Chenove, village du canton de Dijon
Saint-Philibert de celte ville de Dijon, tous accusés, savoir lesdits Peultier, Uollet et Quillot d'avoir pratiqué, conseillé et fait pratiquer à leurs pénitentes des maximes contraires à la foi et à la pureté de la religion, d'avoir séduit et corrompu quelques-unes de leurs pénitentes et d'avoir été complices et sectateurs de Philibert Robert, ci-devant curé de ladite ville de Seurre, convaincu des erreurs du quiétisme et condamné à mort par arrêt du 1 3 août 1698; ledit Régnier accusé d'avoir pareillement pratiqué, conseillé et employé des maximes contraires à la foi et à la pureté de la religion, d'avoir été complice et sectateur dudit Robert, d'avoir tenu des discours impies et scandaleux, et d'avoir séduit et corrompu des filles ; ledit Roussel accusé de pareilles maximes et de vie scandaleuse ; ladite Prudence d'avoir favorisé les commerces illicites desdits Robert, Peultier et Quillot, pratiqué et conseillé leurs mauvaises maximes, tenu des discours impies et scandaleux, fait et distribué des écrits pour les insinuer, et lesd. Maléchard, Guillaume et Martin accusées de commerce criminel et incestueux et autres mauvaises pratiques avec ledit Robert ; lesdites Jacquin et Luquet d'avoir remis entre les mains de deux hommes inconnus un enfant que ladite Jacquin avait pris dans la maison dudit Robert, et ledit Carme du Chailloux d'avoir eu des relations étroites avec ledit Robert pour la conduite des âmes, d'avoir proposé à quelques-unes de ses pénitentes des maximes dangereuses et contraires à la pureté de la religion, et d'avoir eu avec elles des familiarités indécentes, ce qui blessait la sainteté de son caractère, etc.
La Cour a déclaré la contumace bien acquise contre ledit Claude Rollet, curé de Pagny,et la nommée Prudence, et en adjugeant le profit, a déclaré et déclare ledit Rollet dûment atteint et convaincu d'avoir sollicité plusieurs de ses paroissiennes, et d'avoir séduit et corrompu aucunes d'icelles, et pour réparation l'a condamné et condamne à être par l'exécuteur de la haute justice conduit la corde au col et nu en chemise devant Tirnage du Dieu de pitié* de [la] place Saint- Jean-Baptiste de cette
6. Dieu ou Christ de pitié, peinture ou sculpture représentant Jésus,
l88 APPENDICE II.
ville de Dijon'', et y étant à genoux et tenant en main une torche ardente de deux livres, faire amende honorable et crier merci à Dieu, au Roi et à Justice, conduit de là au Champt du Morimont*, et y être par l'exécuteur de la haute justice pendu et étranglé, le condamne en outre en cinquante livres d amende envers le Roi et deux cents livres d'aumône à la fabrique de l'église de Pagny, le surplus de ses biens acquis et confisqués à qui il appartiendra, et, pour son absence, l'exécution sera faite en figure.
A l'égard de ladite Prudence, pour les cas résultant des procédures, l'a bannie et bannit de ce royaume à perpétuité, lui défend de s'y retrouver, à peine d'être pendue et étranglée sans autre forme ni figure de procès, et la condamne en cinquante livres d'amende envers le Roi, le surplus de ses biens acquis et confisqués à qui il appartiendra.
Pour les charges résultant des procédures, a banni et bannit dudit royaume ledit Peultier pendant neuf ans, et lui défend de s'y retrouver durant ledit temps, à peine de la hart.
En ce qui concerne lesdits Quillot, Régnier et Roussel, les a mis et met hors de cour sur le cas privilégié ^.
après la flagellation, couronné d'épines, assis dans l'attente du crucifiement, ou plongé jusqu'à mi-corps dans le tombeau, ou encore debout et adosst^ à la croix (Voir Em. Mâle, VArt religieux de la fm du moyen âge en France, Paris, 1908, in-/4, p. 91 et suiv.).
7. En iiourgog-ne, le Dieu de pitié était assis. Celui de la place Saint-Jean a été brisé dans la nuit du 38 au 39 décembre 179^- Il s'élevait au cbevet de l'éjjlise Sain(-Jean, mais non pas exactement à l'endroit où se dresse aujourd'hui le monumeni de Bossuet, car le chœur de l'éjjlise a été démoli (1807-1809) pour élargir la rue du même nom, et il se prolongeail au delà de cette rue, car la crypte de l'église se voit encore sous l'hôtel 'Ihiébaull (Communication de M. le chanoine Thomas, curé de Notre-Dame de Dijon; Denizol, Hagiographie diocésaine, ms. de la Bibliothèque de Dijon; colleclion Baudot, église Saint-Jean, ibid. p. I3i,).