P. L., t. XXXVIII, col. a64J
nov. 1708] DE BOSSUET. l43
Je prie Dieu qu'il vous conserve la santé, et vous donne tout le repos que peut souhaiter un homme de bien.
J. Bénigne, é. de Meaux.
A Paris, le 8 de novembre 1708.
22^0. — Valingour a Bossuet.
Monseigneur, Quoique l'embarras où je me trouve ici, et surtout depuis quelques jours, ne soit guère propre pour méditer sur des
Lettre 2240. — L. s. Grand séminaire de Meaux. Belle copie, de la main d'un secrétaire. — Il ne semble pas que, lorsque Valincour écrivit cette lettre, il eût vu celle que Bossuet lui avait adressée le 8 novembre. — D'une famille originaire de Saint-Quentin, Jean-Baptiste Henri du Trousset de Valincour naquit à Paris et fut baptisé à Saint- Louis-en-l'Ile le 18 mars i653. Il était fils de Henri du Trousset, receveur général des décimes en Berry, et par Marie du Pré, sa mère, il était parent de l'académicien du Pré de Saint-Maur. Ses rares qualités, l'étendue et la variété de ses connaissances, comme le charme de sa conversation, lui valurent d'illustres amitiés à la Cour et dans le monde des lettres. Boileau lui a dédié sa onzième satire, sur l'Honneur. Sur la recommandation de Bossuet ou de Racine, il fut, en i683, donné pour sous-précepteur au comte de Toulouse, et lorsque ce fils de Mme de Montespan fut nommé amiral de France, Valincour cumula la charge de secrétaire général de la marine avec celle de secrétaire des commandements du comte (1688), et, dans la suite, il y ajouta celle de secrétaire des gouvernements de Guyenne et de Bretagne. Valincour demeura à Paris rue Richelieu, puis rue des Bons-Enfants ; de plus, il posséda à Saint-Cloud, cul-de-sac du puits Louvart, une maison qui brûla au mois de janvier 1726, et dans l'incendie de laquelle furent détruits, avec sa riche bibliothèque, les papiers relatifs h l'histoire du règne de Louis XIV, qui lui avaient été laissés par Boileau. Valincour obtint à l'Académie française le fauteuil de Racine, son ami, et fut associé à Boileau comme historiographe du Roi. Il fit partie de l'Académie des Inscriptions jusqu'en 1719, qu'il donna sa démission,
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choses aussi sérieuses et aussi importantes que celles que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, cela ne m'a pas empêché de sentir toute la reconnaissance que je dois à la bonté avec laquelle vous avez bien voulu prendre la peine d'éclaircir la difficulté que j'avais eu l'honneur de vous proposer. J'ai eu même beaucoup de joie d'apprendre par votre lettre que c'était une chose fort en usage dans la primitive Église que de voir les laïques et les femmes même consulter les évêques et les docteurs sur les difficultés qui se trouvent dans l'Ecriture*. C'est, en effet, un secours qui leur est absolument nécessaire ;
et en 1721, il fut attaché h celle des Sciences en qualité de membre honoraire. Ses sympathies jans^-nistes étaient connues, et il adhéra aux appels interjetés de la bulle Lnigenilus par le cardinal de Noailles et la Faculté de théologie. Il mourut sans alliance <» Paris, le 5 janvier 1780. Il avait laissé deux volumes manuscrits d' Œuvres posthumes. dont parle Adry, et une traduction du Crilon conservée aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale (fr. gogg). On trouve des lettres de lui d;ins les portefeuilles du président Bouhier (fr. 2443o) ; dans une autre, adressée au cardinal de Rolian (fr. 177^8, P" 187), il se défend contre l'accusation de jansénisme; d'autres ont été imprimées dans la Revue de l'histoire littéraire^ t. X, XI et XII. Il a publié des Lettres à la marquise de... sur la Princesse de Cleves, Paris, 1678, in-i3,etune Histoire de François de Lorraine, duc de Guise, Paris, 1 68 1 , in- 1 3 ; c'est lui aussi qui rédigea la préface du Dictionnaire de l'Académie, édition de 17 18 (Voir les lettres de Boileau et de Racine ; les Satires de Boileau commentées par lui-même, éd. Fréd. Lachèvre, 1906, in-^, p. 137; Fonlenelle, Éloge de Valincour; Saint-Simon, éd. de Boislisle, t. III, p. 891 ; édit. Chéruel, t. XV et XIX ; Histoire du livre des Réflexions morales, Amsterdam, 1728, in-4, p. 871 et suiv. ; Journal de Dorsaune; Daguesseau, QEuurcs, édit. Pardessus, t. XIV, p. 1^7 et suiv. ; Niceron, Mémoires, t. XXIV; Mme de Staal-Delaunay, Mémoires; Pellisson et d'Olivet, Histoire de l'Académie, éd. Livet, t. II ; l'édition de la Princesse de Cleves, par Adry, Paris, 1807, 2 vol. in-13 ; Sainte-Beuve, Lundis; Portraits littéraires; Portraits de femmes; Oscar de Vallée, le Duc d'Orléans et le Chancelier d'Aguesseau, Paris, i8f)0, in-8, p. 256 et suiv., ^22 et ^463; Jal, Dictionnaire ; Emm. de Broglie, les Portefeuilles du président Bouhier, Paris, 1896, in-8; la Société de Sainl^Germain-des-Prés au XVHI" siècle, Paris, 1891, in-8 ; Em. Faguet, Un critiqui' iiomme du monde au AT//" sihcle, dans la Revue des Deux Mondes, |5 mai 1909).