Joan., I, ^b
oct. 1708] DE BOSSUET. 128
mière naissance devait être inconnue aux hommes ; (le là s'était répandu le bruit qu'on ne saurait pas d'où le Messie devait venir, ce qui donna lieu à l'objection des Juifs sur l'incertitude de l'origine du Messie. Mais, pour concilier toutes choses, Jésus- Christ s'écria à haute voix : Et vous savez qui je suis, et vous savez d'où je viens ; et je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui m'a envoyé est véritable, et vous ne le connaissez pas^\ Ainsi, d'un côté, vous me connaissez et vous savez d'où je dois venir, puisqu'il vous a été révélé que je dois sortir du sang de David, et de Bethléem, qui était sa ville ; mais je vous suis inconnu en un autre sens, puisque, comme il dit ailleurs : Vous ne connaissez ni moi ni mon Père^^.
Il est vrai que les Juifs se trompaient encore en croyant Jésus-Christ le fils de Joseph, pour conclure de là que c'était un homme sans littérature et sans aucun talent extraordinaire, qui aussi ne devait pas se dire descendu du ciel*'; mais, pour ce qui est d'induire que sa mère ne pût être vierge, parce qu'elle était mariée, nous avons déjà remarqué qu'il ne leur est jamais arrivé de faire ce raisonnement, ni de tourner en ce sens l'oracle d'Isaïe, qui n'avait point parlé de celte sorte.
Concluons donc que le mariage de la sainte Vierge ne pouvait être une preuve contre sa virginité. Dieu ayant révélé le contraire en cette occasion par des