‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française (volume 2)Chapitre 68 sur 211 · C'est le Catéeliisme de Montpellier · texte numérisé non relu

C'est le Catéeliisme de Montpellier

6» — Ce m(''moire, dit Lediini (t. Il, p. 333) est le dernier qui ait i-\é' présenté au Roi dans celle aiïaire. — Il a été imprimé pour la première fois par M. de Caylus, évé<jue d'Auxerre, dans sa Lettre à M. l Archevêque de Paris, président île l'Assemblée générale du clergé de France, Paris, i73o, in-/|.

I. Dans le Recueil des anciennes lois françaises, disaniborl, 1. X\, p. SgS et 396.

On dit que les évêques étant soumis à la police du royaume, ils doivent pareillement être soumis à cette loi générale. Mais il est sans doute qu'elle souffre beaucoup d'exceptions. 11 faut d'abord excepter les catéchismes publiés par l'autorité des évêques, pour ne pas tomber dans l'inconvénient de faire dépendre de leurs inférieurs la doctrine qu'ils proposent aulhentiquement à leurs peuples, et de la soumettre à l'examen de M. le Chancelier.

Pour la même raison, il faut excepter de la même règle les mandements, ordonnances, censures, statuts synodaux et autres actes juridiques, qui n'ont jamais été sujets à l'examen, et ne le peuvent être sans soumettre la doctrine de la foi et toute la discipline ecclésiastique à la puissance séculière.

Il faut, à plus forte raison, excepter de cette règle les bréviaires, missels, processionnels, rituels et autres livres contenant les prières publiques de l'Eglise et les formules d'administrer les sacrements. Autrement tout le service de l'Eglise sera à la puissance d'un prêtre commis par M. le Chancelier, et la religion ne sera plus qu'une politique.

Cette exception doit s'étendre à tous les livres de doctrine qui seront publiés par les évêques, parce qu'ils sont toujours censés écrire pour l'instruction de leur troupeau, et qu'il y aurait un inconvénient manifeste de les soumettre à leurs inférieurs de droit divin, et quelque chose de scandaleux et de mal édifiant de leur faire cette injure à la face de tout le royaume et de toute la chrétienté.

Aussi est-il vrai que cette règle ne fut jamais faite pour eux, ni exécutée à leur égard.

L'évêque de Meaux a fait imprimer deux livres ^ depuis le règlement, en 1701 et 1702, sans qu'on ait seulement songe à le soumettre à aucun examen, bien loin de mettre à la tête de ses livres le jugement et l'approbation d'un docteur.

J'en dis autant d'un catéchisme de M. de Montpellier, imprimé le 6 de juillet 1702, il y a à peine trois ou quatre mois.

Page 1