Joan., J, lib
■7. C'était à dire. Cette locution montre une fois de plus que nous avons eu raison de distinguer, à plusieurs reprises, c'est à dire de c'est-à-dire. Cf. t. VII, p. 176.
Il6 CORRESPONDANCE [oct. 1705
qu'il est le Messie. Ainsi Jésus-Christ même ne se pressait pas de les éclairer sur ce point. Et quand les pharisiens disaient à Nicodème, un des leurs : Approfondissez les Écritures, et reconnaissez que le prophète (que nous attendons) ne doit point venir de Galilée^: nous ne voyons pas que ce pharisien, quoique d'ailleurs affectionné à Jésus-Christ, eût rien à leur répondre, content de savoir en général que nul homme ne pouvait faire les prodiges quil faisait, si Dieu n'était avec lui\ Bien plus, Jésus- Christ lui-même ne répondait rien à ceux qui disaient que le Christ devait sortir de David et de la ville de Bethléem*^. Rien ne pressait, et Jésus-Christ ayant par avance montré sa venue par les signes les plus authentiques, qui étaient les œuvres de son Père, cest-à-dire par le témoignage le plus éminent et le plus sublime que le ciel eût jamais pu donner à la terre, il avait suffisamment fondé la foi qu'on devait avoir à ses paroles, encore qu'on n'entendît pas quelques prophéties particulières : car c'était assez qu'on vît clairement que les merveilles qu'il opérait étaient une preuve certaine et plus que démonstrative de sa mission.
Au surplus, non seulement l'accomplissement des prophéties, mais encore leur intelligence avait son temps : souvent elles s'accomplissaient aux yeux el entre les mains des apôtres mêmes, sans qu'ils s'en aperçussent, comme il est expressément marqué en
H. Joan., VII, 5o, 5a.
f). Ibid.. III, a.