Rom., IX
a6. D'après Ledieu (t. III, p. 23), cette lettre serait du a8 octobre. Lettre 2238. — Lettre a. s. Inédite. Collection Morrison, seconde série, t. I, p. Sog.
Datée du 3 novembre dans Deforis (t. X, p. 6^1), cette lettre, comme on le verra tout à l'heure, semble bien être antérieure au 5 de ce mois; on s'explique donc assez mal qu'elle porte la date du 9 dans le catalogue de la collection Morrison.
1. Cette lettre se trouvait en 1780 la propriété d'un ami de Mercier de Saint-Léger (Ant. de Lantenay, Mélanges de biographie et d'histoire, Bordeaux, i885, in-8, p. 566). On ignore ce qu'elle est devenue depuis.
2. Ordonnance de Mgr l'Illustrissime et Révérendissime évêque et comte de Toul portant condamnation d'un libelle intitulé Factum ou propositions succinctement recueillies des questions qui se forment aujourd'hui sur la matière de l'usure (datée de Paris, aS septembre i7o3), Toul, 1708. — Les théologiens ne distinguaient pas entre l'usure et Vintérêt. Tout en admettant les contrats de constitution de rente rachetable, ils condamnaient tout profit tiré d'un simple prêt, à moins que ce ne Fût en dédommagement d'un profit perdu ou d'un risque couru à l'occasion de ce prêt : lucrum cessans et damnum emergens. L'opinion de Bossuet sur ce point est exposée dans son Traité de l'usure; cf. édit. Lâchât, t. XXXI, p. 21-59.
128 CORRESPONDANCE [nov. 1708
savoir les suites, je vous envoie la défense que la cour de l^orraine a fait de le publier^, et en même temps je vous demande votre avis, comme au père des cvêques de France, pour savoir ce que je dois faire pour une matière de cette importance. En ai-je assez fait en envovant mon mandement à tous mes doyens ruraux et aux chefs des communautés, pour m'opposer, autant que je le dois, aux erreurs contenues dans le libel[le] que j'ai condamné*, ou dois-jc encore faire davantage après la défense du Souverain de publier mon ordonnance, et, en ce cas-là, que dois-je faire ^? Il ne s'agit pas ici d'un point de discipline ou de juridiction, mais d'une matière de foi, de doctrine et de mœurs : c'est un usage commun en Lorraine de prêter sur de simples obligations et d'en tirer du profit. Je suivrai vos avis, Monseipjneur, sachant qu'ils sont pleins de lumière et de sagesse".
3. Le secrc'taire d'Etat du duc Léopold notiPia celte interdiction aux doyens ruraux par une lettre du 9 octobre, dont on peut voir le texte à la Bibliothèque Nationale (n. a. fr. 8108, f 121).
(i. Cet écrit, Faclum ou propositions, etc., réimprimé en 1708, avait paru d'abord eu 1680, in-4, avec la fausse rubrique: à Ville-sur- Illon (pour Strasbourg). C'était l'œuvre d'un avocat de Nancy, François Guinel, qui y critiquait une lettre pastorale donnée le 26 avril 1679 avec une sorte d'Instruction par Jacques de Fieux, évèque de Toul, contre la pratique, répandue en Lorraine, du prêt h intérêt. Ce prélat n'avait pas cru devoir répliquer (Vaugeois, François Guinet, jurisconsulte lorrain, dans les Mémoires de l'.icadémic rie Stanislas, 1867; Arthur Benoît, article du Bulletin de la Société philomathique vosgienne. 1890-1897; J. Liéjfeois, Du prêt à intérêt, Nancy, i863, in-8, p. lOi ; D. Calmet, Hibliothequc lorraine, aux mots Guinet, BissY, etc.).
5. C'est vraisemblablement la réponse de Bossuct qui nous est ainsi résumée par Ledieu : « Lundi malin 5 [novembre 1708], ^L de Meaux a travaillé à des lettres qu'il a dictées de son lit : par l'une, à M. de Bissy, évéque de Toul, il lui disait sur son Ordonnance contre l'usure, qui lui attirait de la cour de Lorraine ce déboire d'en empêcher la pulilicalion. qu'il n'avait d'autre chose ^ faire qu'une très humble remontrance dans l'occasion, et de faire exprès un sermon dan» sa cathédrale sur la matière; après cela, soufTrir. » (Ledieu, I. UI, p. 21).
