‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française (volume 2)Chapitre 57 sur 211 · II Petr., I · texte numérisé non relu

II Petr., I

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éclairés dans l'intérieur par le Saint-Esprit, et au dehors par l'autorité de l'Eglise. Je pourrais encore me jeter dans une plus haute contemplation sur le tissu des Ecritures, que Dieu a voulu composer exprès d'obscurité et de lumière, afin, comme dit saint Augustin'*, de rassasier notre intelligence par la lumière manifeste, et de mettre notre foi à l'épreuve par les endroits obscurs. En un mot, il a voulu qu'on ait pu faire à l'Eglise de mauvais procès ; mais il a voulu aussi que les humbles enfants de l'Eglise y pussent assez aisément trouver des principes pour les décider ; et s'il reste, comme il en reste beaucoup, des endroits impénétrables, ou à quelques-uns de nous, ou à nous tous dans cette vie, le même saint Augustin'^ nous console en nous disant que, soit dans les lieux obscurs, soit dans les lieux clairs, l'Ecriture contient toujours les mêmes vérités qu'on est bien aise d'avoir à chercher pour les mieux goûter quand on les trouve, et gîj l'on ne trouve rien, on demeure aussi content de son ignorance que de son savoir, puisque, après tout, il est aussi beau de vouloir bien ignorer ce que Dieu nous cache que d'entendre et de contempler ce qu'il nous découvre. Marchons donc dans les Ecritures en toute humilité et tremblement, et, pour ne chopper jamais, ne soyons pas plus sages ni plus savants qu'il ne faut ; mais tenons-nous chacun renfermés dans les bornes qui nous sont données.

3[^. Episl. ad Voltisianum, cxxxvii, i8 (P. L., t. XXXIII, col. 5a4, et t. XXXVlll.col. /|5o].

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