C. Gapperonnier, Diacre, licencié en théologie
3. A l'occasion du Cas de conscience, Ellies du Pin fut exilé à Châlelleruull et privé de sa chaire, vers le 20 mars 1708. S'étant bientôt rétracté, il put revenir h Paris, mais on ne lui rendit pas sa chaire. ToutcFois elle ne Fut pas donnée h Capperonnier. Celui-ci ne Fut nommé à la chaire de {^rec du (collège royal qu'en 1733, i^i la mort de l'abbé Massieu (L'abbé Goujet, Mémoires sur le Collège royal. Paris, 1758, 3 vol. in-ia, ou un vol. in-.'i).
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221 3. A MlLORD PeRTH,
A Paris, a8 mars 1703.
Milord,
Je ne puis vous exprimer ma très humble reconnaissance envers la Reine', non seulement pour le témoignage du précieux souvenir de Sa Majesté, mais «ncore pour l'excellence du présent dont elle m'honore. Le livre que vous me faites l'honneur de m'envoyer de sa part^ est plein de vrais miracles ; et je n'en vois point de plus grand que la foi, les sentiments et les pratiques d'un roi humble, d'un roi pénitent, d'un roi qui sent et fait sentir la plus signalée de toutes les grâces dans la suite des malheureux succès qui l'ont dépouillé de trois royaumes et l'ont tenu relégué durant tant d'années dans un pays étranger. L'Eglise n'a rien de plus précieux que ces grands exemples, qui font voir que Dieu fait des saints quand il lui plaît, et sait inspirer les
Lettre 2213. — i. La veuve de Jacques II.
2. Il s'agit de V Abrégé de la vie de Jacques II, roy de la Grande- Bretagne, tiré d'un écrit anglais du R. P François Sanders, par le P. Fr. Bretonneau, avec un recueil des Sentimens du même roy sur divers sujets de piété, Paris, 1703, in-i2. L'approbation donuée à cet ouvrag-e par E. Renaudot est du i3 décembre 1703. On sait que Jacques II avait laissé des mémoires manuscrits qui ont été détruits pendant notre grande Révolution ; mais il en avait été fait des extraits, qui ont été publiés par le D"' Clarke : The l.ife of James the second... collected out of memoirs wrilten of his own hand... Published from the original Sluart manuscripts in Carlton House, by J. S. Clarke, Londres, i8i6, 2 vol. in-4- Cet ouvrage a été traduit en français par J. Cohen, Paris, 1819,4 vol. in-8. Les mémoires de Jacques II forment les tomes XXII à XXV, de la Collection des mémoires relatifs à la Révolution d'Angleterre, publiée par M. Guizot.
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pratiques des plus hautes maximes que la doctrine et la vie de Jésus-Christ ont fait paraître dans le monde.
Je ne finirais jamais, Milord, si je voulais transmettre au papier ce que ce livre me met dans le cœur. Il sera le vrai don royal ^ de la Maison d'Angleterre. La France, qui a été témoin des plus grandes merveilles du saint roi*, le comptera parmi ses trésors. On ne verra point ni de plus solide instruction pour la piété, ni même de plus belle controverse pour ramener les errants à l'Eglise catholique. Tout y est, et tout y est réduit en pralique. Je prie Dieu qu'il soit la consolation de la Reine, l'instruction domestique du jeune roi \ et une ressource
3. Allusion à l'ouvrag'e ècrh par Jacques !"■ et inlituh^ PaaiÀi/.ôv 8wpov, sive regia institutio ad Henricuin principem. priinogenituin suum et hseredem proximum, Londres, i6o4, in-8 (Bibliothèque Nationale, E*3ii8).
4. Cf. Ledieu, t. II, p. ^23. Si, avant son (élévation au trône, et même après, Jacques 11 avait donné dans de graves désordres (Sur ses bâtards, voir Saint-Simon, t. III, p. 55 ; t. VII, p. 173), il avait, depuissa ciuite, absolumentciiangé ses dispositions et s'était mis g-énéreusemenl h la pratique de la pénitence et des plus solides vertus. Dès i6go, il était entré en relations étroites avec Rancé, abbé de la Trappe, dont il recevait les conseils et la direction par lettres, et près duquel il venait presque chaque année passer plusieurs jours dans la retraite. A son école, il s'éleva rapidement ;"• une «sainteté éminenle », comme s'exprime Saint-Simon (t. IX, p. 2g5). Sa mort édifiante est racontée dans deux lettres du duc de Perth à l'abbé de la Trappe (Saint-Simon, t. IX, p. l^^ib-!^2S). Sa réputation de sainteté attira près de son tombeau, dans la chiipclle des Bénédictins anglais du Faubourg Saint- Jacques, un grand concours de peuple. Le bruit s'étant répandu qu'il s'y Faisait des miracles, l'archevêché chargea M. de La Chélardye, curé de Saint-Sulpice, d'en faire une enquôte, et cet ecclésiastique conclut à leur authenticité (,\rchives Nationales, K i3o3 et 1717; Saint-Simon, t. IX, p. ^2HC)-9.(jf^).
5. .lacqucs Edouard, fils de Jacques II, lut reconnu par Louis XIV
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bienheureuse comme un témoignage immortel à l'Angleterre.