6. Le l'ape comlamna par un bref ilu 11 février 170.^ les écrits
nov. 1708] DE BOSSUET. 129
Je prie Dieu de tout mon cœur qu'il vous rende une santé parfaite.
Je suis, avec tout l'attachement et le respect possible, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Henri, évêque de Tout.
2289. — A Valincour.
Puisque j'ai une fois commencé à glorifier le fils d'une vierge dans la prédiction d'Isaïe, j'en continuerai l'explication avec la grâce de Dieu, qui me le met dans l'esprit, et je vous l'adresse, Monsieur, comme à celui dont les lettres en ont été l'occasion.
Je dirai donc, avant toutes choses, qu'il n'y a rien de plus précis que les paroles du prophète pour
émanés de la cour de Lorraine. Néanmoins la discussion continua. L'opinion traditionnelle fut soutenue par le P. Charbon, lazariste, <ians un traité resté manuscrit, et par le P. J. Jos. Petit-Didier, jésuite, dans sa Dissertation théologique et canonique sur les prêts par obligation stipulative d'intérêt usités en Lorraine, Nancy, I745, in-ia. Le sentiment coutraire fut défendu par le P. Modo, jésuite, dont l'écrit n'a pas été imprimé, et par le P. Grangier : Examen théologique sur la société du prêt à rente, dialogue entre Bail et Pontas, docteurs en théologie, par M***, Paris, 1747, in-12; nouv. édit., Nancy, 1762, in-12 (Ces auteurs, sauf le P. Grangier, ont leur notice dans la Bibliothèque lorraine de D. Galmet).
Sur cette afifaire, on peut voir M. l'abbé Eug. Martin, Histoire des diocèses de Toul, de Nancy et de Saint-Dié, Nancy, igoS, 3 vol. in-8, t. II, p. 278 et suiv., p. 383 et suiv ; les pièces conservées à la Bibliothèque Nationale, n. a. fr. 3io8, Lorraine, 278 et 378 bis; les papiers de l'archevêque de Reims, fr. 20769, f* 118 à 178 ; les lettres de Bissy à Noailles, fr. 20978.
Lettre 2239. — Dans l'opuscule de Bossuet, cette lettre a pour titre : Troisième lettre, qui contient l'explication à fond de la prédiction d'Isaïe, au chap. vu, f. i4, et au chap. ix, jr. 6.
l3o CORRESPONDANCE [nov. 170»
signifier la Vierge mère ; et je dirai en second lieu quelle ne peut être que la mère de Jésus-Christ.
Récitons d'abord la prophétie comme elle est dans saint Matthieu : Une vierge concevra et enfantera un fils, et il sera appelé Emmanuel, c'est-d-dire Dieu avec nous \ Il faut soigneusement remarquer que l'évangéliste renferme toute la prophétie dans ces paroles. On pourrait traduire, et peut-être mieux : la vierge, non pas une vierge indéfiniment^, mais celle que Dieu avait en vue et qu'il voulait montrer en esprit à son prophète.
Quoi qu'il en soit, la version de l'évangéliste ne peut être suspecte aux Juifs, puisqu'il n'a fait que suivre celle des Septante, publiée plusieurs siècles avant Jésus-Christ, etpar conséquent dans un temps où il ne s'agissait d'autre chose que d'expliquer la vérité de l'Ecrilure, selon que les esprits en étaient naturellement frappés. On sait que cette version était celle qu'on lisait dans toutes les synagogues d'Asie, de Grèce et d'autres lieux infinis, où l'hébreu et le syrien n'étaient pas connus, et où néanmoins les synagogues ^ mômes de Jérusalem et de Syrie fréquentaient tous les jours ; de sorte qu'elle était approuvée et reçue de tout le peuple de Dieu. On lit encore ici le même mot de vierge dans les anciennes paraphrases des Juifs, qu'ils appelaient Targum^,