 1703

insolence parfaite, et mériterait une animadversion publique. Il se vante des lois du royaume^ ; mais ce n'est pas la loi du royaume qu'on s'élève ouvertement contre la doctrine du prélat : les arrêts y sont contraires. M. de La R[eynie] disait autrefois que de telles gens devaient être renfermés comme des pestes publiques : c'était au sujet de la Critique du Vieux Testament. Pour joindre l'instruction à l'autorité, je médite une préface à mon livre, qui ne laissera aucune réplique ; mais il faudrait auparavant la mainlevée. On permet^ aux moindres parties d'imprimer un factum. Il faut toujours parler avec respect d'un magistrat de cette importance ; mais l'état de l'Eglise serait bien triste, si elle ne pouvait pas même se défendre. C'est un scandale public, qu'on ose publiquement écrire contre une censure d'un prélat de votre autorité, au lieu qu'il n'y aurait qu'à se soumettre.

lui donner de bonnes preuves » (Cf. t. XIII, p. 534). H esl vrai qu'à ses reproches, liossuet avait joint des élojjes auxquels R. Simon sVtait montré sensible : dans sa Remontrance . le critique se prévaut de ces mots Flatteurs, en les détachant des blâmes qui les environnaient (R. de La Broise, Bossuct et la Bible, Paris, i8()i, in-8, p. 35i-35a).

3. « Je suis persuadé. Monseigneur, disait R. Simon, que, lorsqu'il plaira à V. E. d'y faire attention, elle me rendra justice sur tout mon ouvrage, ayant été muni de tout ce qui était nécessaire selon les lois reçues dans le royaume. Vous savez mieux que personne. Monseigneur, qu'on ne peut légitimement accuser un auteur, lorsqu'il a l'approbation des docteurs, qui sont les véritables garants de son livre. »

4. Bossuet, par distraction, a écrit : permettre. Il veut dire qu'on permet aux simples particuliers d'imprimer des factums pour expliquer leur cause devant les tribunaux, d'où la conclusion sous-entendue est qu'il faut lui permettre d'imprimer pour exposer ses griefs contre H. Simon. Cf. p. i5.

nov. 1702] DE BOSSUET. 5

Je compte d'être jeudi à Paris, s'il n'arrive quelque accident.

Respect et obéissance.

J. Bénigne, é. de Meaux.

2188. —A Louis XIV.

Sire,

Ce qui se passe en votre ville royale, dans votre cour, à vos yeux, est d'une si grande conséquence pour la religion, que je me sens obligé par les devoirs les plus étroits de la conscience, de me jeter à vos pieds pour supplier Votre Majesté en toute soumission et respect de vouloir s'y rendre attentive.

Le Nouveau Testament de Trévoux, justement flétri par la plus savante censure* qui ait été faite depuis plusieurs années, non seulement se débite impunément dans Paris, où la censure en a été publiée ; mais encore on ôte aux évêques mêmes tous les moyens de combattre l'erreur par une saine doctrine. Cette censure, à la vérité, se soutient par sa propre force ; mais, comme il n'est pas possible de tout dire dans un ouvrage de cette nature, j'ai cru devoir découvrir par un petit livre les artifices dont l'auteur de cette version a coutume de se servir

Lettre 2188. — Cette requête est appelée par Ledieu (t. II, p. 333) le Grand mémoire. Bossuet y mit la dernière main le 10 novembre 1702 (^ibid., p. 337).

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