Aimez toujours celui qui est avec un respect et un attachement inviolable, aulant que tendre et sincère, Milord, votre très humble et très obéissant serviteur. J. Bénigne, é. de Meaux.
221 A. — A Pierre de La Broue.
A Paris, 29 mars 1708.
Votre lettre, Monseigneur, achève de me déterminer à la matière importante que vous souhaitez, par l'attention qu'elle me fait faire au défi du sieur Basnage*. Voici donc quel sera, s'il plaît à Dieu, l'ordre des ouvrages que je prépare. La Seconde Inslruction sur les passages particuliers^ est nette,
comme roi d'Angleterre ; on l'appelle d'ordinaire le ClieA-alier de Saint-Georges. Milord Perth était son gouverneur.
Lettre 2214. — i. Dans son Histoire de l'Eglise, Rotterdam, 1699, 2 vol. in-fol., livre XXVI, ch. iv, p. i525, Basnage mettait en regard des variations des Eglises protestantes les divergences des catholiques sur certains points de doctrine et en particulier sur la matière de la grâce, et il écrivait: « Si M. "de Meaux nous fait voir que les Pères grecs et latins qui ont vécu avant saint Augustin aient toujours enseigné la même doctrine sur la grâce..., je (lui) promets de reconnaître la vérité des maximes qu'il a posées; mais s'il succombe sous ce pesant fardeau, il faut qu'il permette au public de croire que son Histoire des variations est inutile, puisqu'elle est appuyée sur des raisons qui ne sont pas vraies, et qu'il n'a pas dû l'entreprendre avant que d'avoir résolu une objection invincible qui se présente naturellement à l'esprit de tous ses lecteurs ».
2. Seconde inslruction sur les passages particuliers de la version du Nouveau Testament imprimée à Trévoux en l'année ij02. Avec une dissertation préliminaire sur la doctrine et la critique de Grotius, Paris, 1708, in-ia.
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avec une Dissertation préliminaire sur Grotius, qui est de la dernière conséquence à cause de ses commenlaires et autres ouvrages qui répandent l'erreur partout. Gela est fait ; il n'y a qu'à mettre au net pour la dernière fois. Là, je promettrai dans la préface l'ouvrage que vous prescrivez \ et j'y travaillerai pendant l'impression. La chose sera facile dans l'état où se trouve la composition, et la matière étant non seulement toute digérée dans mon esprit, meus encore presque toute déjà mise, en l'état que vous savez, sur le papier.
J'aurai une joie extrême de vous embrasser et de conférer avec vous. M, du Maine ne me donna point d'autre raison, sinon en général qu'il ne fallait point s'engager ; mais au reste il parut très disposé*.
Ne soyez pas en peine de ma santé : vous la croyez plus languissante qu'elle n'est, Dieu merci. Il est vrai que le grand âge apporte certaines sortes d'incommodités qui obligent à des précautions aisées et innocentes, qui ne laissent pas de faire discourir le monde. Tout est dans la main de Dieu, de qui en
3. On lit, en effet, dans la préface delà seconde Instruction contre Simon : « Je m'enj^age donc à soutenir dans mes Instructions suivantes... l'inv.Tfiable perpétuité de la foi de l'Eglise clirélieune ; et puisque la matière de la (frâce et du libre arbitre est celle qu'on veut regarder comme le sujet de la division, c'est sur ce point que je promets, avec le secours d'en haut, de démontrer, plus facilement et aussi plus brièvement qu'on ne le peut croire, le consentement des anciens Pères avec leurs successeurs de l'Orient et de l'Occident, et des Grecs avec saint Augustin et ses disciples. » Les instructions promises n'ont pas été écrites, mais le sujet qu'elles devaient traiter est le même que celui de la Défense de la tradition et des saints Pères.
4- V'oir les lettres du ai mars et du 11 juin 1700, t. \II, p. 173 et a64.
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tout temps, et principalement à l'âge oiîje suis\ il faut recevoir la vie et la santé comme heure à heure et de moment en moment, sans se rien promettre, pour la faire servir à la gloire de Dieu jusqu'au dernier soupir. Cette pensée me fait passer la vie doucement, en attendant qu'il faille en partir ; ce qui, après tout, par la grande bonté de Dieu, est le moment le plus désirable.
Ces légères indispositions m'ont tenu ici plus longtemps que je ne voulais, pour y régler, avec les médecins qui me connaissent \ le régime et les précautions autant qu'il se pourra par l'expérience.
Oii en êtes-vous de vos ouvrages ^i^ Pour moi, j'espère que Dieu me donnera le temps de rendre à l'Eglise le service que vous souhaitez.
Je suis avec tout le respect et l'attachement que vous savez, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
J. Bénigne, é. de Meaux.
5. Bossuet était dans sa soixante-seizième année, et n'avait plus guère qu'un an à vivre. Il se faisait illusion, bien que ressentant déjà les cruelles douleurs causées par la pierre. Lorsque les médecins lui apprirent la vérité sur son état, il en fut si frappé que Ledieu (t. II, p. 4o4 et 407) qualifie d' «aliénation », le trouble dont il fut saisi.