I. L'Instruction contre le Nouveau Testament de Trévoux
a. Saint Jacques le Mineur, évèque de Jérusalem. Les chrétiens de cette ville étaient divisés de sentiments, les uns, partisans rigoureux des observances judaïques, ou judaisants rigides ; les autres, plus modérés, ne regardant pas ces pratiques comme obligatoires pour les chrétiens venus de la gentilité. Toutefois la scission ne se produisit qu'après la mort de saint Jacques. Alors les modérés se rangèrent sous l'autorité de Siméon, qu'ils avaient élu pour lui succéder; mais les judaisants lui opposèrent Thébutis, et donnèrent naissance à la secte des Ebionites.
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ront paraître à découvert tant que vous vivrez. Il n'y a qu'à souhaiter que ce soit bien longtemps, puisque vous ne perdez non seulement rien de votre force et de votre vivacité, mais qu'il semble au contraire que Dieu vous la renouvelle. Vous faites bien paraître ce misérable Simon tel qu'il est; et, avec tout son orgueil et sa présomption, je doute qu'il ose reparaître. Votre livre le terrasse, et le fait voir, aussi bien que ses approbateurs et protecteurs, infiniment méprisable^. Vous ne dites qu'un mot de ces derniers; mais il y en a assez pour les faire rougir de honte. Vous serez peut-être cause, quoique sans le vouloir, que ce malheureux socinien caché lèvera le masque* ; car quel crédit peut-il avoir présentement parmi les catholiques ? Vos instructions. Monseigneur, ont cela de bon, qu'outre l'utilité, elles attachent et font plaisir. Je ne serais pas étonné qu'elles fissent cet effet sur moi par la prévention que j'ai pour tout ce qui vient de vous; mais j'apprends qu'elles ont fait la même impression sur tout le monde. Quand vous ferez quelque nouvel ouvrage, je donnerai des ordres pour l'avoir plus promptement, et je prendrai la liberté de vous donner une autre adresse. On m'avait alarmé sur votre santé, et sur quelque menace d'un mal bien fâcheux; mais j'espère qu'elle n'est point fondée. Vous savez, Monseigneur, à quel point je m'y intéresse, et le respectueux et inviolable attachement que je conserverai toute ma vie pour vous.
A. H., év. de Fréjus.
3. Avis au lecteur, en tête de la première instruction : « Qu'il ne se fliitte donc pas de l'approbation que trouvent dans certains esprits ceux qui sont notés par des censures. Il Faudra bien que ce novateur tombe comme les autres aux pieds de l'Eglise... »
4. Le bruit courut que Simon s'était réFugié h Cologne. D'autre part, on rapportait qu'il avait dit de Bossuet : « Il faut le laisser mourir ; il n'ira pas loin m (Ledieu, t. II, p. S/i^).
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2224. — Au Comte de Pontchartrain.
Monsieur,
Pour vous rendre compte du personnage dont vous me faites l'honneur de m'écrire, j'aurai l'honneur de vous dire en général que tout ce qui a rapport à moi, dans la relation que vous m'envoyez, est véritable. Dans le détail, il est vrai que cet étranger vint chez moi à Versailles en l'an 1692 ou environ, recommandé par un missionnaire ou bénédictin anglais. Lorsqu'il arriva, feu M. de Court* «e trouva chez moi, qui, par la connaissance qu'il avait des pays et des affaires d'Orient, découvrit beaucoup de choses de ses voyages, dont il rendait de fort bonnes raisons. Il s'appelait le Chevalier Tartare, et nous ne l'avons connu que sous ce nom. La première chose que nous apprîmes, c'est qu'envoyé loin de son pays, c'est-à-dire de la Tartarie, dans la crainte d'une irruption, et vers l'âge de douze ans, avec un gouverneur qui se fit chrétien à Ispahan, il lui persuada d'en faire autant ; et ainsi il fut baptisé avec son gouverneur, fort jeune encore et fort peu instruit du christianisme, que ce gouverneur, quoique zélé et habile, ne lui apprit que superficiellement. Nous ne lui trouvâmes en
Lettre 2224. — Copie authentique d'un secrétaire, revue et achevée par Ledieu (au Séminaire Saint-Sulpice). — Cette lettre concerne le chevalier tartare, à qui nous avons consacré une note, t. VIII, p. 3a.