Hausset : vouloir n'-pnrer mes forces
Lettre 2235. — Publi«^e pHr M. Gaslii (Deux lettres, p. 5l), d'après le recueil de N. Payen.
sept. 1708] DE ROSSUET. 107
chacun des curés retournant à son presbytère, l'un d'i ceux s'arrêta dans les champs, non loin de la ville, à marchander des choux. Il y fut rencontré à cent toises du faubourg par le Lieutenant général de Meaux ' (le grand général s'entend, car, pour le plus petit, de la police 2, ne se fait ici mémoire de lui) ; le général donc, passant près du curé, lui cria de se hâter de conclure son marché afin de marcher de compagnie. Le curé prit ses choux et le galop, et vint diligemment joindre celui qui l'avait appelé. En l'abordant, le curé trouva un homme fait comme un dragon, avec manteau d'écarlate des plus rouges, portant au col cravate couleur de sang, et sur la tète une moutonne^ coiffure à la diable et un chapeau des plus larges de bord et des plus hauts de forme, que le vent du Nord le plus furieux n'aurait pas seulement fait mouvoir ni ébranlé. A cette improviste rencontre, le curé surpris cesse de courir, retient sa jument et se tait. Le Lieutenant, pour rassurer son prétendu camarade de voyage, prenant la parole, lui demande où il va et d'où il vient. Le curé, à voix basse, répond qu'il vient du synode. L'interrogatoire continue : on s'informe de ce que c'est que le synode. Le curé réplique que le synode est une comparution de tous les curés du diocèse devant leur évêque pour entendre et apprendre une partie des devoirs de leur état. On s'enquiert quia présidé à cette assemblée et qui a fait telle remontrance, vu que le bruit courait de l'absence et maladie de Monseigneur. Le prêtre répond que Monseigneur a été représenté par son neveu. — « Quoi ! dit le Lieutenant général, M. l'abbé Bossuet, ce jeune abbé*, a