Les Instructions sur les promesses de l'Eglise
Le Bréviaire de Sens vient d'être imprimé, le premier d'août de la présente année 1702, sans aucune de ces formalités.
On ne laisse pas d'obtenir des privilèges pour ces impressions; mais ces privilèges se donnent sans examen, et on les demande pour trois raisons : premièrement, afin que les actes des évêques demeurent toujours éclairés par la puissance publique ; secondement, pour faire foi qu'il n'y a aucune falsification, et que les ouvrages sont véritablement des évêques ; troisièmement, pour empêcher qu'ils ne soient contrefaits et en danger d'être altérés : ce qui regarde aussi la sûreté des libraires et la commodité du débit.
On dit, et c'est ici la grande objection, que les évêques ont déjà trop de pouvoir, et qu'il est bon de les tenir dans la dépendance. Mais premièrement, si leur pouvoir est grand pour les affaires du ciel, ils n'en ont aucun pour les affaires de la terre qui ne soit emprunté des rois et entièrement soumis à leur puissance.
En second lieu, le pouvoir qu'ils ont d'enseigner la foi et de faire les autres fonctions de leur ministère, leur étant donné de Jésus-Christ, on ne peut le leur ôtcr, ni le diminuer sans leur faire injure et sans mettre en sujétion la doctrine de la foi.
La dispense qu'on leur offre ^ serait une acceptation de la loi et un assujettissement de la religion et de l'Lglise.
Pour ces raisons, il plaira à Sa Majesté :
Premièrement, de vouloir bien faire lever les défenses de M. le Chancelier, d'imprimer et débiter l'ordonnance de l'évêque de Meaux, du 29 de septembre, attendu que cette ordonnance est conforme à celle du premier de septembre de M. le cardinal de Noailles, qui est conforme elle-même à celles de ses prédécesseurs, et entre autres à celle de M. de Péréfixe, du 18 de novembre 1667, sans qu'il y ait autre chose de change que les noms et les titres des livres.
Secondement, il plaira à Sa dite Majesté de faire parcille-