Ps. Lxviii, aa
iZ. Zacli., XI, lÀ, i3; IX, 9; Joitn., xii, i4, i5-
1^. Mich., V, 2.
nov. 1708] DE BOSSUET. l35
agit ordinairement dans les prophètes, et il leur fait mêler dans leurs discours Jésus-Christ si détaché de toute autre chose, qu'on voit bien qu'il n'y a point d'autre cause qui ait fait parler de lui si clairement en ces endroits, si ce n'est l'instinct'^ du Saint-Esprit, qui souffle où il veut ** et qui sait bien s'affranchir de toutes les règles des discours vulgaires.
S'il faut néanmoins marquer dans la prédiction d'Isaïe l'occasion qui le fait parler du fils de la vierge, il ne sera pas malaisé de la trouver. Il s'agissait de Jérusalem délivrée des mains de Rasin, roi de Syrie, et de Phacée, fils de Romélie, roi d'Israël. Ce qu'il y eut de particulier dans cette délivrance, c'est que les enfants d'Isaïe furent donnés à tout le peuple comme un prodige qui leur pronostiquait ce favorable événement, ainsi qu'il le marque lui-même en termes exprès dans le chap. vin, f. 18 de sa prophétie : Me voilà avec mes enfants que le Seigneur m'a donnés pour être un signe et un présage de V avenir à Israël : In signum et portentum. C'est par la même raison qu'il est ordonné au chap. vu, f. 3, au môme prophète, d'aller à la rencontre d'Achaz avec son fils Jasub, qui lui restait (comme un gage des événements favorables dont il avait été le pronostic), pour lui annoncer avec lui la prompte défaite de ses ennemis. Il est aussi commandé au saint prophète de donner au fils de la prophétesse qu'il épousa dans les formes, un nom qui serait le présage de ce succès avantageux'^.
i5. Instinct, impulsion. Gicéron a dit : instinctu divino.