‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française (volume 2)Chapitre 71 sur 211 · Sur Quillot, revoir plus haut, p · texte numérisé non relu

Sur Quillot, revoir plus haut, p

4. Pajny-le-Château, ou Pajjny-sur-Saône, ii deux lieues de Seurre.

LE QUIÉTISME EN BOURGOGNE. i8i

M* Pierre Régnier le jeune'', prêtre du diocèse de Besançon, familier en l'église de Saint-Martin de Seurre, accusé et détenu prisonnier.

M'' Maurice Rouxel, du diocèse de Besançon, chapelain de l'église de Saint-Pierre de ladite ville de Besançon, accusé et contumace*.

5. Pierre Régnier, suivant VHisloire du Quillotisme, p. 5o, était neveu de Robert, curé de Seurre.

6. Maurice Rouxel se trouvait alors à Paris. Il écrivit, pendant ce séjour, pour le cardinal de Noailles deux longs mémoires qui sont conservés à Saint-Sulpice, et dans lesquels il raconte sa vie et s'efforce de se disculper en chargeant le curé de Seurre, le P. La Combe et surtout Mme Guyon. Ce qu'il dit de celle-ci comme le sachant de lui-même semble bien n'être que l'écho des bruits fâcheux qui couraient alors sur le compte de la célèbre mystique. Quoi qu'il en soit, on jugera de la confiance qu'il mérite quand on saura qu'à l'en croire, Mme Guyon, en 1688 ou 1689, étant à Seurre, lui avait avoué s'être jouée de M. l'évêque de Meaux et avoir si bien su contrefaire la vraie dévotion, qu'elle avait recouvré la liberté lors de sa première captivité, tandis qu'elle ne fut en rapports avec Bossuet que plus tard. D'ailleurs, il ne paraît pas qu'il ait été fait cas des dires de Rouxel, puisque l'assemblée du clergé, qui se tenait alors, justifia Mme Guyon sur le chapitre des mœurs. Toutefois, au moment où il se préparait à retourner dans son pays, Rouxel fut retenu à Paris par l'autorité, qui ordonna de le confronter avec Mme Guyon et avec la nommée Famille, sa servante; mais nous ignorons ce qu'il en advint (Cf. aux Archives Nationales, 0'44, f°^ 5ii, 609, 611, 612, 628 et 63 1, octobre-décembre 1700, ou à la Bibliothèque Nationale, Clairambault 692, f"* 63, 281, 288, 385, 323, 32/1, 332). — Né en Franche-Comté, Maurice Rouxel était entré, à peine âgé de seize ans, chez les carmes déchaussés, d'où il était sorti, au bout de seize mois, pour raison de santé. Ordonné prêtre, il fut nommé aumônier de la citadelle de Besançon deux mois après la prise de cette ville par les Français, et il en fit les fonctions pendant sept ans. Il eut ensuite, selon l'Histoire du Quillotisme (p. 43), une prébende à Saint-Jean de Dijon et la conserva trois ans. Au cours d'un voyage à Evian, il fut mis en rapport avec le P. La Combe et Mme Guyon, et il s'établit entre eux une intimité telle que, Mme Guyon ayant quitté la Savoie, Rouxel alla lui faire visite à Grenoble, en Piémont, et plus tard à Dijon et à Seurre. Ensuite Rouxel se brouilla avec eux comme avec le curé de Seurre. Néanmoins il fut impliqué dans les poursuites exercées contre les quiétistes en Bourgogne ; mais il s'était mis en route pour Rome, si bien qu'il ne fut pas touché

l82 APPENDICE II.

M* Etienne Carme du Cliailloux^, prêtre du diocèse de Langres, curé de l'église de Saint-Philibert de Dijon, accusé, d'autre part.

Vu par nous, Etienne Fijan de Grand-Maison*, prêtre, docteur de Sorbonne, conseiller du Roi au parlement de Dijon, ayant les lettres de vicariat du seigneur évêque duc de Langres, pair de France, signées de M"' Fyot ', abbé de Saint- Étienne de Dijon ; celles du seigneur archevêque de Besançon'", prince du Saint-Empire, et celles du seigneur évêque et comte de Chalon-sur-Saône; l'information faite contre les complices et adhérents de M* Philibert Robert, prêtre ci-devant curé de Seurre, etc. Le tout considéré, eu avis des gradués soussignés, et le saint nom de Dieu préalablement invoqué, Nous avons déclaré et déclarons ledit Peultier dûment atteint et convaincu d'avoir conseillé à ses pénitentes de faire l'oraison suivant la pratique des quiétistes, d'avoir distribué des livres suspects du quiétisme, d'avoir parlé avec éloge de Molinos et de sa doctrine après sa condamnation, et d'avoir manqué de soumission en parlant du jugement rendu à Rome contre Molinos, d'avoir eu des communications fréquentes et secrètes avec les femmes et filles qu'il dirigeait, et d'avoir tenu à quelqu'unes desdiles filles, dans le confessionnal et ailleurs, des discours déshonnêtes tendant à séduction ; pour réparation de quoi, Nous l'avons condamné et condamnons à se

par la citation à comparaître lancine contre lui le 7 septembre 1699. Ayant appris au mois de déoeml)re suivant les mesures dont il était l'objet, il voulut rentrer en Fiance pour se pri^senler devant ses ju{jes ; il en fut, dit-il, détourné par le cardinal de Bouillon, qui lui promit sa protection, mais cette Eminence, étant tombée peu après dans la dis- {jrâce du Roi, ne put lui être d'aucun secours. Rouxel impute ses mallienrs h un nommé Briandet, qui lui avait pris par dévolu son canonicat de Saulien et qui était parent ou allié du procureur (fénéral au Parlement de Bourgogne.

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