Voyez, Dissertation sur Grotius, n° V, p. 17, 18, ly, ao
oct. i7o3J DE BOSSUET. il3
Voilà ce que Dieu m'a donné pour vous, sur votre dernière lettre : je vous en fais part, quoique je sache que votre foi n'a pas besoin de cette instruction ; mais je ne puis m'empecher de déplorer avec vous cet esprit d'incrédulité qui se trouve en effet dans les chrétiens, vous exhortant de tout mon cœur à inspirer à tout le monde, dans l'occasion, le désir d'apprendre ce qui en effet est pour eux la vie éternelle ^
A Paris, le i" d'octobre 1703.
2237. — A Valincour.
J'ai, Monsieur, reçu votre lettre du 1 1* d'octobre, et j'ai vu celle de même date que vous écrivez à M. [Ledieu]', où vous le priez de me proposer
<lans la seconde Instruction sur le Nouveau Testament de Trévoux, (Note de Bossuet).
6. Cf. : Heec est autem vita aeterna, ut cognoscant te solum Deum verum et quem misisti Jesnm Gliristum (Jean., xvii, 3).
Lettre 2231 . — Bossuet a mis en tète de cette lettre le sommaire suivant : « Deuxième lettre sur la même difficulté et sur quelques réflexions dont on la soutient; où il est prouvé que Jésus-Clirist a d'abord autorisé sa mission par ses miracles ; que la plupart des prophéties n'étaient pas connues durant sa vie ; que celle de l'enfantement virginal est de ce nombre ; que plusieurs de ses disciples l'ont ignorée, et qu'il ne s'est pas pressé de les instruire sur ce point, non plus que sur beaucoup d'autres ; qu'il était du conseil de Dieu que ce mystère s'accomplît sous le voile du mariage ; quelles ont été les dispositions de la divine Providence pour préparer le monde à un si grand mystère. »
I. De ces deux lettres écrites par Valincour le 1 1 octobre 1708, celle qui était adressée à Bossuet a disparu; l'autre avait pour destinataire Ledieu, secrétaire du prélat : on la trouvera en appendice, p. 218.
11^ CORRESPONDANCE [oct. 1708
une nouvelle difficulté, si toutefois elle est nouvelle : car, pour moi, je crois y avoir déjà satisfait dans ma lettre précédente, en vous faisant observer que les preuves indicatives de la venue du Messie devaient cire distribuées de sorte qu'elles soient déclarées" chacunes en son temps; ainsi, qu'il ne faut pas trouver étrange qu'elles ne pussent d'abord être toutes remarquées par les Juifs. L'on ne doit pas croire pour cela qu'il leur fût permis de tenir leur esprit en suspens sur la mission de Jésus-Christ ; puisque, outre d'autres prophéties plus claires que le soleil, qu'ils avaient devant les yeux, le Sauveur leur confirmait sa venue par tant de miracles qu'on ne pouvait lui refuser sa créance sans une manifeste infidélité, comme il dit lui-même en ces termes : Si je n'étais pas venu, si Je ne leur avais point parlé, et que je n'eusse pas fait en leur présence des prodiges que nul autre n'a faits avant moi, ils n'auraient point de péché ; mais maintenant leur incrédulité n a point d'excuse^. Ils devaient donc commencer par croire, et demeurer persuadés que le jjarliculii T <li^ prophéties se découvrirait en son temps.
Par exemple, c'était une marque poui* connaître le Christ, qu'il devait convertir les Gentils. Mais encore que NoIrc-Seigneur défendît à ses apôtres d'enirrr dans la voie des Gentils, et de prêcher dans les villes de Samaric'', il ne fallait pas pour cela
a. Péclarâes, écluircies, expliquées.